N’ayant pas obtenu d’engagement écrit du gouvernement garantissant la non-privatisation du service des examens, le Snica-FO a appelé les inspecteurs à manifester le 28 février.Le 21 février, le Snica-FO a annoncé une grève nationale des inspecteurs pour le 28 février. Mot d’ordre : éviter à tout prix la privatisation du service du permis. Si, alors, la menace ne s’était pas vraiment précisée, le Snica-FO a estimé ne pas avoir obtenu de garantie auprès du gouvernement. « Nous avons vu le ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, le 20 février. Il nous a dit qu’il voulait maintenir le service public, mais il ne veut pas nous donner d’engagement par écrit », a indiqué, le 22 février, Christian Grolier, secrétaire général du Snica-FO. Pour lui, cela révèle que « quelque part, il n’est pas si certain qu’il ne va pas tout de même y avoir de privatisation ».
AGIR AVANT LES ÉLECTIONS MUNICIPALESDeux événements récents ont ravivé l’inquiétude du syndicat. Ainsi, le 9 novembre 2007, lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2008, un député a proposé de privatiser l'examen du permis de conduire et d'instaurer un droit d'examen de 50 € par passage. Et le 12 décembre 2007, le Conseil de Modernisation des Politiques Publiques a décidé de confier l'organisation des examens du permis de conduire à un « Opérateur spécifique ».
Quant à l’audit confié à Dominique Lebrun, du Conseil général des Ponts et Chaussées, « pour nous, c’est un prétexte. Cela ne sert à rien d’attendre son rapport le 31 mars. Nous pensons que la décision est politique. C’est pourquoi nous voulons un engagement avant les élections municipales », a affirmé Christian Grolier.
ATTENDRE LES DÉCISIONS POLITIQUES AVANT DE SE MOBILISERLa position du Snica-FO n’a pas forcément rencontré l’appui des autres syndicats d’inspecteurs et délégués. Le Collectif national IPCSR/DPCSR de la CGT-PTAS a ainsi décidé de ne pas appeler à faire grève le 28 février. « Il y a déjà une grève intersyndicale sur l’avenir des services dans le cadre du Medad (ndlr : ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables) qui est prévue pour le 6 mars. Nous nous inscrivons complètement dans cette démarche. Et par-dessus cela, le Snica-FO décide d’ajouter unilatéralement et sans concertation une autre mobilisation… Nous ne sommes pas d’accord avec la méthode. De plus, l’on n’a toujours pas les conclusions de l’audit de Dominique Lebrun. Si les menaces deviennent sérieuses, nous n’excluons pas une mobilisation après le rendu de cet audit fin mars », déclarait en février Bruno Ignace Barbé, chargé des relations extérieures du collectif.
Quant à l’Unsa Éducation routière Medad, syndicat nouvellement créé avec des anciens de la CFDT Inspecteurs, elle attendait une rencontre le 27 février avec la déléguée interministérielle à la sécurité routière, pour prendre position. « Notre décision [de nous joindre ou non à la grève] dépendra des discussions avec Cécile Petit, affirmait ainsi Olivier Debliquis, responsable du syndicat, à l’heure où nous imprimions le magazine. Nous ne voyons pas l’intérêt de faire grève tant qu’il n’y a pas de décision politique claire. Cependant, s’il y a un risque pour notre statut, nous nous mobiliserons ».
Bérengère Huvey