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edit_note Examens — Mai 2014

- Délais d’examens -
Ça ne peut plus attendre !

Le rapport de Florence Gilbert sur les places d’examens entériné, les auto-écoles attendent que le gouvernement prenne le dossier en main. Car les délais d’attente, disparates en fonction des départements, ne vont pas en s’arrangeant.


Le groupe de travail ne semble pas avoir apporté les réponses attendues concernant les places d’examens.
Alors que les syndicats auto-écoles attendaient une réponse du ministre Bernard Cazeneuve, qui devait les recevoir mercredi 14 mai (hors de nos délais de bouclage), les avis étaient partagés concernant le contenu du rapport remis par Florence Gilbert. « On a tout mélangé, la réforme du permis et celle du système de places d’examens, peste Philippe Colombani, président de l’UNIC. On n’a vraiment parlé des délais que lors de la dernière réunion. Forcément, on n’allait pas régler le problème comme ça. » Patrice Bessone, président du CNPA, se veut plus nuancé.
« L’idée de réformer dans le sens d’une formation plus sécuritaire, avec le post-permis, va plutôt dans le bon sens à mes yeux », estime-t-il.

Une Demi-mesure ?
En revanche, concernant le problème initial, à savoir celui des délais d’obtention de places, il est tout aussi cinglant. « On ne peut pas faire, comme c’est le cas dans ce rapport, dans la demi-mesure concernant un problème aussi important que les places d’examens », affirme-t-il. « Le problème du rapport Gilbert, c’est qu’il veut régler le problème de manière indirecte, complète Philippe Colombani. Développer la conduite accompagnée, augmenter le taux de réussite… Mais, à moins que le niveau de l’examen baisse, je ne vois pas en quoi ça résoudra notre souci. Et les autres permis, moto et poids-lourd notamment, ont été complètement oubliés. »
Les syndicats espéraient des mesures radicales : délégation de service public pour rendre l’examen payant (CNPA), création d’un établissement public (UNIC)… Mais ces propositions se sont heurtées à un certain nombre de refus, notamment de la part des syndicats d’inspecteurs. « Sinon, on a une idée qui pourrait résoudre le problème de places sans dépenser 1 centime : baisser la durée du permis de 35 à 32 minutes. Ainsi, les inspecteurs pourraient passer un candidat en plus par jour, soit 13 au lieu de 12. Ça ferait 150 000 places en plus par an », suggère Patrice Bessone.

Disparités locales
Malgré les insatisfactions, le groupe de travail aura au moins eu le mérite de poser un constat chiffré, circonstancié. Ainsi, les organisations professionnelles ont obtenu des données qu’elles réclamaient depuis longtemps à la DSCR. Notamment sur les délais de passage d’examens, ainsi que sur le temps de travail effectif des inspecteurs, par département (voir nos deux cartes). L’occasion d’analyser la situation des « régions qui souffrent », auxquelles devaient plus particulièrement venir en aide les mesures d’urgence. Mais celles-ci n’ont que très peu répondu aux attentes.
Le 22 avril, l’Union des enseignants de la conduite et de la sécurité routière, réunissant toutes les organisations professionnelles, envoyait un communiqué dans lequel elle fustigeait le « scandale des délais d’examens ».
Encore et toujours…  Elle y explique que le délai moyen de passage du permis en France est de quatre mois, soit le double des autres pays européens. En outre, toujours selon ce même communiqué, « 43 % du temps des inspecteurs est consacré aux examens voiture ». Et l’on constate de fortes inégalités territoriales. « Il faut que le ministère agisse en priorité pour les départements qui en ont le plus besoin », préconise Patrice Bessone.

Des cartes À nuancer
Si l’on se reporte à la carte de France des délais d’examens, le département des Hauts-de-Seine est, sans surprise, celui où les délais sont les plus longs.
D’autres semblent épargnés, mais en apparence seulement. « Cette carte a été effectuée à un instant T, relativise Patrice Bessone. Depuis, je sais que la Corse, notamment, souffre beaucoup à cause de l’absence d’un délégué du permis. Et ça n’apparaît pas sur la carte, car c’est trop récent. »
Des données à prendre avec des pincettes, donc. Concernant les effectifs d’inspecteurs, on voit que certains départements ont moins de 50 % d’effectifs opérationnels ! Cette carte est elle- aussi à nuancer : parmi les effectifs dits « opérationnels » sont aussi comptabilisés les administratifs. Les chiffres présentés ne permettent donc pas vraiment de savoir combien d’inspecteurs sont sur le terrain, et combien il en manquerait en fonction du nombre de candidats. Mais s’ils nécessiteraient d’être actualisés régulièrement, ils ont quand même le mérite d’exister.
L. L.


[Voir cartes]


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