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Sécurité routière — Août 2007
Conseil économique et social - Des propositions pour plus de sécurité routière
Le Conseil économique et social recense dans un rapport diverses propositions visant à réduire le nombre de victimes de la route. Voté le 13 juin en assemblée plénière, ce rapport a été transmis à la DSCR. Synthèse.Si en dix ans, le nombre de morts sur les routes françaises a chuté de 40 %, la section des Économies régionales et de l’aménagement du territoire du Conseil économique et social, présidée par Philippe Da Costa, estime qu’il « reste encore de nombreux domaines où agir pour que la route devienne un espace socialisé ». D’où la rédaction d’un rapport intitulé « Sécurité routière et circulation : la responsabilité des différents acteurs », dans lequel sont recensées des propositions qui, si le gouvernement le juge utile, pourraient déboucher sur de nouvelles législations.DES VÉHICULES PLUS SÛRSLe Conseil économique et social (CES) estime que toutes les motos devraient être équipées d’airbags, de l’ABS ou du TPMS (système indiquant l’état de gonflage des pneus). Il demande la mise en place d’un contrôle technique obligatoire –à l’instar de ce qui se fait pour les voitures particulières–, pour l’ensemble des motos et cyclomoteurs. Il préconise également que tout véhicule particulier transporte un gilet réfléchissant et un triangle à utiliser en cas d’accident.CONTRÔLER LA VITESSEBien évidemment, le CES incite au respect des limitations de vitesses, mais il propose le bridage des moteurs pour les véhicules de tourisme et l’installation d’un limiteur/enregistreur de vitesse sur tous les véhicules, autos, motos. Par ailleurs, il estime que les constructeurs doivent « resserrer leur gamme de voitures pour tendre vers un poids moyen idéal ». Objectif : limiter les différences de poids entre véhicules et éviter que des passagers d’une voiture type smart ne se fassent broyer par un 4 x 4.MIEUX AMÉNAGER L’ESPACEEn termes d’aménagement urbain, le CES recommande, entre autres, la généralisation des zones 30 près des écoles, la conception d’aménagements vraiment adaptés aux besoins des cyclistes ou des handicapés ou encore la sécurisation des trajets des enfants allant à l’école.UNE NOUVELLE LÉGISLATIONEn matière de téléphone portable, le CES veut que l’on renforce les campagnes d’information sur les risques de son utilisation au volant et « invite les pouvoirs publics à renforcer les contrôles et à clarifier la réglementation, notamment en ce qui concerne l’utilisation du kit mains-libres ». À noter enfin que le CES souhaite qu’un nouveau code de sanctions responsabilise tous les usagers y compris les piétons et les cyclistes. Ainsi, la création d’un Code de la rue pourrait être intégré au Code de la route.RÉFORMER LA FORMATION À LA CONDUITEAu niveau de l’éducation, le CES met l’accent sur le continuum éducatif « sécurité routière » qu’il souhaite étendre durant toute la scolarité depuis la maternelle. Mais surtout, le CES préconise pour le permis auto « d’insérer la partie théorique dans le parcours scolaire pour tous et de compléter la partie pratique par une évaluation post-examen permettant un accès progressif à la conduite ». Il recommande aussi « une évolution du permis moto en proposant des formations complémentaires dans des écoles de pilotage ». Et comme la formation ne concerne pas que les jeunes conducteurs, le CES suggère « de généraliser des tests d’auto-évaluation de la conduite d’un véhicule motorisé, voiturette sans permis comprise, dans les centres de contrôle technique existants. Ces tests seraient obligatoires une fois tous les dix ans et déboucheraient sur une visite médicale si nécessaire ». Enfin, conscient que le permis à 1 euro par jour n’a pas pleinement atteint son but, le CES propose que « dans le cadre de la politique de la ville, les jeunes puissent financer leur permis de conduire par un système de bourse, de prêt ou d’avance ou encore grâce à un système d’aide au financement par la participation ». MIEUX COORDONNER LES ACTIONS MENÉESOutre la vitesse, l’alcool et le non-port de la ceinture de sécurité, de nouveaux risques sont apparus comme l’utilisation du téléphone portable ou la conduire sous l’emprise du cannabis. Le CES recommande de « capitaliser le savoir-faire de chacun des risques identifiés par des groupes spécialisés et de diffuser, sous toutes les formes (plaquettes, CR-Rom, etc.) des réponses efficaces pour prévenir les comportements dangereux. Le CES réclame également une meilleure cohérence entre les actions menées au niveau local et national, ainsi que la création d’un Conseil national de sécurité routière élargi pour créer de nouveaux indicateurs fiables. Enfin, au niveau européen, il demande une « harmonisation progressive des mesures nationales ainsi que la mise en place de lieux de rencontres entre chercheurs de différents pays et d’une banque de données sur la sécurité routière ».
Sandrine Ancel
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