Le nouveau film de Coline Serreau est un documentaire mêlant témoignages de participants et d’animateurs de stages de récupération de points, etc.
Aucune star de renom à l’affiche du prochain film de la réalisatrice
Coline Serreau (« Trois Hommes et un Couffin », « La Crise »…), si ce n’est le permis à points ! « Tout est permis » (sortie le 9 avril 2014) n’est pas un film de fiction mais un documentaire s’immergeant au sein des stages de récupération de points. Les nombreux témoignages recueillis dressent « un portrait tragi-comique de notre société où l’individualisme et les petites habitudes de chacun mettent en péril le bonheur de tous ».
Un film autobiographique ?
Coline Serreau nous explique l’origine du film. « Il y a 8 ans, j’ai effectué un stage de récupération de points. Au début, j’y suis allé en traînant les pieds mais au final je me suis rendue compte que c’était intéressant et que beaucoup de conducteurs faisaient comme moi preuve d’inconscience au volant. Beaucoup de mes certitudes ont été ébranlées. »
Car il reste du chemin à accomplir, si l’on en croit les propos tenus par certains stagiaires :
« C’est quand même les autres qui font plus d’erreurs que moi » ou « Je ne téléphone pas au volant, par contre je réponds aux appels » ! Le film pose ainsi le problème du partage de l’espace commun, soumis à des règles « dont chacun pense qu’elles sont inutiles pour lui-même et très utiles pour les autres. »
Le film fait également intervenir les ex-délégués interministériels à la sécurité routière, Rémy Heitz et Jean-Luc Névache, qui justifient la politique de sécurité routière de l’État, alors que Chantal Perrichon et Claude Got réclament sans surprise des mesures encore plus drastiques. Pour sa part, Laurent Hecquet (40 millions d’automobilistes) demande une tolérance pour les petits excès de vitesse. Robert Thibault, animateur de stages de permis à points, conclut avec optimisme « qu’une majorité de stagiaires devient plus consciente du partage de la route alors qu’une infime minorité reste irrécupérable ».
Noir et drôle à la fois
Si le montage rapide, l’alternance des phrases qui font sourire et des images qui émeuvent, permettent au spectateur de maintenir son attention pendant les 1 h 36 du film, les habitués des thématiques de sécurité routière auront peut-être une impression de déjà-vu. On peut également se demander quel public touchera le film. N’hésitez pas cependant à aller le voir et à le recommander à vos élèves, afin qu’ils n’oublient pas de se remettre en permanence en question !
C. S.