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Pédagogie — Janvier 2008
Témoignage - Une auto-école adepte des stages de conduite sur neige
Acquérir le sens de l’anticipation et faire face à des situations d’urgence. C'est l’objectif des stages de conduite sur neige et glace organisés par une auto-école près de grenoble.Voilà maintenant 25 ans que l’auto-école Les Roches Bleues, située à Seyssinet-Pariset (Isère), propose à ses élèves des stages de conduite sur neige et sur glace, en complément de leur formation classique au permis B. Une action rendue possible par la proximité de la piste de Chamrousse. « Nous avons établi un partenariat avec les propriétaires de cette piste, l’une des 7 de ce type en France », indique Pierre Legrand, moniteur et exploitant des Roches Bleues. « Les stages se déroulent de début décembre jusqu’à Pâques. Nous proposons un forfait groupe (une douzaine de personnes), qui nous permet aux élèves d’obtenir une réduction sur le prix normal de 180 euros le stage de 5 heures. »ANTICIPER LES SITUATIONS D’URGENCELe programme comprend toutes les situations d’urgence susceptibles d’être rencontrées sur route enneigée ou verglacée. « Il s’agit d’apprendre comment réagir quand la voiture glisse, de l’arrière ou de l’avant, pour pouvoir la replacer sur la bonne trajectoire. Nous travaillons notamment beaucoup dans des virages en dévers, en montée et en descente. Nous abordons également le freinage d’urgence. Nous utilisons des Nissan Micra équipées de pneus neige à l’avant et pluie à l’arrière, gonflés à 3,5 kg, de manière à ce que la voiture « parte » facilement sur chaussée glissante. Ainsi, il n’y a pas besoin de rouler très vite pour se retrouver en situation de glisse. Les élèves sont souvent très surpris que la voiture glisse aussi facilement et qu’ils aient autant de mal à la remettre dans la trajectoire. » Pierre Legrand estime que « cette formation aide beaucoup au niveau du travail du regard, pour apprendre à diriger la voiture « là où il faut » en situation d’urgence. Le travail effectué se ressent ensuite dans la conduite « normale ». »
Christophe Susung
DES RÉSERVES QUANT AUX STAGES SUR NEIGE OU SUR GLACELes stages de conduite sur neige ou sur glace restent une pratique marginale dans la profession. Pour des raisons matérielles, mais aussi déontologiques. « Il faut disposer des moyens techniques, notamment avoir une piste, pour organiser ce type de stage », explique Jean-Michel Hainaud, président de CFR Européen, qui pose la question du bénéfice de ces stages : « Est-ce que cela ne pousserait pas les conducteurs à prendre plus de risques, comme cela s’est avéré suite à des expériences menées par certains centres spécialisés ? » Il n’a pas connaissance d’auto-écoles qui proposeraient des stages de conduite sur neige, mais quelques-unes « font vivre la perte d’adhérence dans une logique de prise de conscience. Et dans ce cas, c’est plus de la prévention que de la formation ». De son côté, ECF ne comprend pas d’adhérents organisant des stages de conduite sur neige. Et c’est un choix. « Nous considérons qu’il est plus intéressant de faire prendre conscience des dangers liés aux conditions hivernales, plutôt que de faire travailler la technique et de donner le sentiment de connaître, ce qui conduit à prendre plus de risques. Tenir un véhicule sur neige ou verglas, seuls les conducteurs professionnels, qui s’entraînent régulièrement, peuvent vraiment le faire, souligne Frédéric Martinez, attaché de direction à ECF. Au sein de notre réseau, nous n’avons surtout pas une approche technique, mais comportementale. Nous donnons des éléments de précaution : anticiper davantage, augmenter les distances de sécurité… Au-delà, on entre dans des choses compliquées, qui n’ont aucun intérêt dans l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière ». Quant à Jacky Foucteau, responsable pédagogique de l’Anper, il se dit « très sceptique. Ces stages ne sont pas suffisamment longs et fréquents pour permettre d’acquérir des automatismes. Connaître le rattrapage de dérapage donne une fausse idée de maîtrise. Plutôt que d’apprendre à maîtriser une situation d’urgence, il vaut mieux apprendre à ne pas s’y mettre ». Et dans tous les cas, ces stages ne doivent pas, selon lui, s’adresser aux candidats au permis. Quitte à organiser ce type d’action, « il faut que cela s’adresse à des conducteurs expérimentés et se limite à une démonstration ».
B. H.
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