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school Formation — Janvier 2016

- Sandra Poyet -
« La formation VTC, un nouveau marché »

Directrice pédagogique de l’auto-école EFP Limay (Yvelines), Sandra Poyet est convaincue que la formation VTC (Voitures de transport avec chauffeur) est un marché porteur pour les auto-écoles.


La Tribune des Auto-Écoles : Pourquoi s’être lancé dans la formation VTC ?
Sandra Poyet : Les écoles de conduite traversent actuellement une période difficile. Pouvoir ajouter une nouvelle corde à leur arc n’est donc pas à négliger. Avec notre diplôme d’enseignant de la conduite (Bepecaser), nous pouvons enseigner la sécurité routière à un autre public : les chauffeurs VTC (créés en 2009 sous le nom « Voitures de tourisme avec chauffeur »,
ndlr). Une appellation qui regroupe plusieurs types de chauffeurs (chauffeur privé, de grande remise, de limousine…). Les VTC doivent suivre une formation initiale de 250 h et une formation continue de 7 h tous les 5 ans. À compter du 1er janvier 2016, le passage d’un examen sera nécessaire pour l’obtention de la carte professionnelle VTC.Nous sommes la première auto-école de France à avoir obtenu l’agrément formation VTC, mi-2014, dispensée à Limay (Yvelines) dans notre centre de formation « VTC de nos Régions ». Dans le cadre de cette formation VTC, j’ai conçu un référentiel de formation et un cahier d’exercices et d’évaluation. Cela fait maintenant 1 an que je le mets en pratique, avec quelque 57 personnes formées.

La Tribune des Auto-Écoles : En quoi les écoles de conduite sont-elles aptes à dispenser la formation VTC ?
S. P. : Qui mieux qu’un titulaire du Bepecaser peut enseigner des notions comme l’accidentologie, les accidents liés aux limites physiologiques de l’homme, le maniement d’un véhicule en toute sécurité afin de transporter des personnes en adaptant la conduite à leur confort ? D’autant que la réglementation actuelle n’impose que des intitulés de modules de formation à traiter, et laisse le soin aux formateurs d’en élaborer le contenu. De plus, le manque d’encadrement réglementaire et de discernement entraîne des attributions d’agréments formation VTC quasi-systématiques (centre de formations poly-formations, anciens VTC…). On peut se demander comment ces professionnels traitent la sécurité routière. Enfin, l’obtention de l’agrément implique d’utiliser des voitures à doubles commandes. Ces véhicules ne sont-ils pas réservés aux loueurs de véhicules et aux enseignants de la conduite ?

La Tribune des Auto-Écoles : Que comprend la formation VTC ?
S. P. : Elle intègre notamment des modules de culture générale, histoire et géographie, de droit du transport et du travail, de relations avec la clientèle, de langues étrangères, de Code de la route, de secourisme, d’assurance, etc. Pour assurer la formation, nous faisons également appel à des intervenants comme un commandant de police, un formateur éco-conduite, une guide touristique, un pompier, etc. La formation pratique s’effectue sur nos véhicules auto-écoles classiques mais également sur un modèle plus imposant (Ford Kuga), correspondant davantage à l’esprit du VTC.

La Tribune des Auto-Écoles : Est-ce une activité rentable ?
S. P. : Tout à fait. À titre indicatif, la formation de 250 h sur 7 semaines coûte chez nous
3 200 euros. De plus, j’ai décidé de franchiser mon concept de formation VTC. Je compte déjà deux franchisés, en Seine-et-Marne et dans le Val-de-Marne, et envisage d’en intégrer davantage. Une fois la formation effectuée, je soutiens mes VTC auprès d’entreprises que j’ai démarchées, en mettant en avant leur besoin d’utiliser des VTC pour transporter leurs cadres ou clients. Cela leur évite plusieurs inconvénients liés à un parc automobile ou à la location de véhicule, comme la mise en place d’un Document Unique en matière de gestion des risques, l’existence de nombreux frais (taxes, carburant, assurance…) ou encore la gestion de la prise de risque au volant (téléphone, excès de vitesse…).
Propos recueillis par Christophe Susung


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