A l’heure où l’apprentissage de la conduite risque d’évoluer avec la réforme qui se prépare, certaines auto-écoles choisissent de se tourner vers les formations en entreprise. Un marché en voie d’expansion s’il on en croit Mickaël Poncelet, gérant du centre de formation La Bellifontaine, à Fontainebleau (Seine-et-Marne). « J’ai choisi de me tourner vers cette clientèle car je me suis rendu compte qu’il y avait beaucoup de demandes, analyse-t-il. Aujourd’hui, cela représente entre 10 et 20 % de mon chiffre d’affaires. »
Sachez que les entreprises sont plus attentives à votre crédibilité qu’à vos diplômes, même si vous êtes titulaire d’un BAFM. En d’autres termes, si vous vous contentez de passer des séries de questions de Code, les employeurs risquent de tordre le nez !
Ce qu’ils attendent, c’est du sur-mesure, même s’ils n’ont pas tous une idée précise de ce qu’ils veulent. Certaines entreprises souhaitent simplement répondre aux exigences du document unique, censé fixer les conditions de sécurité de leurs employés. D’autres veulent changer certains comportements à risques, comme le téléphone au volant pour les commerciaux.
Si une accidentologie particulière est à noter dans la société, une réflexion globale va être menée avec le formateur pour voir comment elle peut être gommée. « Il faut optimiser leurs pratiques, tout en faisant des compromis. Il faut les aider à trouver des solutions sans que cela soit imposé. Sinon, elles seront forcément rejetées, note Mickaël Poncelet. »
Vous pouvez alterner entre la théorie et la pratique. Certains centres de formation proposent de mettre les employés en situation d’urgence, sur circuit. On peut également vous demander de faire de l’éco-conduite. Le plus important est de parvenir à intéresser les employés, sans qu’ils fassent d’autres tâches en même temps pour le compte de leur travail, comme passer des coups de téléphone.
Concernant la rémunération que vous pouvez espérer de ces formations, elle est variable. Vous établirez un devis à l’entreprise, qui comprendra à la fois les coûts pédagogiques et les frais de déplacement. Il faut parfois « calmer » les ardeurs du patron, qui veut souvent aborder beaucoup de sujets en un minimum de temps. L’employeur vous demandera souvent d’effectuer un test avant de vous embaucher, pour voir si vos méthodes correspondent à ses attentes. La société refera appel à vous si elle est satisfaite, et le bouche-à-oreille est efficace. Notons également qu’il est possible de réaliser cette activité en tant qu’enseignant indépendant.
L. L.
Plus :
• Demande importante
• Entreprises plus attentives à la qualité qu’au prix
• Bouche à oreille efficace
Moins :
• Sociétés qui ont les yeux « plus gros que le ventre »
• Difficultés d’organisation avec les employés