Créée début 2004, la Fédération nationale des enseignants de la conduite a tenu son premier congrès le mois dernier. Compte-rendu des discussions.La FNEC regroupe l’Adeca, l’UNPFA et des associations départementales. Elle organisait son 1er congrès national les 11, 12 et 13 novembre 2005, à Angers (Maine-et-Loire). Outre la présence des stands d’exposants (Axa, Codes Rousseau, ENPC, Filhet-Allard, Planète Permis), plusieurs ateliers traitaient de thèmes d’actualité. Le premier atelier abordait la question de l’attribution des places d’examen et de la communication des résultats, notamment dans la presse. Selon Michel Terekoff, président de la FNEC, « pour l’administration, la bonne auto-école est celle qui consomme le moins possible de places d’examen. Pour la profession, la bonne auto-école est celle qui forme de bons conducteurs. La nouvelle méthode de répartition a peu de partisans parmi les écoles de conduite. On observe des variations importantes du taux de réussite suivant les examinateurs. Dans ce cadre, lorsque des médias comme Auto-Plus pour l’Ile-de-France ou l’UFC-Que Choisir dans les Yvelines communiquent des taux de réussite, certaines auto-écoles peuvent se trouver démunies face à cette « publicité ». Le système d’attribution des places basé sur les résultats et la publication de ces résultats ne font pas bon ménage. »
UN NOUVEAU CEPC EN PRÉPARATIONUn autre atelier était consacré au projet du nouveau modèle de CEPC (Certificat d’examen du permis de conduire), qui doit d’abord être expérimenté pendant six mois dans quatre départements. Adapté au traitement informatique, il se présente sous forme de cases à cocher et se veut plus détaillé, en adéquation avec le passage de l’examen à 35 minutes. Pour Michel Terekoff, « c’est une des conséquences du rapport Bertrand, qui demandait plus de clarté. Le nouveau CEPC permet d’analyser les performances et surtout les contre-performances. Nous y sommes plutôt favorables, des choses positives peuvent en ressortir. Quel que soit le système, nous pensons qu’un commentaire de la part de l’examinateur est nécessaire. De plus, l’ADR (Annonce différée des résultat) met un « mur » entre l’élève et l’examinateur, et complique finalement l’examen sur le plan psychologique. De toute façon, l’épreuve pratique n’est pas facilement évaluable. Il faut essayer d’avoir un langage commun entre les enseignants de la conduite et les examinateurs ».
LE PERMIS À 1 EURO PAR JOUR : OUI, MAIS…Enfin, un troisième atelier était consacré au permis à 1 euro par jour. Michel Terekoff estime que « les établissements véritablement favorables à ce système sont une minorité. Ceux qui souhaitent y venir le font souvent « pour faire comme leur voisin » et éviter une chute des inscriptions. Mais des craintes concernant les incidences fiscales pour les auto-écoles apparaissent. Si les revenus augmentent dans un premier temps, les frais correspondants arrivent plus tard, en décalé. Je ne pense pas que l’administration fiscale mette des recettes en attente, notamment au niveau de la TVA. Une gestion rigoureuse de la part des auto-écoles est donc nécessaire. » D’autre part, « la convention à signer soumet l’auto-école au contrôle de l’administration. Au non de la transparence, il ne faut pas en faire trop non plus et chercher le petit détail sans réelle importance ». La FNEC souhaite « aider tous ses adhérents, qu’ils veuillent ou non s’engager dans le permis à 1 euro par jour, et proposer des tarifs de groupe au niveau de la garantie financière. Le fait d’être conventionné va peut-être entraîner certains avantages et augmenter le nombre de clients potentiels. Cependant nous craignons que l’État dirige la clientèle vers les auto-écoles qui proposent le permis à 1 euro par jour. Mais les autres veulent aussi présenter des garanties ! Il faudrait trouver des moyens d’évaluation plus efficaces, comme par exemple une évaluation de départ à deux, avec un autre professionnel. Mais certains jeunes s’engagent dans le permis à 1 euro même s’ils ont les fonds, car l’État prend en charge les intérêts, alors que les publics en difficulté n’ont pas forcément l’argent et les atouts voulus », conclut Michel Terekoff.
Christophe Susung