← Retour à la liste
school Formation — Septembre 2014

- Formation des exploitants -
Le CQP, bientôt obligatoire pour ouvrir une auto-école

Le certificat de qualification professionnelle devrait bientôt remplacer le stage de capacité de gestion et devenir obligatoire pour ouvrir un établissement de formation à la conduite. Explications.


Dans le Landernau de la formation à la conduite, l’annonce avait fait l’effet d’une bombe. La directive européenne de 2005 concernant les qualifications professionnelles imposait en juillet 2011 l’annulation de l’obligation de présenter une ancienneté en tant qu’enseignant de la conduite pour pouvoir devenir exploitant d’une auto-école. Un scandale pour les syndicats qui s’étaient longuement battus pour mieux encadrer la profession et faire la chasse aux entreprises éphémères casseuses de prix. Et voilà que Bruxelles, sous prétexte de libre-concurrence remettait en cause cette obligation d’expérience professionnelle.
Le résultat ne s’est pas fait attendre. Depuis 2011, environ 850 nouveaux établissements de formation à la conduite ont été ouverts, estime Jean-Pierre Lemonnier, secrétaire général de l’UNIDEC. Mais environ un tiers a déjà mis la clef sous la porte avec toutes les conséquences sociales que cela implique pour les salariés et les conséquences économiques pour les élèves qui se sont retrouvés face à une porte close ».

Modifier le stage de gestion
Face à cette situation dramatique, les représentants de la profession se devaient de réagir. Pour autant, les moyens d’actions étaient assez limités s’ils ne voulaient mettre en place un système qui serait aussitôt frappé d’illégalité par Bruxelles. « La seule possibilité légale qui s’offrait à nous consistait à modifier le stage de gestion qui restait obligatoire pour pouvoir exploiter un établissement », explique Michel Schipman, vice-président du CNPA-ER.

Le contenu de la formation
Le CNPA et l’UNIDEC ont donc travaillé à la création d’un certificat de qualification professionnelle (CQP), intitulé « Responsable d’unité de l’enseignement de la sécurité routière ». Ce dernier prévoit une formation de 126 heures au lieu des 70 heures de la capacité de gestion (soit 18 jours au lieu de 10) qui pourra être fractionnée ou pas. « La formation sera découpée en 7 modules constitués d’objectifs de formation, de contenus de formation spécifiques et de mises en situation », indique Michel Schipman. Les sept modules sont les suivants :
- Coordination des activités de l’équipe école de conduite,
- Coordination des activités de l’équipe,
- Activités gestion des relations humaines,
- Environnement professionnel école de conduite,
- Gestion financière liée à l’activité,
- Développement et suivi de la clientèle école de conduite,
- Relation clientèle école de conduite.
Tous ces modules devront être validés par un examen écrit, sauf un qui sera validé par le jury lors de l’entretien final. Le CQP sera ouvert à tout public pour ne pas faire de discrimination. Mais avec une formation plus longue que celle du stage de capacité de gestion, il sera possible de mieux former les futurs exploitants et éventuellement de dissuader les dilettantes.

Le calendrier de mise en application
Si les textes sont prêts, le décret était encore en attente de signature cet été. Cette dernière ne devrait, selon nos informations, pas trop tarder. À sa parution, le CQP entrera en vigueur dans les six mois. Ce délai est prévu afin « de mettre en place des habilitations de formation et/ou d’évaluation délivrés par l’Association nationale pour la formation automobile (ANFA) », explique Michel Schipman. Passé ce délai, le CQP remplacera définitivement le stage obligatoire de capacité de gestion. Évidemment, les détenteurs d’une capacité de gestion seront exonérés de passer un CQP.
S. A.





La réactualisation des connaissances reste obligatoire
L’arrêté du 18 décembre 2002 prévoit l’obligation pour tout exploitant de la conduite de suivre un stage de réactualisation des connaissances tous les 5 ans. Ce stage d’une durée de 21 heures se déroule généralement sur 3 jours et permet aux exploitants d’auto-école de rafraîchir leurs connaissances ou de s’informer sur l’actualité de la profession.
Cinq thèmes sont abordés :
- la culture sécurité routière,
- la pédagogie et la psychopédagogie,
- la réglementation concernant l’enseignement, le permis et le Code de la route,
- l’environnement économique, fiscal et social de l’entreprise, et
- l’environnement commercial, la concurrence et la consommation.
À l’issue de cette formation, le stagiaire se voit remettre une attestation de formation à la réactualisation des connaissances. Outre son caractère obligatoire, ce stage s’avère indispensable car l’attestation en bonne et due forme conditionne le renouvellement quinquennal de l’agrément préfectoral. Pas d’agrément, pas d’activité.
Si le stage de capacité de gestion permettant d’ouvrir un établissement de conduite devrait être prochainement remplacé par le certificat de qualification professionnelle (CQP), l’obligation de suivre un stage de réactualisation des connaissances reste pour sa part inchangée.


Dans le même thème

Titre Pro ECSR - Étude d’impact sur le transfert de la qualité de certificateur vers l’ANFA
Les organisations représentantes de la profession souhaitant que le Titre Pro ECSR ne soit plus géré par le ministère du Travail mais par l’ANFA, ont mandaté cette dernière pour réaliser une étude d’impact en cas de transfert de la gestion de ce titre.
CPF : explosion des demandes de formations au permis de conduire en 2024
La Caisse des Dépôts a publié le rapport annuel pour l’année 2024 du dispositif Compte personnel de formation (CPF). Quelle part représentent les formations à la conduite et pour quel coût moyen ? Réponses.
Conduite gagnante : La préparation mentale, un atout pour les enseignants et leurs élèves
« Conduite gagnante » ! À l’origine de ce concept, une rencontre entre Jean-Michel Vigié, enseignant de la conduite, puis inspecteur du permis de conduire et Christian Ramos, préparateur mental de sportifs de très haut niveau.