← Retour à la liste
flag Mouvements sociaux — Mars 2008

-Sarthe-
Permis moins cher : l’annonce de Bussereau fâche



Les auto-écoles sarthoises ont manifesté le 7 février au Mans, pour protester contre les déclarations du secrétaire d’État aux Transports et contre le non-remplacement de leur délégué qui cause un manque de places d’examen.


Rendre le permis de conduire « moins compliqué, moins long à obtenir et moins cher »… l’annonce faite en janvier par Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports, a suscité le mécontentement d’enseignants de la conduite. Dans la Sarthe, elle a même poussé les auto-écoles – déjà remontées par un problème local de manque d’inspecteurs – à manifester au Mans, le 7 février.
À l’appel du CNPA, 58 des 68 exploitants du département ont défilé avec leurs véhicules de la place de Pontlieue à la préfecture, en passant par la direction départementale de l’équipement (DDE). « 7 exploitants n’ont pas pu venir car ils travaillent seuls et avaient des examens de prévus, mais la quasi-majorité des exploitants étaient présents ou sympathisants », indique Richard Zimmer, président départemental et de la région Pays de la Loire du CNPA Formation du conducteur (FDC).

UNE ANNONCE JUGÉE DÉMAGOGIQUE
Deux raisons ont donc poussé les auto-écoles du département à manifester. Au niveau national, « la déclaration de Dominique Bussereau nous paraît démagogique. Réduire les délais ? Il n’y a pas 36 solutions : il faut plus d’inspecteurs sur le terrain. Rendre le permis plus facile ? On ne voit pas comment, car on doit se conformer à la directive européenne. Le permis moins cher ? Ce n’est pas avec les marges que les auto-écoles ont qu’elles vont pouvoir réduire leurs tarifs. Les enseignants sont déjà quasiment payés au Smic ! », s’exclame Richard Zimmer, pour qui ce serait plutôt à l’État de faire un effort de ce côté-là. Il cite ainsi plusieurs solutions possibles : abaissement du taux de TVA, détaxe carburant, allégement des charges…
À l’échelon local, les auto-écoles manifestaient parce que, depuis janvier, leur délégué a été muté sans être remplacé. « C’est un inspecteur qui assure l’intérim, donc il y a moins d’examens. Nous sommes tombés à un coefficient de 1,30 alors qu’il nous faudrait 1,70 », déplore Richard Zimmer.

REÇUS À LA PRÉFECTURE
Ces raisons, les professionnels ont pu les exposer au directeur de cabinet du préfet, qui les a reçus le jour même de la manifestation. « On nous a écouté. C’est tout. On nous a laissé comprendre qu’il serait éventuellement possible qu’on ait un nouveau délégué pour le mois de juillet. Pour les annonces du gouvernement, cela ne relève pas de la préfecture », rend compte le président local du CNPA FDC. Les choses pourraient cependant ne pas en rester là pour les auto-écoles, qui ont depuis été échaudées par la décision du CISR sur l’affichage des résultats par établissement. Situation locale, annonces nationales… « Si rien ne change, prévient Richard Zimmer, nous allons sûrement réagir ».

Bérengère Huvey



Dans le même thème

Pénurie de places d’examen : Après la manifestation parisienne, l’intersyndicale ne lâche rien !
Face à une pénurie de places d’examen sans précédent, les organisations syndicales des écoles de conduite (Mobilians-ESR, UNIC et UNIDEC) rejointes en septembre par le SNICA-FO, sont mobilisées depuis l’été pour augmenter l’effectif des inspecteurs et le nombre d’heures de formation minimum en B. Le point sur les avancées et les actions à venir.
Pénurie et hausse du prix des carburants : Les auto-écoles sont à la peine
Après le blocage de plusieurs raffineries, les auto-écoles ont subi en novembre 2022 une nouvelle hausse du prix des carburants qui s’ajoute à la revalorisation des salaires. Cette situation devrait engendrer le gel des investissements et des recrutements.
Épidémie de Covid-19 : La profession fait face à la crise et s’organise pour la reprise
Déjà largement secouées par les multiples réformes et la concurrence des plateformes, les écoles de conduite n’étaient pas prêtes à affronter un arrêt total de leur activité. Pour autant, face à cette situation de crise, la profession se révèle solidaire et inventive, en attendant avec impatience la reprise.