Le 1er juillet 2014, le PNF laissera la place au Référentiel pour l’éducation à une mobilité citoyenne (REMC). Revue de détail des compétences et sous-compétences exigées par ce document.
L’arrêté du 13 mai 2013 (paru au Journal Officiel du 6 juin 2013) fixe l’entrée en application du Référentiel pour l’éducation à une mobilité citoyenne (REMC) au 1er juillet 2014, date à laquelle il remplacera le PNF, mis en place en 1989.
L’objectif général est « d’amener tout usager de la route à la maîtrise de compétences en termes de savoir-être, savoirs, savoir-faire et savoir-devenir. Le REMC se veut une vue d’ensemble, aussi exhaustive que possible, des compétences qu’un usager responsable doit acquérir ».
Ainsi, le REMC ne parle plus simplement d’objectifs à atteindre, mais de compétences. L’approche par les compétences fait référence à la matrice GDE (Goals for Driver’s Education), incontournable en Europe dans le domaine de l’enseignement de la conduite.
Rappelons que dans le cadre du REMC, les méthodes, moyens et cheminements pédagogiques « sont librement choisis par l’enseignant et adaptés à chaque apprenant ».
L’annexe de l’arrêté présente dans le détail les 4 compétences globales autour desquelles s’articule le référentiel. Voici la description de ces compétences et la liste des sous-compétences associées, qui sont encore plus finement développées dans le texte de l’arrêté.
Compétence 1 : Assumer personnellement ses responsabilités citoyennes, juridiques et sociales
• Description de la compétence
Au-delà de la simple application des règles, le conducteur doit comprendre le pourquoi de la réglementation relative à la conduite. Il doit également prendre conscience des facteurs agissant sur le niveau de risque et comprendre les interactions entre ces facteurs. Il tiendra ainsi compte en circulation de ses capacités et de ses limites. Il devra anticiper pour adopter une conduite apaisée. Cela lui permettra également de comprendre, en les manipulant, le rôle des éléments du véhicule utiles à une conduite sûre et économe et de prendre conscience des liens entre le développement durable et la mobilité.
• Contexte de mise en œuvre
La compétence doit être mise en œuvre au travers de mises en situation simulées ou réelles. Cette compétence ne fera pas spécifiquement l’objet de mises en œuvre. Cette compétence transversale sera travaillée lors des apprentissages réalisés tout au long de la formation et l’acquisition des trois autres compétences
définies dans ce référentiel.
• Sous-compétences associées
- Obligations administratives et civiles concernant la conduite automobile
- Les modalités des systèmes d’accès graduel à la conduite existant en Europe
- Sanctions administratives et pénales en lien avec la circulation et la sécurité routière
- Évolutions réglementaires et rôle du système contrôle-sanction pour la sécurité
- Assurances
- Compréhension de la nécessité de suivre un programme éducatif et une formation pour acquérir un niveau de conduite limitant les risques
- Facteurs de risque spécifiques chez les conducteurs novices, notamment en relation avec les caractéristiques de la jeunesse, l’inexpérience et les difficultés de compréhension des situations de conduite
- Variabilité du comportement en fonction de la situation et de l’évaluation de ses capacités
- Concepts du phénomène automobile en France
- Impact économique de la voiture sur le budget des personnes
Compétence 2 : Utiliser un véhicule à moteur rationnellement et en sécurité
• Description de la compétence
Le conducteur doit déplacer le véhicule en situation de conduite normale ou complexe à partir de la compréhension des risques. Il comprend, en les manipulant, le rôle des éléments du véhicule utiles à une conduite sûre et économe.
Il prend conscience des facteurs agissant sur le niveau de risque et comprend les interactions entre ces facteurs. Il comprend les influences des caractéristiques physiologiques, psychologiques et sociales sur le comportement des conducteurs, ainsi que les influences de ses caractéristiques personnelles sur sa conduite.
• Contexte de mise en œuvre
La compétence doit être mise en œuvre en circulation faible à normale. Le conducteur devra, en toute autonomie, réaliser un parcours urbain et semi-urbain en prenant en compte les autres usagers et la réglementation routière. Il s’efforcera d’adapter sa conduite à l’environnement, en adaptant des techniques permettant de consommer le moins de carburant possible.
Il prendra en compte son véhicule en vérifiant sa conformité au Code de la route et son bon état d’utilisation. Il indiquera à ses passagers les places qu’ils devront prendre dans la voiture et le comportement qu’il attend d’eux.
• Sous-compétences associées
- Prendre et quitter le véhicule
- Installation au poste de conduite
- Connaissance et prise en compte des documents obligatoires et utiles
- Caractéristiques principales du véhicule et notice d’utilisation
- Fonctions et manipulations des commandes, accessoires et systèmes de sécurité du véhicule
- Adaptation continue aux exigences de la circulation pour ne pas gêner et ne pas surprendre
- Notions de temps de réaction
- Importance et déficience des fonctions perceptives
- Influence des passagers, du chargement et du remorquage sur la conduite
- Rôle des pneumatiques
- Rôle et contrôle du système de freinage
- Défaillances éventuelles du moteur et des différents organes annexes
- Aspects techniques et dynamiques d’un véhicule et évolutions
- Autres évolutions de la technologie automobile
Compétence 3 : Préparer ses trajets et conduire le véhicule de façon autonome dans les situations de circulation simples ou complexes
• Description de la compétence
Le conducteur doit comprendre l’intérêt de la réglementation routière. Il doit déplacer le véhicule en situation de conduite normale à partir de la compréhension des risques, en anticipant et en maîtrisant les espacements nécessaires à une conduite sûre.
Il sait adapter sa vitesse aux circonstances et au profil de la route. Il prend conscience des impacts écologique et économique de son déplacement.
Il comprend l’importance du partage de la route, des différences entre les usagers et de leurs conséquences sur sa propre conduite. Il sait communiquer avec les autres usagers, en comprend les limites et sait développer une attitude citoyenne de respect des différences, de tolérance et de patience.
• Contexte de mise en œuvre
La compétence doit être mise en œuvre en circulation normale à dense. Le conducteur devra, en toute autonomie, réaliser un parcours urbain, semi-urbain et routier en prenant en compte les autres usagers et la réglementation routière. Il s’efforcera d’anticiper et d’adapter sa conduite et sa vitesse à l’environnement, au type de route, en mettant en œuvre des techniques permettant de consommer le moins de carburant possible.
Il communiquera aux autres usagers ses intentions en s’efforçant de vérifier qu’il a été compris. Il prendra en compte les autres automobilistes, notamment les plus vulnérables, en s’adaptant à leurs caractéristiques. Il aura un comportement courtois envers les autres usagers, notamment face à leurs erreurs.
• Sous-compétences associées
- Réglementation relative à la conduite
- Les fonctions et intérêts de la réglementation
- Difficultés liées à l’application des règles de circulation pour partager la route
- Adaptation de la vitesse et risque liés à la vitesse en circulation
- La vitesse dans les situations de croisement et de dépassement
- Distances et espaces de sécurité
- Communiquer avec les autres usagers et anticiper pour ne pas gêner ni surprendre
- Variétés, complexités et risques des interactions avec les autres usagers liées à leurs caractéristiques ou particularités
- La détection et le repérage d’usagers dont les caractéristiques des véhicules peuvent entraîner des modifications inattendues de leur trajectoire et de leur vitesse
- Les prescriptions et particularités concernant les poids-lourds
- Reconnaître les usagers vulnérables pour agir en circulation en toute sécurité
- Partage de l’espace dans les situations d’arrêt, de stationnement, de croisement, de dépassement, d’intersection, de circulation en files
- Évaluation en circulation des risques lors des différentes manœuvres, notamment l’arrêt et le stationnement
- Évaluation en circulation des risques liés à l’état et au profil de la chaussée, particulièrement en présence d’obstacle gênant la prise d’informations (intersection masquée, sommet de côte…)
- Évaluation des risques liés à la conduite sur route
- Évaluation en circulation des risques lors de l’insertion et de la conduite sur les voies rapides et l’autoroute
- Organisation de son déplacement en fonction de l’évaluation de ses capacités et de ses limites
- Prendre conscience des contraintes sociétales particulières pouvant affecter les décisions et les choix des conducteurs (mode de vie, valeurs culturelles, importance attachée aux règles, médias)
- Prendre conscience des contraintes particulières liées à la politique pouvant affecter les décisions et les choix des conducteurs (préservation de l’environnement, rapport à la sécurité routière…)
Compétence 4 : Prendre en compte les facteurs entraînant une dégradation du système homme-véhicule-environnement, prendre les décisions qui permettent d’y faire face, mettre en œuvre les mesures préventives
• Description de la compétence
Le conducteur a conscience des effets de la consommation de produits psychoactifs sur le niveau de risque et sur la conduite, il comprend la réglementation sur le dépistage.
Il a conscience de l’influence des facteurs psychologiques et sociaux, des comportements de santé et des objectifs de déplacement sur le niveau de risque et sur la conduite.
Il comprend les risques dans des situations atmosphériques dégradées. Il a conscience de l’influence des infractions sur le niveau de risque et sur la conduite. Il comprend comment adopter un comportement adéquat en cas de panne ou d’accident. Il anticipe pour adopter une conduite apaisée. Il a conscience des liens entre le développement durable et la mobilité.
• Contexte de mise en œuvre
La compétence doit être mise en œuvre en circulation complexe et en situation simulée. Certains points de cette compétence ne feront pas systématiquement l’objet de mises en œuvre et seront traités de manière théorique. Cette compétence devra être travaillée durant toute la durée de l’apprentissage du conducteur.
• Sous-compétences associées
- Comprendre que l’éducation du conducteur est un processus de longue durée qui va de l’âge scolaire jusqu’à l’après-permis
- Prendre conscience des moyens d’orienter ses habitudes et ses pratiques sociales pour éviter la conduite sous l’influence de produits psychoactifs
- Comprendre la politique d’éducation routière en Europe au travers du continuum éducatif mis en place en France
- Comprendre les effets de la consommation de produits psychoactifs (alcool, drogues, médicaments…) et leur influence sur la conduite, la perception du risque et les accidents
- Comprendre les modalités de dépistage et de mesure des différents produits psychoactifs
- Prendre conscience de l’influence des maladies sur la conduite, sur la perception du risque et sur les accidents et comprendre les effets des comportements de santé sur la conduite
- Comprendre comment les facteurs psychologiques et sociaux peuvent contribuer à construire les relations au risque des conducteurs
- Comprendre comment réagir en cas de panne, notamment pour réduire les risques d’accident
- Connaître les comportements à adopter face à une victime d’accident
- Identifier les moyens de réagir face à des situations inhabituelles ou dégradées
- Comprendre et observer en circulation les effets de la manière de conduire sur la consommation de carburant, les émissions polluantes, les niveaux sonores et la sécurité.
C. S.