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warning Sécurité routière — Mai 2014

- Caroline Kawka -
« Combattre l’insécurité routière est une course de fond »

Après la perte de sa fille dans un accident causé par un chauffard alcoolique récidiviste, Caroline Kawka, monitrice d’auto-école et porte-parole de l’association Antinéa, est plus que jamais déterminée à faire baisser l’accidentalité routière en Nouvelle-Calédonie.


Ne pas baisser les bras. Que faire d’autre lorsqu’un drame de la route vous a enlevé votre enfant ? C’est le combat que mène au quotidien Caroline Kawka, co-gérante et monitrice à l’auto-école Zebra 3000 de Nouméa (Nouvelle-Calédonie). Le 26 août 2009, alors qu’elle sortait du collège pour regagner son domicile, Antinéa, sa fille de 15 ans, a été fauchée sur son cyclomoteur par un automobiliste multirécidiviste circulant malgré un retrait de permis pour conduite en état d’ivresse. À la suite de ce drame, Caroline Kawka a choisi de s’investir davantage dans la prévention en fondant en 2010 l’association Antinéa (www.association-antinea.org).
En tant qu’enseignante de la conduite, Caroline Kawka a toujours été motivée par les problématiques de sécurité routière. Elle était d’ailleurs IDSR (Intervenante départementale de sécurité routière) en Dordogne, avant de venir s’installer il y a 10 ans en Nouvelle-Calédonie. Mais depuis l’épreuve qu’elle a subie, elle a souhaité aller plus loin. « C’est un combat de longue haleine, une course de fond, rien n’est jamais acquis. Car si 2013 a été l’année la moins meurtrière depuis 10 ans en Nouvelle-Calédonie, 2014 a mal débuté avec déjà 15 tués. Une mortalité routière 3 à 4 fois plus élevée que dans la métropole. Heureusement, le plan quinquennal de sécurité routière qui a été signé pour la période 2013-2018 devrait faire avancer les choses. »

Le parcours du combattant des victimes
En Nouvelle-Calédonie, l’association Antinéa relaye l’action de l’association Justice pour les victimes, trop souvent ignorées des magistrats. « Il est très difficile d’être reconnu en tant que victimes, souligne Caroline Kawka. On trouve toujours une excuse aux délinquants routiers, avec lesquels la justice se montre encore trop clémente ». La première mission de l’association est ainsi de soutenir et conseiller les victimes et leurs familles.
« On s’est rendu compte que l’on est très démunis lorsque cela vous arrive. Les gens ne savent pas que porter plainte n’est pas suffisant. Il faut se porter partie civile, pour avoir véritablement accès au dossier. »
Parmi ses autres actions, l’association intervient en matière de prévention dans les collèges.
« En Nouvelle-Calédonie, l’ASSR n’existe que depuis 2 ans, il est toujours utile de sensibiliser les élèves. » L’association effectue également des interventions en entreprise, notamment sur les risques de la conduite sans permis, fréquente en Nouvelle-Calédonie. Mais, regrette Caroline Kawka, « notre association a du mal à obtenir des subventions. Celles-ci nous seraient pourtant utiles, pour acquérir un local ou encore employer du personnel à mi-temps ».

Cannabis et alcool, encore et toujours
À Nouméa, le cannabis au volant est encore plus répandu qu’en métropole. « C’est un vrai fléau », constate la porte-parole de l’association Antinéa, qui relaye les actions de l’association Marilou, qui lutte contre le cannabis au volant. Quant à l’alcool, il a fallu interdire sa vente le week-end pour limiter les dégâts. « Ce qui est loin d’être une solution idéale, car cela crée un marché noir, mais on n’a pas trouvé d’idée plus efficace. Alors, dans mon auto-école, je fais passer mon message de prévention à de nombreuses personnes dont le permis a été annulé suite à une alcoolémie trop élevée. »
Depuis le drame personnel qu’elle a vécu, Caroline Kawka a finalement peu changé d’attitude envers ses élèves. « Je continue encore et toujours à les sensibiliser. Mais lorsque j’essaye de faire passer un message à un groupe d’élèves, notamment pendant les cours de Code, il passe mal. Par contre, en conduite, seule avec l’élève, cela passe mieux. Il arrive alors que j’évoque ce qui est arrivé à ma fille. Les accidents, ça n’arrive pas qu’aux autres. Même après « seulement » deux verres d’alcool, un jeune peut avoir l’impression de toujours maîtriser sa conduite. Je lui fais comprendre qu’il n’en est rien. Nous participons également à des opérations de type Capitaine de soirée. »
Un autre cheval de bataille de l’association est la nécessité de bloucler sa ceinture et de ne jamais laisser un jeune enfant non attaché. « Un réflexe quasiment acquis en métropole, mais toujours pas en Nouvelle Calédonie », soupire Caroline Kawka.

un rallye pédagogique en septembre
Enfin, l’association Antinéa compte organiser en septembre 2014 un rallye destiné à sensibiliser les jeunes de 15 à 18 ans au respect du Code de la route, sur des voiturettes lourdes ou légères et des véhicules en AAC, avec l’interdiction de dépasser une vitesse donnée. Il y aura aussi des énigmes, des cadeaux à gagner et plusieurs animations. Pour que la sécurité routière ne soit pas uniquement synonyme de contrainte et adopte un aspect ludique !
C. S.


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