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school Formation — Avril 2015

- Accompagnateurs doubles commandes -
Les clients ne se bousculent pas !

Depuis l’arrêté du 26 juillet 2013, les accompagnateurs des véhicules à doubles commandes sont obligés de suivre une formation de quatre heures. En plus d’être titulaires de leur permis de conduire depuis au moins cinq ans. Cette formation peut être dispensée par les auto-écoles. Initialement, elle devait même durer sept heures, mais l’arrêté de 2010 avait été suspendu par le Conseil d’État. En termes de contenu, ces quatre heures de cours sont assez basiques : savoir gérer émotionnellement l’apprenti conducteur (une heure de théorie), et savoir maîtriser le dispositif doubles commandes et ses dangers (trois heures de pratique).
Avec cette formation, les auto-écoles se sont retrouvées face à un vrai dilemme. Devaient-elles la proposer, au risque de favoriser l’apprentissage libre et les loueurs de véhicules à doubles commandes, qui sont des concurrents ? Mais certains ont compris que si les auto-écoles ne proposaient pas cette offre, d’autres le feraient à leur place. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la version de la loi Macron votée à l’Assemblée Nationale en première lecture propose que les loueurs puissent, eux aussi, assurer cette formation de quatre heures. Ce qui, pour le coup, deviendrait gênant.
Pour l’instant, il faut être honnête, la formation aux accompagnateurs n’intéresse pas grand monde. C’est même à se demander si certaines personnes ne se mettent pas dans l’illégalité. « Je propose cette formation mais je n’ai eu qu’une seule demande, alors que normalement on peut la proposer en groupes, explique Philippe Colombani, président de l’UNIC et dirigeant d’un établissement de conduite à Noisy-le-Roi. En même temps, les loueurs disent qu’elle n’est pas obligatoire… » Sur son site Internet, Permis Malin, un réseau de location de véhicules doubles commandes, est resté sur l’arrêté de 2010 et explique qu’il n’y a plus « aucune obligation de faire une formation pour l’accompagnateur ».
Néanmoins, à l’avenir, cette formation pourrait devenir intéressante pour les écoles de conduite, et peut-être devraient-elles un peu plus communiquer dessus. Avec la réforme du permis qui se prépare, le gouvernement souhaite favoriser les candidats libres, en leur permettant d’avoir un égal accès aux épreuves. Et qui dit plus de candidats libres, dit plus d’élèves qui se formeraient par leurs propres moyens ! En formant les accompagnateurs, l’auto-école s’inscrirait comme une « référence » pédagogique.
L. L.


Plus :
• Capter ce nouveau marché pour ne pas le laisser à la concurrence
• Contenu basique, simple à mettre en place
• La filière « libre » pourrait se développer prochainement

Moins :
• Tout le monde ne sait pas qu’elle est obligatoire
• Les clients ne se bousculent pas
• Avec la loi Macron, les loueurs pourraient la proposer


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