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flag Mouvements sociaux — Janvier 2008

Manifestation - Stop aux agressions des enseignants de la conduite !


Suite à l’agression d’un gérant dans les Yvelines par un client, une vingtaine d’auto-écoles a manifesté devant la préfecture de Versailles, lundi 12 novembre.

Mardi 6 novembre, un homme entre dans l’auto-école de Gérard Carboneil et lui réclame son dossier. Le gérant consulte son fichier informatique. Pas de trace du dossier. Gérard Carboneil fouille dans les archives papier plus anciennes, mais ne trouve toujours pas le dossier. C’est alors que le client explose de rage et le frappe violemment. La lèvre supérieure ouverte, le gérant en est quitte pour plusieurs points de coutures et un arrêt de travail de huit jours. Installé depuis quatre ans dans cet établissement de Mantes-la-Jolie (78), Gérard Carboneil reconnaît que c’est la première fois qu’il est victime d’une telle agression physique, « mais les agressions verbales sont quasiment quotidiennes ».

UNE AUGMENTATION DE LA VIOLENCE
Pour Philippe Colombani, président de l’Unic, gérant d’un établissement dans les Yvelines, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Lundi 12 novembre, il a appelé les auto-écoles de la région à manifester devant la préfecture de Versailles et à distribuer des tracs aux passants pour dénoncer de tels faits. « On constate une augmentation importante des agressions envers le personnel des auto-écoles, affirme Philippe Colombani. Sur Les Mureaux et la région, on déplore trois agressions physiques de responsables d’établissements de conduite. Et malheureusement, la situation est identique dans d’autres départements ». Marie Martinez, gérante d’un établissement à Conflans-sainte-honorine, confirme : « Lorsque je me suis installée, il y a plus de dix ans, j’ai choisi l’emplacement de mon établissement en fonction du critère de la sécurité. Je ne voulais pas avoir de problèmes d’agression. Aujourd’hui, même si je ne suis pas située en zone défavorisée, je suis confrontée à des agressions verbales. Et il faut parfois être très psychologue pour éviter que cela ne dégénère ! »

LES AUTO-ÉCOLES EN PREMIÈRE LIGNE
La raison principale de ces agressions ? L’impatience de certains élèves qui ne comprennent pas pourquoi ils doivent attendre pour passer ou repasser un examen. « Par exemple, en ce moment, il faut environ 1 mois et demi pour enregistrer le dossier 02 en préfecture, déclare un manifestant, à cause d’une restriction du personnel au service des enregistrements de dossiers à la préfecture. Les auto-écoles n’y sont pour rien, mais elles sont en première ligne et doivent faire face au mécontentement des élèves ». « L’administration a institué l’annonce différée des résultats pour protéger les inspecteurs. Par contre, en mettant en place la nouvelle méthode de répartition des places, l’administration a mis la pression sur les épaules des établissements de conduite, s’insurge Philippe Colombani. Nous demandons que les pouvoirs publics réforment enfin la profession en profondeur pour en finir avec ces situations de tensions ».

Sandrine Ancel



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