La secrétaire d’une auto-école en liquidation judiciaire a décidé de prendre la relève en créant un nouvel établissement de formation à la conduite.
Lorsque l’auto-école où elle travaillait depuis 22 ans en tant que secrétaire a fermé, Malika Kessassi n’a pas envisagé une seule seconde de se reconvertir dans un autre secteur que celui de la formation à la conduite. Rappel des faits. En janvier 2015, l’auto-école ETC (4 établissements, à Lille, Roubaix, Villeneuve d’Ascq et Wasquehal) est mise en liquidation judiciaire. L’entreprise a accumulé les dettes et le gérant s’est volatilisé. En l’absence de garantie financière, quelque 200 à 300 élèves inscrits n’ont pu récupérer leur argent, même si la plupart d’entre eux ont pu reprendre leur dossier.
Repartir sur de nouvelles bases
Licenciée économique, la secrétaire de l’établissement de Villeneuve d’Ascq refuse pourtant de baisser les bras et d’abandonner le secteur de l’auto-école, qui l’a toujours passionnée. Retroussant ses manches, elle décide de repartir à zéro en créant une nouvelle école de conduite, « l’auto-école du Centre », dans les locaux même de l’établissement fermé. « J’ai souhaité adopter un nouveau nom pour cette auto-école, afin de partir sur de nouvelles bases », confie Malika Kessassi. Après avoir eu la confirmation que le bailleur lui louait les locaux, elle a passé sa capacité de gestion, afin d’obtenir l’agrément indispensable pour pouvoir exploiter son école de conduite. Malika a pu bénéficier du Contrat de sécurisation professionnelle (CSP), un dispositif qui permet au salarié licencié économique de bénéficier d’un accompagnement personnalisé qui vise la reprise d’un emploi durable. « J’ai insisté auprès de Pôle Emploi pour que ma formation soit rapidement prise en charge, car le « timing » était serré ». En effet, la session de capacité de gestion avait lieu en mai, tandis que la commission d’agrément devait statuer en septembre. À la mi-octobre, l’auto-école du Centre a pu ouvrir ses portes, après avoir embauché un moniteur.
Quant aux élèves floués par l’ancien gérant, Malika estime que si elle ne peut pas « réparer les erreurs du passé », elle essaye au moins d’aider ses élèves actuels autant qu’elle le peut, « en leur épargnant quelques frais ici et là ». De plus, la gérante compte faire conventionner son auto-école au Permis à 1 euro par jour, ce qui entraînera une obligation de garantie financière. Mieux vaut prévenir que guérir !
C. S.