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school Pédagogie — Octobre 2015

- Tinchebray-Bocage -
Voiturette à 14 ans : fausse bonne idée ?

Prendre le volant d’une voiturette à 14 ans grâce au seul permis AM est-il raisonnable ? Si les parents et leurs adolescents approuvent, les moniteurs d’auto-école sont beaucoup plus sceptiques.


Le débat autour de la possibilité de conduire un quadricycle léger à moteur dès 14 ans pour les titulaires du permis AM continue de diviser conducteurs et enseignants de la conduite. La question ressurgit cette fois à Tinchebray-Bocage (Orne), modeste ville de 2 800 âmes et première commune rurale de France à s’être équipée, en 2014, d’un système d’auto-partage de voitures électriques. Une décision prise dans la continuité de celle d’électrifier la majorité des véhicules municipaux ayant permis d’obtenir en 2013 le prix de la ville française de moins de 10 000 habitants la plus électro-mobile décerné par Avere-France, l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique.

Une formation insuffisante
Après l’acquisition de 2 Renault Zoé – dont la conduite nécessite le permis B – pour lancer le dispositif d’auto-partage, la Mairie a commandé une Renault Twizy afin d’étendre son offre aux jeunes Tinchebrayens. Nécessitant uniquement le permis AM, cette voiturette relance le débat sur le bien-fondé de la réglementation actuelle. Pour rappel, l’obtention du permis AM option « cyclomoteur » vaut obtention de l’option « quadricycle léger à moteur » alors que la réciproque n’est pas acceptée.
Bertrand, enseignant à l’auto-école de la gare de Vire, à 15 km de Tinchebray s’inquiète car « dans la majorité des cas, le permis AM se passe sur un deux-roues. Très peu d’établissements en France dispensent cette formation sur un quadricycle ! De plus, si l’âge de l’AAC a été abaissé à 15 ans, c’est pour que les jeunes puissent apprendre à conduire plus tôt en étant sous la surveillance de leurs parents et en possédant une base de Code qui me semble essentielle pour prendre le volant ».

Une sécurité mise en doute
De son côté Jérôme Nury, maire de Tinchebray-Bocage, estime que « c’est au législateur de traiter cette question. Si ce dernier considère avantageux et sûr le fait de réduire l’âge de la conduite, je ne vais pas aller contre sa décision ». L’élu précise également « qu’en tant que parent, je préfère savoir mon enfant à l’abri et dans les conditions plus stables qu’offrent une voiturette par rapport à un scooter ». Un argument réfuté par le moniteur virois, lequel considère que « le danger est identique pour les 2 véhicules, d’autant que les voiturettes ne sont pas toujours de grande qualité ».
B. V.


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