Inquiets des mesures prônées par la loi Macron, les inspecteurs sont sur le qui-vive. L’UNSA-SANEER a appelé à une journée de grève en avril, tandis que le SNICA-FO tente de renouer le dialogue avec le gouvernement.
Les inspecteurs du permis de conduire restent mobilisés contre le projet de loi Macron concernant le permis de conduire. Le 7 avril, l’UNSA-SANEER a lancé une journée de grève, afin d’attirer l’attention des parlementaires qui étudiaient alors le projet de loi au Sénat. Pour Christophe Nauwelaers, secrétaire général, « il est inconcevable de toucher au cœur du métier des IPCSR, à savoir l’évaluation du permis B.
Le recours à d’autres agents formés à la va-vite, en 60 jours, pour nous épauler, est inadmissible ». Selon le syndicaliste, « le 7 avril, près de 10 % des IPCSR se sont mobilisés pour exprimer le refus de leur remplacement en examen B par d’autres agents, et s’opposer à l’article 9 du projet de loi Macron, fondé sur des chiffres surestimés et sans étude d’impact. Le jour de la grève, plus d’un tiers des examens ont été annulés dans certains départements.
Le SNICA-FO annule son préavis de grève
Pour sa part, le SNICA-FO a finalement suspendu son préavis de grève demandant notamment le retrait des articles 8 et 9 de la loi Macron, initialement prévu du 7 au 10 avril, le syndicat ayant pu rencontrer, le 3 avril, Jean-Claude Luciani, conseiller social au sein du cabinet d’Emmanuel Macron, puis, le 8 avril, un conseiller du Premier ministre. « Ces rendez-vous ont permis de nous faire entendre sur l’essentiel : la situation du permis de conduire doit être examinée, à la lumière des effets produits par les premières mesures de la réforme. L’objectif est de parvenir à un projet satisfaisant pour toutes les parties concernées ». À l’heure où nous mettons sous presse, d’autres rendez-vous étaient prévus fin avril et début mai entre le SNICA-FO et le ministère de l’Intérieur, dont l’un avec le nouveau délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe. Pour Laurent Deville, secrétaire national du SNICA-FO, « l’objectif de la réforme était le manque de places d’examens, mais ce souci n’a plus cours, puisque actuellement l’offre dans ce domaine est supérieure à la demande.
Le 10 avril, le Sénat a supprimé le recours à des agents publics ou contractuels (comme des agents de La Poste) pour faire passer l’examen B du permis dans les départements où le délai moyen entre deux présentations dépasse 45 jours. « Une excellente nouvelle » pour l’UNSA-SANEER. Pour le SNICA-FO, « cette disposition n’est pas le point d’achoppement du texte. Nous jugeons plus inquiétante la notion de « service universel », qui pourrait mener à la privatisation complète du système, ainsi que l’attribution des examens ETG et poids lourd à des agents privés ».
En attendant la fin du débat parlementaire sur le projet de loi Macron, les syndicats d’inspecteurs restent vigilants et pourraient appeler de nouveau à la grève si le gouvernement prévoit de faire appel à des personnels privés et « sous-formés ».
C. S.