← Retour à la liste
school Pédagogie — Août 2014

- REMC -
Quatre compétences pour guider l’enseignement

Le 1er juillet 2014, le REMC (Référentiel pour l’éducation à une mobilité citoyenne) entre en vigueur. Ultra-complet, son contenu se décline en quatre compétences globales, chacune accompagnée d’une multitude de sous-compétences touchant des domaines très divers.


C’est l’arrêté du 13 mai 2013, paru au Journal Officiel du 6 juin 2013, qui fixe l’entrée en application du Référentiel pour l’éducation à une mobilité citoyenne (REMC) au 1er juillet 2014.
L’objectif général est « d’amener tout usager de la route à la maîtrise de compétence en termes de savoir-être, savoirs, savoir-faire et savoir-devenir. Le REMC se veut une vue d’ensemble, aussi exhaustive que possible, des compétences qu’un usager responsable doit acquérir ». C’est une « boîte à outils » très fournie dans laquelle l’enseignant comme tous les usagers de la route peuvent piocher à leur guise.
Le REMC ne parle plus simplement d’objectifs à atteindre, mais de compétences. Le référentiel définit une « compétence » comme « la mobilisation ou l’activation de plusieurs savoirs, dans une situation et un contexte donné » […] (Le Boterf, 1995) ainsi qu’« […] un ensemble stabilisé de savoirs et de savoir-faire, de conduites-types, de procédures standards, de types de raisonnements […] » (De Montmollin, 1984).
L’arrêté du 13 mai 2013 précise que « les programmes de formation mentionnés à l’article R. 213-4 du Code de la route sont élaborés conformément au REMC. » Tout en indiquant que dans le cadre du référentiel, les méthodes, moyens et cheminements pédagogiques « sont librement choisis par l’enseignant et adaptés à chaque apprenant ».

Quatre compétences globales
L’annexe de l’arrêté du 13 mai 2013 présente dans le détail les quatre compétences globales autour desquelles s’articule le référentiel, ainsi que les nombreuses sous-compétences associées. Ces dernières n’ont pas été définies en termes d’objectifs, afin de préconiser et de permettre leur traitement à tous les niveaux de la matrice GDE (Goals for driver education).
On notera également que bien des aspects, comme l’autonomie, la remise en question de soi-même, l’auto-évaluation, la prise en compte des autres usagers de la route, ou encore la conduite écologique et économique, sont abordés au sein de plusieurs compétences.
Voici ces quatre compétences :

Compétence 1 : Assumer personnellement ses responsabilités citoyennes, juridiques et sociales.
Au lieu de se borner à apprendre et à appliquer sans réflexion les règles, le conducteur doit comprendre la logique de la réglementation relative à la conduite. Il doit également prendre conscience des facteurs pouvant agir sur le niveau de risque, ainsi que comprendre les interactions entre ces facteurs. Sans oublier de tenir compte de ses capacités et de ses limites. Il doit également anticiper afin d’adopter une conduite apaisée, et comprendre, en les manipulant, le rôle des éléments du véhicule utiles à une conduite sûre et économe, en prenant conscience des liens entre le développement durable et la mobilité.

- Contexte de mise en œuvre : la compétence 1 doit être mise en œuvre au travers de mises en situation simulées ou réelles. Elle sera travaillée lors des apprentissages réalisés tout au long de la formation ainsi que lors de l’acquisition des trois autres compétences du REMC.

Parmi les 23 sous-compétences associées, détaillées dans l’arrêté du 13 mai 2013, citons notamment les obligations administratives et civiles concernant la conduite automobile (notions sur l’histoire et la structure du Code de la route, modalités des systèmes d’accès graduel à la conduite en Europe), les sanctions administratives et pénales liées à la circulation et la sécurité routière ou encore les évolutions réglementaires et le rôle du système contrôle-sanction pour la sécurité. On notera également l’approche analytique et pragmatique des erreurs de conduite et/ou de comportements afin d’améliorer ses compétences de conducteur, la connaissance des facteurs de risque spécifiques chez les conducteurs novices, les apports de l’expérience dans l’appréhension et la maîtrise des risques et dans l’autoévaluation de sa conduite.

Compétence 2 : Utiliser un véhicule à moteur de façon autonome, rationnellement et en sécurité.
Lorsque le conducteur déplace son véhicule en situation de conduite normale ou complexe, à partir de la compréhension des risques, il comprend le rôle des éléments du véhicule nécessaires à une conduite sûre et économe. Il doit également prendre en compte les influences des caractéristiques physiologiques, psychologiques et sociales sur le comportement des conducteurs, sans oublier les influences de ses caractéristiques personnelles sur sa conduite.

- Contexte de mise en œuvre : cette compétence doit être mise en œuvre en circulation faible à normale, en parcours urbain et semi-urbain, en prenant en compte les autres usagers de la route et la réglementation routière. Le conducteur s’efforcera en outre d’adapter sa conduite à l’environnement, en adaptant des techniques permettant de consommer le moins de carburant possible.

Parmi les 15 sous compétences associées à la compétence 2, un premier groupe suit une progression logique : installation au poste de conduite, connaissance et prise en compte des documents obligatoires et utiles, caractéristiques principales du véhicule et notice d’utilisation, fonction et manipulation des commandes, accessoires et systèmes de sécurité du véhicule. Une autre catégorie de sous compétences intervient pendant la conduite (adaptation continue aux exigences de la circulation pour ne pas gêner et ne pas surprendre, notions de temps de réaction, importance et déficience des fonctions perceptives). L’influence des passagers, du chargement et du remorquage sur la conduite est également à prendre en considération, tout comme le rôle des pneumatiques et du freinage. Les nombreux aspects techniques et dynamiques d’un véhicule font également partie des sous compétences de la compétence 2.

Compétence 3 : Préparer ses trajets et conduire le véhicule dans les situations de circulation simples ou complexes.
Le conducteur doit comprendre l’intérêt de la réglementation routière. Il doit déplacer le véhicule en situation de conduite normale à partir de la compréhension des risques, en anticipant et en maîtrisant les espacements nécessaires à une conduite sûre. De plus, l’accent est mis en particulier sur le respect et la communication avec les autres usagers, en un mot, encore et toujours, le partage de la route.

- Contexte de mise en œuvre : cette compétence est mise en œuvre en circulation normale à dense, en parcours urbain, semi-urbain et routier. Adapter sa conduite et sa vitesse à l’environnement et communiquer ses intentions aux autres usagers et adopter un comportement courtois vis-à-vis d’eux, notamment face à leurs erreurs, font partie des missions du conducteur.

Les 19 sous-compétences associées peuvent se classer en plusieurs catégories : réglementation relative à la conduite, difficultés liées à l’application des règles de circulation pour partager la route, adaptation de la vitesse et risques liés à la vitesse, positionnement sur la chaussée, distances et espaces de sécurité… Sans oublier, une fois encore, les relations avec les autres usagers de la route : communication et anticipation, risque des interactions, partage de l’espace dans les situations d’arrêt, de stationnement, de croisement, de dépassement, etc. On remarquera également la sous compétence qui consiste à prendre conscience des risques liés à l’habitude (trajets habituels, automatismes…).

Compétence 4 : Prendre en compte les facteurs entraînants une dégradation du système homme-véhicule-environnent, prendre les décisions qui permettent d’y faire face, mettre en œuvre les mesures préventives.
Il s’agit de prévenir tout ce qui peut dégrader la conduite. Pour cela, le conducteur doit prendre conscience des effets de la consommation de produits psychoactifs sur le niveau de risque et sur la conduite, tout comme de l’influence des facteurs psychologiques et sociaux, des comportements de santé, des situations atmosphériques dégradées ou des infractions routières.

- Contexte de mise en œuvre : cette compétence doit être mise en œuvre en circulation complexe et en situation simulée. Certains points ne feront cependant pas systématiquement l’objet de mises en œuvre et seront traités de manière théorique. Enfin, cette compétence devra être travaillée durant toute la durée de l’apprentissage du conducteur.

Parmi les 18 sous-compétences associées à cette quatrième compétence, on trouve en premier lieu la prise de conscience que l’éducation du conducteur est un processus de longue durée qui va de l’âge scolaire jusqu’à l’après-permis, à travers un continuum éducatif qui s’étend de l’Attestation de première éducation  la route (APER) au post-permis. Il s’agit également de comprendre les effets de la consommation de produits psycho-actifs (alcool, drogues, médicaments…) et leur influence sur la conduite, et de connaître les facteurs qui influencent le niveau de vigilance. Le conducteur est en outre amené à savoir comment réagir en cas de panne, face à un accident ou en cas de conditions atmosphériques dégradées ou de situations inhabituelles. Enfin, le conducteur doit comprendre et observer en circulation les effets de la manière de conduire sur la consommation de carburant, les émissions polluantes, les niveaux sonores et la sécurité.
Christophe Susung





De nouveaux livrets d’apprentissage conformes au REMC
Afin de se mettre en conformité avec le REMC, de nouveaux livrets d’apprentissages ont fait leur apparition pour le 1er juillet 2014. Intégrant notamment les grilles reprenant les 4 compétences globales, ils servent de support aux élèves de manière à ce qu’ils puissent travailler par eux-mêmes.
L’arrêté du 29 juillet 2013, paru au JO le 28 août 2013, précise que, dans un souci de cohérence de la formation du conducteur, « l’usage du livret comme support pédagogique et outil d’échange entre l’enseignant de la conduite et l’élève conducteur reste une priorité, mais sa réalisation et sa conception sont libres à condition de respecter le cadre général de la formation ».
Définis par l’arrêté du 29 juillet 2013, paru au JO du 28 août 2013 (permis B) et par l’arrêté du 12 mai 2014 paru au JO du 25 mai 2014 (permis moto et du groupe lourd), les livrets d’apprentissages des différentes formations peuvent désormais émaner de n’importe quel éditeur, à condition de prendre en compte le REMC. De plus, ils pourront – mais ce n’est pas une obligation – être dématérialisés, c’est-à-dire téléchargeables sur smartphone ou tablette, ou encore présents sur un cloud. Bien évidemment, les anciens livrets d’apprentissage en cours d’uti-
lisation restent valables.
De même, les référentiels de certification (RC) des titres professionnels de conduite routière évoluent également le 1er juillet 2014 avec l’entrée en vigueur du REMC. L’arrêté du
26 mai 2014 modifiant l’arrêté du 26 février 2008 relatif au titre professionnel de conducteur(trice) du transport routier de marchandises sur porteur/du transport routier de marchandises sur tous véhicules/du transport routier interurbain de voyageurs, indique que les référentiels de certification modifiés correspondants sont disponibles sur le site www.emploi.gouv.fr.


Dans le même thème

SAM : un assistant pour l’apprentissage de la conduite des personnes malentendantes
Pimas a développé un système qui transcrit sur un écran, les consignes des enseignants de la conduite en icônes compréhensibles par les apprentis conducteurs malentendants.
Tenstar : un simulateur de conduite high-tech
Spécialisée dans la conception, le développement et la commercialisation d’outils de formation basés sur la simulation, la société suédoise, Tenstar Simulation, compte bien s’imposer en France avec son simulateur à la technologie et au réalisme très avancés.
Olivier Fretay, D-g de Codes Rousseau : « Former des conducteurs responsables n’est pas un produit,
Codes Rousseau vient de racheter Orata et de signer un partenariat avec Otopilot. Son directeur général, Olivier Fretay, nous présente les axes de développement de la société d’édition pédagogique sablaise.