Fin avril, les auto-écoles du Calvados ont protesté contre les ravages conjugués du manque d’inspecteurs, de la pénurie de places d’examens et des délais à rallonge pour passer le permis.
La colère monte ! Dans l’après-midi du 25 avril, plus de 55 exploitants d’auto-école du Calvados ont défilé dans les rues de Caen, pour dénoncer l’habituel fléau qui paralyse leur activité. Ils déplorent une nouvelle fois le manque de places d’examens dû à un nombre insuffisant d’inspecteurs, ce qui entraîne des délais d’attente exorbitants pour passer ou surtout repasser l’examen.
Comme l’explique Didier Fouques, gérant d’une auto-école à Caen et représentant départemental du CNPA, « actuellement, au lieu de 14 inspecteurs, ils ne sont que 9 en service, suite à des arrêts maladies, des mutations… Du coup, les délais atteignent 4 à 6 mois, ce qui bloque tout le système. On ne va pas donner des leçons de conduite à un élève dont on sait pertinemment qu’il ne pourra pas passer le permis avant des mois ! ».
Rencontres locales et nationales
La manifestation du 25 avril était accompagnée d’une demande d’audience. « Nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises le secrétaire général du préfet, ainsi que le directeur de la DDTM du Calvados et la responsable du pôle sécurité routière. Mais là, c’est le nouveau maire de Caen, Joël Bruneau, que nous voulions sensibiliser », explique Didier Fouques.
« En effet, la ville de Caen participe aux aides du conseil général, de la mission locale et du Centre communal d’action sociale CCAS pour aider financièrement les jeunes à passer le permis. » Reçus le 25 avril par le secrétaire du maire de Caen, conscient de l’urgence de la situation, les auto-écoles ont finalement rencontré le maire le 28 avril. Ce dernier a pris l’engagement de relayer par courrier le mécontentement des auto-écoles auprès de ses homologues, du préfet et du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.
Deux jours avant la manifestation, le 23 avril, plusieurs écoles de conduite du Calvados étaient déjà montées à Paris afin de rencontrer directement Pierre Ginefri, directeur de la DSCR.
« Ce dernier nous a reçus et écoutés, indique Didier Fouques, mais nous a fait comprendre qu’il n’avait pas de solution miracle en dehors de ce qui existe déjà aujourd’hui. Toutefois, Pierre Ginefri nous a assuré que des renforts d’effectifs étaient bientôt prévus pour le Calvados ».
Des pistes d’amélioration
Par ailleurs, un certain nombre de solutions ont été envisagées par la DDTM du Calvados, comme l’harmonisation des méthodes d’évaluation des inspecteurs. « Ce n’est pas cela qui va nous sortir de nos difficultés, déplore Didier Fouques. On ne va pas donner un permis au rabais parce qu’on a des problèmes de places ! » D’autre part, le récent centre d’examens situé à Démouville pourrait accueillir d’autres examens que les examens poids lourd et moto. « Cela fait 2 ans que nous demandons que ce centre reçoive également les permis B, ce qui éviterait aux inspecteurs de faire le déplacement vers un autre centre d’examen, limitant ainsi le nombre de leurs heures de récupération. Autre piste pour améliorer la situation, nous avons demandé qu’il n’y ait pas d’examens moto le matin mais uniquement l’après-midi, ce qui permettrait aux inspecteurs de se consacrer davantage à l’examen B et également de ne pas perdre des heures s’il y a du gel le matin, incompatible avec les examens moto. »
Nouvelle action le 5 mai
Une seconde manifestation a eu lieu le 5 mai sur l’A13, à hauteur du péage de Dozulé. Les auto-écoles du département de la Manche, également touchées par la pénurie de places d’examens, ont rejoint celles du Calvados pour une action commune. Comme l’a expliqué sur les ondes de la radio Tendance Ouest Damien René, directeur de Cotentin Formation Routière à Valognes, « 6 à 7 inspecteurs sont affectés au département de la Manche. Mais entre les non-remplacements de départs à la retraite et les congés maladies, ils ne sont pas tous disponibles. D’autant que seul 50% de leur temps de travail est consacré au passage des examens. »
C. S.