Face à la pénurie de places d’examens, souci numéro un des écoles de conduite depuis de trop nombreuses années, le ministère de l’Intérieur semble enfin vouloir engager les moyens nécessaires pour solutionner le problème.
Les syndicats d’auto-écoles n’ont pas ménagé leurs efforts pour dénoncer le manque cruel de places d’examens et surtout pour exiger que le gouvernement trouve, en concertation avec la profession, le moyen d’y mettre fin. Une action qui a porté ses fruits, puisque le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a annoncé en juin dernier, l’ouverture prochaine de groupes de travail. Retour sur plusieurs mois de mobilisation.
Une manifestation le 20 juin
Point d’orgue de l’action « Relais solidarité auto-école » de 10 jours organisée par l’UNIC, une manifestation s’est déroulée le 20 juin boulevard Ney à Paris 18e, devant le bureau des permis de conduire, rassemblant une centaine de véhicules auto-écoles venus des quatre coins de l’Hexagone. Une délégation de l’UNIC a été reçue au ministère de l’Intérieur par Anne-Gaëlle Beaudouin-Clerc (conseillère de Manuel Valls), Pierre Ginefri (sous-directeur de la DSCR) et Philippe Jaumouillie (chargé du dossier Faeton au ministère de l’Intérieur). Philippe Colombani, président de l’UNIC, déclarait le 20 juin qu’« une grande avancée est ressortie de cette entrevue, puisque nous avons obtenu l’engagement de recevoir une lettre signée par le ministre, Manuel Valls, dans laquelle il s’engage à mettre en place dès juillet des réunions de travail avec les différents syndicats d’auto-écoles et d’inspecteurs, afin de régler définitivement le problème des places d’examens. La solution devra être trouvée avant la fin 2013, sans négliger aucune piste ».
Ainsi, dans un courrier daté du 26 juin adressé au CNPA, à l’UNIC et à l’UNIDEC, Manuel Valls rappelait notamment « qu’au cours des mouvements de protestation des 14 et 18 février 2013, ces trois syndicats avaient évoqué les perspectives d’évolution du système (…) ». Manuel Valls a également souligné dans sa lettre que « lors de la réunion plénière du CNSR du 21 juin, le gouvernement a annoncé qu’il restera très attentif aux délais d’attente des candidats au permis de conduire. Aujourd’hui, le délai moyen entre deux présentations à l’examen est, dans notre pays, de 86 jours. C’est beaucoup trop ! »
Florence Gilbert aux commandes des débats
Dans le même courrier, Manuel Valls annonçait aussi avoir confié à Florence Gilbert, présidente de la commission Jeunes et Éducation routière du CNSR, la responsabilité d’animer un groupe de travail élargi en vue de proposer, d’ici fin 2013, des pistes de réforme en veillant à associer toutes les parties prenantes (responsables d’écoles de conduite, usagers, inspecteurs). « L’objectif est de formuler les recommandations les plus appropriées sans s’interdire aucune piste de réflexion ».
Pour sa part ; le président du CNPA, Patrice Bessone, a précisé que le lancement de cette concertation avait été annoncé lors du « 50ème congrès du CNPA. La confirmation par le ministre est très importante car elle répond aux demandes faites par le CNPA depuis février 2013 et fait suite aux multiples actions engagées dans les territoires par les élus départementaux et régionaux du CNPA, actions suivies massivement par les adhérents ».
Quant à Jean-Pierre Lemonnier, secrétaire général de l’Unidec, il a estimé sur le site Internet du syndicat « ne pouvoir que se réjouir du résultat obtenu, qui nous avait d’ailleurs déjà été annoncé lors de notre entretien avec le cabinet du ministre, à l’issue des manifestations nationales du 14 février. Nous n’avons d’ailleurs pas relâché nos efforts et continué la mobilisation en diffusant la pétition nationale « Examen du permis de conduire = service public défaillant (…) ».
Si le ministre de l’Intérieur a précisé dans son courrier que le groupe de travail devait se réunir « avant la fin du mois de juillet »,
au moment du bouclage de La Tribune des Auto-Écoles, aucune réunion n’avait encore eu lieu en juillet, les débats devant plus vraisemblablement débuter en septembre.
C. S.
Action coup de poing dans les Côtes d’Armor !
Le 4 juillet, une cinquantaine d’auto-écoles des Côtes d’Armor, excédées par les délais d’attente pour passer le permis, ont fait irruption au centre d’examens de Langueux, exigeant davantage d’inspecteurs. Devant le refus du secrétaire général de la DDTM d’appeler en direct le ministère, plusieurs agents de l’État ont été retenus jusqu’à minuit. « Il fallait que nous exprimions notre ras-le-bol », a justifié Jean-Michel Delamarre, président de l’Association de défense des écoles de conduite en colère des Côtes d’Armor (Adecc 22), recréée pour l’occasion après 10 ans d’inactivité. « Nous devrions bénéficier de 2 postes d’inspecteurs supplémentaires en février 2014, ce qui est lointain et insuffisant. Nous pourrions donc repasser à l’action en septembre 2013. »
Yann Le Dantec, représentant départemental du CNPA, s’est montré plus modéré. « Si nous étions d’accord sur le fond avec l’Adecc 22, nous ne l’étions pas sur la forme. Il n’était pas opportun de mener une action si radicale, car nous avions déjà alerté le conseil général, la préfecture et plusieurs personnalités politiques. Des décisions seront prises lors des réunions nationales prévues en septembre. »