Grâce à Internet, les auto-écoles peuvent centraliser rapidement toutes les données issues des différents systèmes utilisés aussi bien par la secrétaire que par l’enseignant ou l’élève. Mais cette technologie présente-t-elle que des avantages ?
Souvenez-vous des diapos et des fiches élèves cartonnées rangées par ordre alphabétique dans des tiroirs en métal… Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Depuis, l’informatique et Internet ont bien changé la vie quotidienne des auto-écoles. En un clic, grâce au logiciel de gestion, on peut désormais consulter toutes les informations concernant un élève (adresse, date de naissance, sommes payées ou à payer, consulter les dates de ses prochains rendez-vous, etc.).
Mais les logiciels de gestion vont aujourd’hui bien plus loin en étant connecté, via Internet, avec les outils pédagogiques. Ainsi, l’élève peut passer son test d’évaluation et ses résultats sont centralisés dans le logiciel de gestion. Il peut faire des tests à l’auto-école ou s’entraîner chez lui et toutes les données sont remontées vers le logiciel de gestion. Enfin, avec l’arrivée des tablettes ou des mini-ordinateurs embarqués, les informations validées par l’enseignant de la conduite lors d’un cours de conduite peuvent également être centralisées au niveau du logiciel de gestion de l’établissement. Inversement, l’enseignant peut charger sur sa tablette la fiche de l’élève, son planning, etc.
UN GAIN DE PLACE !
Cette dématérialisation des données présente l’avantage de gagner de la place. Plus besoin de stocker des quantités de documents dans l’auto-école. Sur ce point, la dématérialisation du dossier 02 avec Faeton devrait réduire encore le volume de la paperasse.
Dans un avenir proche, la dématérialisation devrait également concerner les tests de préparation à l’ETG destinés à l’auto-école. Oubliées les pochettes de DVD qui s’entassent dans un placard ou que l’on perd. « Toutes les séries de tests seront rassemblées sur un diffuseur et l’on pourra les mettre à jour via une connection Internet », explique Didier Thomas, P-dg de ENPC.
PLUS DE TEMPS ET UNE IMAGE DE SÉRIEUX
La centralisation des données des différents outils utilisés par l’auto-école permet aussi de gagner du temps. En un clic, on peut connaître les résultats obtenus aux tests théoriques par un élève, voir aussi l’évolution de son apprentissage de la conduite et donc savoir, en un clin d’œil, s’il est prêt à passer ou non l’examen. Une belle économie de temps qui peut être mise à profit pour réfléchir au développement d’une nouvelle pédagogie via votre tablette, par exemple.
Cette centralisation des données peut aussi donner à votre établissement une image de sérieux, par exemple en imprimant et en transmettant à l’élève sa courbe d’évolution. Cela peut également vous permettre de justifier à des parents un peu agressifs en voyant que vous ne présentez toujours pas leur enfant à l’examen, que celui-ci n’est pas prêt, en montrant, preuves à l’appui, les résultats des tests effectués. Avec certains systèmes, les parents peuvent même avoir directement accès, via le web, à certaines données concernant leur enfant. Une fonction appréciée par les parents soucieux de surveiller l’évolution de leur enfant dans sa formation.
UNE MOBILITÉ QUI PLAÎT AUX JEUNES
Autre avantage non négligeable : être en phase avec son public. En effet, pour les jeunes qui poussent aujourd’hui la porte de votre établissement, le monde n’est simplement pas envisageable sans Internet ! « On sait que les élèves ne sont plus prêts à aller deux à trois fois par semaine à l’auto-école pour s’entraîner à l’ETG, affirme Michel Goepp, président des Codes Rousseau. Ils veulent se former, par eux-mêmes sur leur ordinateur chez eux, mais aussi sur leur smartphone ou leur tablette. C’est pourquoi, on doit leur proposer des solutions adaptées à leur mode de vie. »
L’APPRENTISSAGE EN LIGNE OU LA MORT DES AUTO-ÉCOLES ?
Si Internet présente donc de nombreux avantages pour l’auto-école, cette technologie peut aussi avoir un inconvénient. En effet, avec les divers produits destinés à la revente aux élèves leur permettant d’apprendre et de s’entraîner au Code de la route chez eux, la tentation peut être grande pour certains établissements de conduite de se décharger totalement de l’enseignement du Code.
Pour autant, laisser les élèves se débrouiller seuls avec un programme informatique, aussi bon soit-il, n’est pas forcément judicieux. Si, à court terme, l’exploitant s’y retrouve bien évidemment financièrement en économisant sur les coûts d’exploitation et de l’emploi d’un enseignant, il risque bien, à plus long terme, de scier la branche sur laquelle sont assises les auto-écoles. Force est de constater que l’idée de retirer l’apprentissage du Code aux auto-écoles pour le confier à l’Éducation nationale revient régulièrement tel un serpent de mer. Une idée que les syndicats de la formation à la conduite condamnent fermement à l’unisson en expliquant que les auto-écoles réalisent des bénéfices sur les cours théoriques et non sur les leçons de conduite. En d’autres termes, si les établissements de formation à la conduite n’ont plus à gérer l’enseignement du Code, ils devront augmenter leurs tarifs, sous peine de mettre la clé sous la porte.
Autre argument de choc pour révoquer cette idée de retirer le Code aux auto-écoles, les syndicats font valoir l’expertise des établissements de conduite en terme d’apprentissage du Code. Mais encore faut-il proposer de vrais cours de Code ! Sur ce point, Michel Shipman, vice-président du CNPA rappelle d’ailleurs que « depuis 2009, les auto-écoles ont l’obligation de proposer des cours théoriques, même si les textes ne prévoient pas d’obligation pour les élèves de les suivre ! ».
De son côté, Didier Thomas précise que « les tests à faire sur téléphone portable proposés par ENPC sont différents des séries destinées à l’auto-école pour éviter que l’élève ne vienne plus à l’établissement de conduite parce qu’il a déjà fait les tests sur son portable ». Malgré tout, Didier Thomas estime que l’enseignement du Code de la route va très certainement « évoluer vers un enseignement à distance supervisé par un tuteur, même si l’on conservera la relation indispensable et irremplaçable d’un enseignant avec son élève ».
INTERNET : VRAIE RÉVOLUTION OU SIMPLE ÉVOLUTION ?
Si l’utilisation des nouvelles technologies simplifie la gestion des auto-écoles, constituent-elles pour autant une véritable révolution en matière de pédagogie pour les établissements de conduite ?
Pas forcément. Pour Didier Thomas, « la profession a connu les cartes perforées, les diapos, les CD-Rom, les DVD et a toujours su s’adapter à l’arrivée de nouvelles technologies. Je ne crois pas qu’Internet et que la technologie RFID constituent une véritable révolution pour les établissements de conduite en termes de pédagogie, mais plus une évolution inéluctable du métier ».
Sandrine Ancel
QU’EST-CE QUE LA TECHNOLOGIE RFID ?
La technologie de Radio Frequency IDentification, plus communément appelée RFID, utilise les ondes courtes et permet de transférer des données sans nécessiter aucun contact entre l’appareil qui envoie les infos et celui qui les reçoit. Utilisée pour le nouveau passage de l’épreuve théorique générale, cette technique a également été adoptée par Codes Rousseau et ENPC, dans le cadre des tests effectués par les élèves au sein de l’auto-école. Les élèves utilisent alors les nouveaux boîtiers développés par les deux éditeurs et il suffit de passer ces boîtiers sur le lecteur RFID pour remonter les résultats dans le logiciel de gestion.
QUE PROPOSENT LES ÉDITEURS ?
L’avenir réside dans la transmission rapide des données d’un outil à l’autre si possible sans utiliser de câbles pour relier des appareils entre eux. Les éditeurs l’ont bien compris et proposent tous leur propre système connecté tout en un, faisant appel à Internet et éventuellement à la technologie RFID.
• Codes Rousseau a développé Easysystème qui met en relation :
- Elgéa+, le logiciel de gestion ;
- Easyévaluation, le logiciel d’évaluation de départ ;
- Easypratique, le logiciel de suivi pédagogique embarqué à destination des enseignants de la conduite ;
- Easytest, le système permettant de faire des tests de Code en salle à l’aide des boîtiers ;
- et Easyweb qui permet aux jeunes de s’entraîner chez eux à l’ETG.
• Ediser a développé le PackWeb, un système tout en un qui centralise les informations issues :
- du logiciel de gestion de l’auto-école (AGX, Cilea, Davantages Informatique, Rapido, etc.) ;
- des exercices effectués en salle de code avec les boîtiers Teledis ;
- des exercices faits par l’élève chez lui pour s’entraîner à l’ETG ;
- des exercices réalisés sur le simulateur de conduite de l’auto-école ;
- des éléments que valide l’enseignant de la conduite sur sa tablette embarquée, le NomaPad ;
- des infos collectées par ExaPad, le logiciel permettant de faire des examens blancs de conduite et d’analyser ensuite avec l’élève, les plus et les moins de sa conduite durant le parcours.
• ENPC a développé ENPC concept, un système reliant :
- le logiciel de gestion (compatible AGX),
- les DVD dématérialisés (Démat),
- les exercices réalisés sur le simulateur de conduite ;
- les tests réalisés en salle avec les boîtiers DigiQuiz+ ou DigiQuizPro ;
- Prépacode, qui regroupe les cours et des tests permettant à l’élève de se préparer à l’ETG, sur un ordinateur ou sur son téléphone mobile ;
- Timeo, l’assistant pédagogique embarqué à destination de l’enseignant de la conduite ;
- Mon Espace élève, qui comme son nom l’indique permet à l’élève de suivre sa progression et d’accéder au calendrier des leçons.
• Planète Permis propose pour sa part :
- Rapido, son propre logiciel de gestion qui peut être connecté avec Eureka, son logiciel de pédagogie embarqué destiné aux enseignants de la conduite, et permet de récupérer les résultats des tests effectués via Mobipermis en utilisant directement le smartphone de l’élève.