L’initiative est assez rare pour être soulignée. À Bordeaux, après une manifestation d’auto-écoles, mécontentes des annulations d’examens au permis, le directeur départemental des territoires et de la mer a contribué aux passages de permis… pendant une demi-journée.
Tout a commencé le 23 juillet 2014. Une cinquantaine d’auto-écoles girondines s’étaient rassemblées à la cité administrative de Bordeaux. « On avait réagi sous le coup de la colère, se souvient Sandra Carrasco, déléguée départementale de l’Unic. Beaucoup d’entre nous avaient perdu de nombreuses places suite à des annulations en série. Nous voulions qu’elles soient rendues sans délais avant septembre et le début de la grève des inspecteurs. Sinon, nous aurions cumulé trop de retard et nous n’aurions jamais revu nos unités. »
Les auto-écoles en colère décident alors de « bloquer » la cité administrative jusqu’à ce que leurs places leur soient rendues. Et elles finissent par obtenir gain de cause. « On a été reçus par le directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM), Michel Duvette. C’était la première fois. Il nous a assuré que le problème serait réglé », poursuit Sandra Carrasco. Le délégué a finalement tenu sa promesse, puisque « les trois quarts des places perdues ont été rendus ». Et il est même allé plus loin : durant une demi-journée, Michel Duvette a lui-même fait passer des examens. « C’était symbolique, mais en même temps j’ai trouvé cela bien qu’il mette la main à la pâte », assure la représentante de l’Unic.
Des coefficients exceptionnels
Souvent, dans ce genre de situation, l’embellie ne dure pas longtemps. À la mi-septembre, Sandra Carrasco assurait en tout cas que les auto-écoles de la Gironde avaient « des coefficients jamais vus, allant jusqu’à 2 » pour le permis. Idem pour l’épreuve théorique, où une bonne nouvelle est arrivée : deux gendarmes retraités se sont portés volontaires pour faire passer le Code. « Cela se passe très bien. Il leur a fallu un petit temps d’adaptation, mais ils ont très vite pris leurs marques. Cela prouve que les inspecteurs ne sont pas les seuls à pouvoir assurer cette mission », en conclut la syndicaliste. Pour elle, « la grève des inspecteurs est un mal pour un bien, car la réforme a des effets bénéfiques et elle doit passer. Même si, pour cela, on doit encore vivre quelques moments difficiles ». Le sourire semble être revenu dans le camp des auto-écoles. Pour combien de temps ?
L. L.