Le 6 juin dernier, au congrès du CNPA-ER, l’Anper a dressé le bilan de l’année 2013, lors de son assemblée générale.
Si le bilan de l’année 2012 avait redonné le sourire au président de l’Anper, Loïc Turpeau, celui de l’année 2013 est un peu moins positif. Certes, le nombre d’adhérents a très légèrement baissé et Loïc Turpeau regrette toujours qu’il y ait « encore des adhérents au CNPA qui ne soient pas adhérents à l’Anper », mais le problème principal ne réside pas là.
Baisse des stages de récupération de points
L’Anper a surtout souffert en 2013 de la diminution du nombre de stagiaires s’inscrivant en stage de récupération de points. « La concurrence est rude, a souligné le président de l’Anper. On assiste à une baisse des prix. L’Anper s’est d’ailleurs retiré de portails qui tiraient les tarifs vers le bas, mais le meilleur portail, c’est vous ! C’est pourquoi nous allons augmenter la rétribution des auto-écoles adhérentes à l’Anper qui inscrivent des stagiaires dans des stages organisés par l’Anper ».
Une gamme d’activités très diversifiée
Heureusement, l’Anper a plusieurs cartes dans son jeu. Outre les stages de récupération de points, l’association a organisé des formations à destination des conducteurs seniors. Cette activité est en progression puisque 2 000 personnes se sont inscrites en 2013 contre 1 200 en 2012. Près de 2 000 formations ont également été effectuées en partenariat avec Mondiale assistance, ainsi que des formations à l’éco-conduite et des stages de prévention en entreprise.
L’Anper poursuit ses partenariats avec Codes Rousseau et ENPC, notamment pour l’édition de livrets d’apprentissage propres à l’Anper, et avec la Sanef dans le cadre de l’opération Autoroute académie.
Objectif : faciliter l’insertion professionnelle
Soucieuse de favoriser l’insertion professionnelle, l’Anper conserve aussi son partenariat avec Pro BTP qui consiste à dispenser des formations aux apprentis au sein des CFA du bâtiment. Malheureusement, force est de constater que ces formations ne rencontrent pas le succès escompté. « Il y a un frein que l’on a du mal à expliquer, reconnaît Loïc Turpeau. Il n’y a pas de problème au niveau des subventions, mais visiblement ces formations souffrent d’un manque d’informations ».
C’est pourquoi l’Anper et le CNPA-ER ont décidé de soutenir Hellomerci.com, une plateforme de prêts solidaires et directs entre particuliers qui permet de financer la formation au permis de conduire. Concrètement, les personnes qui souhaitent obtenir un prêt auprès de particuliers pour financier leur permis proposent un projet sur hellomerci, indiquent le montant et la durée du remboursement (36 mois maximum) et expliquent comment ils comptent rembourser leurs prêteurs.
Ce dispositif a été présenté aux adhérents de l’Anper lors de l’assemblée générale. Ces derniers sont priés d’en faire la promotion auprès des élèves venant se renseigner.
Enfin, comme chaque année, l’Anper a procédé à une élection pour renouveler une partie des membres du bureau. Les trois membres sortants, à savoir Patrice Bessone, Nicolas Boissel et Yvette Siffointe ont été réélus.
S. A.
Focus sur les conduites à risque
« Dans la mobilité, il y a l’aspect de l’accidentologie, mais la mobilité, c’est aussi la vie ! », s’est exclamé le Dr. Philippe Lauwick, président de l’Automobile Club médical de France et président de la commission « Alcool, stupéfiants et vitesse » au sein du CNSR, venu faire une présentation sur les risques de la conduite, lors de l’AG de l’Anper.
Si l’alcool constitue un problème sur les routes, c’est surtout un problème de société. Selon le Dr. Lauwick, sur les 40 000 personnes qui décèdent chaque année en France des conséquences de l’alcool, seulement 1 000 meurent sur les routes. La prise d’alcool est notamment un vrai fléau chez les jeunes car cela engendre une modification comportementale et une addiction sur le long terme. D’où l’importance de travailler en amont pour changer les comportements des Français et leur rapport avec l’alcool, la fête et la conduite. Pour les récidivistes, le Dr. Lauwick a rappelé une préconisation du CNSR qui consiste à mettre des éthylotests antidémarrage sur les véhicules.
Autre facteur de risque : les stupéfiants. Sur ce point, le Dr. Lauwick a souligné que l’on « ne fait pas grand-chose car il y a peu d’études qui documentent ce risque et peu de dépistages en raison de la difficulté d’effectuer des tests efficients ». Pour autant, il préconise la tolérance zéro.
Pour ce qui est des médicaments, leurs effets sur la conduite ne sont pas assez pris en compte. Ce qui est d’autant plus un souci que la population vieillit et qu’il y a de plus en plus de conducteurs âgés. Cependant, il n’est pas question d’interdire systématiquement la conduite à partir d’un certain âge car la voiture est un moyen de préserver l’autonomie. De plus, les personnes âgées ont moins de risques de se faire tuer en voiture que lorsqu’elles sont à pied.
Enfin, « la vitesse majore toujours le risque de survenance d’un accident et en aggrave les conséquences ».
D’où la préconisation du Dr. Lauwick qui consiste à abaisser les limitations de vitesse.