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warning Sécurité routière — Avril 2014

- Sensibilisation -
Mieux dormir pour bien conduire

Le 28 mars dernier s’est tenue la 14e Journée du sommeil avec pour thématique « sommeil et transports ». L’occasion pour les spécialistes de rappeler l’importance du sommeil sur la conduite.


Les Français dorment de moins en moins, c’est du moins ce que montre le sondage* réalisé pour la Journée du Sommeil. En semaine, les actifs dorment en moyenne 6h55. Pour être plus précis, 2/3 des sondés affirment dormir entre 7 et 8 heures, tandis que 1/3 dort moins de
6 heures. Six heures, « c’est bien en deçà du temps de sommeil recommandé pour éviter des troubles de santé » souligne le Pr Damien Léger. Le week-end, les actifs dorment généralement plus longtemps, surtout ceux qui dorment peu la semaine, ce qui tend à prouver que leur corps est en dette de sommeil.

Somnolence au volant
Près de 40% des usagers des transports en commun s’endorment à l’aller et/ou au retour du travail pendant un temps plus ou moins long en fonction de la longueur du trajet. En moyenne, ces usagers dorment 23 minutes. Mais si s’endormir dans les transports n’est pas grave, il en va autrement lorsque l’on s’endort au volant. Or l’enquête révèle que 17% reconnaissent somnoler au volant au moins 1 fois par mois sur le trajet domicile-travail et 10% concèdent même avoir déjà éprouvé des difficultés pour conduire au point parfois d’être obligé de s’arrêter. Pire, 9% se sont endormis au volant. Parmi ceux-là, 93% ont heureusement ouvert les yeux avant l’accident. Les 7% restants déclarent avoir eu un accident mineur n’ayant pas entrainé de dommages matériels ou corporels.
Le manque de sommeil s’explique « soit par le fait qu’ils n’ont pas assez dormi la nuit précédente, soit par l’accumulation d’une privation de sommeil ou d’un sommeil de mauvaise qualité », explique le Pr. Damien Léger.

Les jeunes plus vulnérables
L’analyse des résultats de l’enquête montre également que les hommes s’endorment un peu plus facilement que les femmes, sans que cela soit significatif. En revanche, il ressort que les 18-24 ans constituent une population à risque. « Les jeunes manquent plus de sommeil et leur physiologie les rend plus vulnérables », affirme le Pr Pierre Philip de la Clinique du Sommeil.

Des clés pour bien dormir
Même si les conseils pour bien dormir n’évoluent pas, il est toujours bon de les rappeler.
Adopter des horaires réguliers. Il est impératif d’adopter des horaires de coucher et de lever réguliers. Mieux vaut éviter de regarder la télévision ou l’écran d’ordinateur avant de se coucher pour ne pas exciter le cerveau. Le sport pratiqué trop tardivement dans la soirée n’est pas non plus recommandé car la température du corps augmente. Cependant, « mieux vaut pratiquer une activité physique que pas du tout, déclare le Pr Damien Léger, car le sport effectué de façon régulière permet un sommeil de meilleure qualité ».
Manger léger et éviter la caféine le soir. Il est également déconseiller de manger en trop grande quantité et trop gras le soir. Mais ne pas manger du tout est un mauvais calcul car on risque d’être réveillé par la faim dans la nuit. Par ailleurs, il n’est pas judicieux de boire du café le soir. « Même si l’on a l’impression que le café ne nous empêche pas de dormir, la caféine perturbe la qualité de notre sommeil », souligne le Dr Joëlle Adrien, présidente du Conseil scientifique de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).
Créer un environnement apaisant. Enfin, il est important de bien occulter la lumière et de ne pas trop chauffer la chambre. La température idéale est proche des 19°C.
S. A.

* Enquête OpinionWay sur un échantillon de 1 032 personnes actives âgées de 18 ans et plus.





Olivier Panis témoigne
« Tout au long de ma carrière de pilote de F1, j’ai constaté l’importance de bien dormir pour être performant. Sur un grand prix, on est une vingtaine de pilotes. Il faut faire attention à soi, mais aussi à ceux qui partagent la piste ! J’avais du mal avec les décalages horaires. Du coup, on partait systématiquement une dizaine de jours avant la course pour que j’ai le temps de m’adapter au décalage horaire et je mettais en place un rituel d’endormissement pour me sentir en confiance à l’hôtel avec des repères précis en pratiquant des activités physiques comme le tennis et en m’entourant de mes amis. Mes coachs faisaient attention à mon alimentation. Lorsque je dormais mal, ça se répercutait sur mon humeur et je voyais les choses de façon plus négative. Je ne me suis jamais endormi au volant, mais il m’est arrivé de prendre des risques pour finir le parcours plus vite. Alors, mon conseil serait de bien se connaître et de ne pas se surestimer. Quand le corps envoie des signaux, tels que les bâillements ou les picotements dans les yeux, il faut les respecter. C’est le moment de s’arrêter, de s’hydrater, voire de faire une petite sieste accompagnée d’un café en ce qui me concerne. »


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