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warning Sécurité routière — Janvier 2008

Étude La Prévention Routière/FFSA - Alcool et conduite : le Capitaine de soirée entre dans les moeur


Si la mortalité des jeunes sur la route due à l’alcool est toujours préoccupante, une étude portant sur le comportement des jeunes en soirée montre que la désignation d’un conducteur sobre est une pratique de plus en plus répandue.

Parallèlement au lancement en novembre d’une campagne de sensibilisation présentant le conducteur désigné qui devra rester sobre, Sam, comme un super-héros (« Capitaine Sam, il a le pouvoir de ne pas boire »), La Prévention Routière et les assureurs de la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurance) ont divulgué les résultats d’un sondage* réalisé auprès des 18-24 ans. L’objectif était de faire le point sur les comportements des jeunes au cours des soirées. Cette étude quantitative, intitulée « Jeunes, sorties et conduite », fait suite à deux études qualitatives effectuées en 1999 et en 2005.

LES JEUNES SUR-REPRÉSENTÉS DANS LES ACCIDENTS
La France reste l’un des pays européens où les jeunes se tuent le plus sur la route. Malgré la forte baisse de l’insécurité routière observée depuis 5 ans, les accidents de la route demeurent la première cause de mortalité pour les 15/24 ans. En 2006, ces derniers représentent 13 % de la population mais 27 % des tués. On remarque également que 40 % des accidents impliquant des jeunes ont lieu lors des retours de soirées et que les accidents avec alcool représentent 34,5 % des tués et 20,5 % des blessés hospitalisés âgés de 15 à 24 ans. La lutte contre l’alcool au volant chez les jeunes constitue donc toujours une priorité. D’autant plus que la consommation d’alcool est encore omniprésente au cours des soirées entre jeunes. Près d’1 personne sur 2 a bu au moins trois verres d’alcool au cours de la soirée. Ces soirées comportent fréquemment au moins deux trajets (domicile-discothèque, bar-restaurant…), souvent longs (plus de la moitié des interviewés ont parcouru entre 10 et 50 km), ce qui accroît le risque d’accident.

LE RÉFLEXE « CAPITAINE DE SOIRÉE » SE RÉPAND
Cependant, désigner un conducteur sobre (le « Capitaine de soirée ») est une pratique de plus en plus courante : 72 % de la totalité des interviewés disent avoir recours « souvent » à cette solution. La personne désignée pour être Capitaine de soirée reste dans la majorité des cas (48 %) celle qui ne boit pas (ou peu) d’alcool. C’est aussi une personne qui s’est elle-même désignée (36 %) ou bien la désignation s’effectue à tour de rôle (26 %). Enfin, on constate que la désignation d’un conducteur sobre est plus répandue chez les jeunes mariés, chez les plus âgés (plus de 23 ans) et plutôt en milieu rural qu’en milieu urbain.

LES SOLUTIONS PRÉCONISÉES PAR LES JEUNES
La très grande majorité des personnes ayant le permis (91 %) déclarent que la peur de l’accident les incite à avoir un comportement plus responsable sur la route. La crainte du contrôle de police est moins efficace, mais 63 % des sondés avouent tout de même que cette peur les incite à surveiller leur consommation d’alcool avant de prendre le volant. On remarque que près d’1 conducteur sur 2 a déjà fait l’objet d’un contrôle d’alcoolémie, mais seulement 5 % des personnes contrôlées ont été verbalisées.
Enfin, les actions jugées les plus efficaces par les jeunes sont avant tout les actions préventives (développement des transports en commun pour les retours de soirée, intensification des campagnes de communication), devant les actions répressives (contrôles, Code de la route plus sévère…).

C. S.

 * étude réalisée par FORS Recherche sociale effectuée par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 607 personnes de 18 à 24 ans, entre le 21 et le 31 août 2007.


POUR LA PRÉVENTION ROUTIÈRE, « LES JEUNES ONT ASSEZ TRINQUÉ » !
L’association La Prévention Routière a lancé en novembre 2007 la pétition « Les jeunes ont assez trinqué », pour que cesse l’hécatombe des jeunes et des enfants sur la route. En voici les trois principales propositions : rendre obligatoire la mise à disposition sur demande d’éthylotests dans tous les lieux de vente et de consommation d’alcool (bars, restaurants, discothèques…) ; interdire le parrainage des soirées étudiantes, direct ou indirect, par les producteurs d’alcool et faire respecter la réglementation concernant la vente d’alcool aux mineurs et la vente d’alcool de nuit ; généraliser l’éthylotest anti-démarrage dans les cars de transport scolaire et développer son utilisation pour les conducteurs poursuivis pour alcoolémie délictuelle. Cette pétition est adressée aux 130 000 adhérents de l’association et peut également être signée sur le site www.preventionroutiere.asso.fr ou en se rendant dans l’un des 101 comités départementaux de l’association.


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