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school Pédagogie — Août 2014

- Matrice GDE -
L’âme du changement ?

Née en 1999, la matrice GDE hiérarchise en cinq niveaux les compétences des usagers de la route.


Non, il ne s’agit pas d’un robot sorti d’un film de science-fiction. La matrice GDE (littéralement goals for driver education, en français « objectifs de l’éducation du conducteur »), sur laquelle s’appuie le REMC, recense les compétences que doivent avoir les usagers de la route. Cette matrice comporte cinq niveaux. Pour faire simple, un conducteur doit certes savoir maîtriser correctement son véhicule, mais ce n’est que le premier niveau de la matrice. Le deuxième niveau, c’est la compréhension des situations de circulation. Autrement dit, le conducteur doit être capable d’anticiper les comportements des différents acteurs de la route. Un peu plus compliqué.
Au troisième niveau de la matrice se trouvent les « objectifs de la conduite ». C’est là qu’intervient la notion de mobilité : quand dois-je prendre ma voiture ? Est-elle nécessaire dans telle ou telle situation ? Autrement dit, apprendre à utiliser de manière rationnelle tous les modes de transport.

Caractère du conducteur
Le quatrième niveau s’éloigne encore un peu plus de la route stricto sensu. Il concerne les projets de vie, ou le caractère du conducteur. En quoi ont-ils une influence sur son comportement routier ? Jean-Pascal Assailly, chercheur à l’INRETS, prend l’exemple d’un jeune « enthousiaste pour les voitures », et pour qui « la conduite est une manière de construire son identité ». Celui-là aura plus tendance à appuyer sur le champignon, et donc à commettre des erreurs de jugement. Ce niveau est important à travailler en auto-école, mais bon nombre d’enseignants le font déjà.
Enfin, le cinquième niveau est encore plus abstrait puisqu’il traite des « pressions sociétales ». C’est le plus difficile à atteindre : comment améliorer son comportement routier quand la société, individualiste, dans laquelle on vit, nous incite toujours à aller à 200 à l’heure ?  Car finalement, notre comportement en tant que conducteur n’est que le reflet de ces pressions sociales. « On n’arrête pas de le répéter aux élèves, souffle Michel Schipman, vice-président du CNPA-ER. « Vous ne pouvez pas répéter sur la route le modèle social ! La route relève d’une gestion collective, l’individualisme n’y a pas sa place. » Et si, finalement, la voiture devenait l’instigatrice d’un changement social ?
L. L.


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