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work Gestion & management — Septembre 2013

- La Réunion -
Une Jaguar pour « faire plaisir » à ses élèves

À Saint-Pierre de la Réunion, un gérant d’auto-école a investi dans une Jaguar XJ, tout droit importée de la Métropole. Parce qu’il ne veut pas que ce type de voiture soit « réservée à une élite ». Le prix du rêve ? Plus de 100 000 euros.


Quand on l’appelle pour parler de sa dernière acquisition, Henri Piot, gérant de l’auto-école Maeva à Saint-Pierre de la Réunion, est presque gêné. « Certains sont suspicieux, se demandent comment j’ai pu acquérir une telle voiture. Je l’ai achetée, tout simplement ! », explique le gérant, installé à Saint-Pierre depuis une vingtaine d’années. Il faut dire que sa Jaguar XJ, avec ses 225 chevaux sous le capot, a de quoi faire des envieux. Ce n’était pourtant pas le but premier d’Henri qui, en allant dénicher cette perle dans une concession du 15e arrondissement de Paris, dit avoir voulu « faire plaisir à ses élèves ». Il lui en a coûté presque 30 000 euros pour le transport jusqu’à la Réunion !

Pas pour les débutants
Passé l’aspect bling-bling, le gérant est du genre prêteur : équipée en doubles commandes, sa Jaguar est destinée à sa clientèle auto-école. Mais pas pour les débutants. « J’attends qu’ils soient quasiment prêts pour le permis. Il faut compter au moins 15/20 heures suivant le niveau de l’élève », précise-t-il. À ses yeux, son action a également des vertus sociales. Elle permet de faire goûter aux joies d’une voiture de luxe à des jeunes qui n’en auraient pas forcément les moyens. « Tout le monde a le droit de conduire une Jaguar », souffle Henri. Pour être fidèle à son postulat de départ, il n’a pas répercuté cet achat sur ses tarifs. Son but est surtout d’offrir une prestation supplémentaire, plutôt que de casser les prix. Son forfait 20 heures est à 1 200 euros,
un peu plus cher que dans les autres auto-écoles de l’île.
« Avec la crise, il faut savoir se démarquer. Une Jaguar auto-école, avec le panneau de toit, cela interpelle les gens. » Si la Jaguar est avant tout destinée à ses élèves, Henri accepte des conducteurs qui ont déjà le permis, moyennant 35 euros les 45 minutes. Le même prix qu’une heure de conduite.
Henri Piot n’est pas seulement un « Robin des bois » de l’auto-école. Il met aussi en avant les atouts pédagogiques de sa voiture de luxe. Son gabarit (5 mètres de long) et sa puissance incitent les jeunes à plus de maîtrise, notamment dans les manœuvres. Sans compter tous les outils de technologie embarquée, comme le radar et l’écran de recul, et le moteur à propulsion.

Formation à l’éco-conduite
Mais pas question de rouler des mécaniques. « Je les forme à l’éco-conduite : ils ne peuvent pas dépasser les 2 000/2 500 tr/mn », insiste Henri Piot. Pour les élèves dont les parents ont les moyens, une telle initiative évite d’être parachuté sur une grosse voiture dès l’obtention du permis. Henri en a fait l’amère expérience. « Un de mes anciens élèves s’est tué sur la route à peine un an après être sorti de l’auto-école. Un « fils à papa » qui conduisait une BMW. Je ne veux pas rééditer l’expérience. »
Autre atout de la  XJ, sa boîte automatique qui permet de proposer la conduite sur Jaguar à des personnes à mobilité réduite. Pour l’heure, aucun élève n’a amoché la belle rutilante.
« Elle est déjà montée sur un trottoir, mais sans dommage. Au pire, si ça arrive, c’est comme ça ! », sourit le gérant, philosophe.
L. L.


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