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school Formation — Novembre 2007

Proposition d’un diplôme Éducation nationale pour les enseignants de la conduite


Lors d’une réunion organisée par la DSCR, les organismes Céreq et Lest ont proposé, pour remplacer le Bepecaser, de créer une mention complémentaire au bac. Une hypothèse diversement accueillie par la profession.



Le 5 octobre, la DSCR a organisé une réunion, avec les représentants de la profession, sur les filières de formation pour les enseignants de la conduite. À cette occasion, le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) et le Lest (Laboratoire d’économie et de sociologie au travail) ont présenté des pistes d’évolution, faisant suite à l’étude sur les « Métiers et filières de formation de la sécurité routière »* (voir La Tribune des Auto-Écoles n° 119 p. 12-13).

CRÉER UNE MENTION COMPLÉMENTAIRE AU BACCALAURÉAT
Pour remplacer le Bepecaser, ces deux centres de recherches ont proposé la création d’« un diplôme post-bac, mais positionné au niveau IV, composé de trois unités professionnelles préparées en un an, et accessible : en formation initiale, en formation continue (stage) ou en alternance (contrat de professionnalisation), en validation des acquis de l’expérience (VAE). Comme tous les diplômes Éducation nationale, la mention complémentaire peut être préparée par des organismes de formation privés, l’Éducation nationale assurant l’organisation des épreuves pour tous les candidats ».

DEMANDE D’UNE FILIÈRE PROFESSIONNELLE PAR LE CNPA ET L’UNIDEC
Cette proposition n’a pas fait consensus parmi les acteurs de la profession. « Nous avons répondu par une contre-proposition : que l’on puisse aussi accéder à un titre professionnel sous-couvert du ministère de l’Emploi, avec un partenariat très forts avec l’ANFA (Association nationale pour la formation automobile). On a besoin de filières courtes, renouvelables dans l’année, pour répondre aux attentes des salariés et employeurs. Nous, sommes réticents à voir la profession partir vers l’Éducation nationale, en raison de sa lourdeur et de son inadéquation avec le marché du travail », déclare Daniel Blot, président du CNPA Formation du conducteur, qui se dit « satisfait aujourd’hui de voir que l’on va travailler sur deux filières et nous resterons vigilants pour que le ministère de l’Écologie travaille bien sur les deux ». L’Unidec affiche une position semblable : « Nous sommes favorables à la proposition de l’administration de faire homologuer un diplôme par l’Education nationale, mais nous ne voulons pas dépendre uniquement de l’Éducation nationale. Si elle décide de fermer une filière, on se retrouve sans rien. Il faut une filière professionnelle validée par le ministère du Travail qui sera de niveau IV ou V », affirme Jean-Louis Bouscaren, président de l’Unidec.

UN DIPLÔME JUGÉ POSITIF PAR L’UNIC ET LA FNEC
Cette approche n’est pas complètement partagée par l’Unic. « La filière professionnelle est acceptable à condition que notre syndicat soit dans les instances paritaires de la convention nationale des services de l’automobile », réagit Philippe Colombani, président de l’Unic. Selon lui, « Un diplôme estampillé Éducation nationale serait très positif. Il permettrait une reconnaissance sociale de notre métier, notamment par les conseillers d’orientation, qui ne savent pas actuellement que notre profession existe. Il est cependant dommage que le projet exclut les non-bacheliers de l’accès à la mention complémentaire. Sur ce point, il faudra trouver une solution ». La FNEC voit également d’un bon œil la mise en œuvre d’un diplôme avec l’Éducation nationale. « L’apprentissage de la conduite, c’est une question de comportement, plus que de manipulation du véhicule. Il y a des spécialistes à l’Éducation nationale qui pourraient nous aider à élever d’un cran notre pédagogie », considère Michel Terekoff, président de la FNEC. Il faudra dans tous les cas trouver des solutions, car le Bepecaser n’est plus homologué au niveau IV depuis 2006. Mais les pistes pour l’instant évoquées ne devraient pas se concrétiser rapidement. Daniel Blot note ainsi : « Nous avons conscience que le travail entamé ne sera pas terminé demain, mais plutôt à l’horizon de 2-3 ans ».

Bérengère Huvey

  * Rapport final paru le 15 novembre 2005 et rendu public en avril 2006.


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