Face à la situation dramatique vécue par les écoles de conduite, le syndicat Unic a lancé le 10 juin un mouvement d’envergure nationale de 10 jours, devant se conclure par une manifestation dans la capitale.
Branle-bas de combat ! L’Unic a lancé le 10 juin dernier l’opération « Relais solidarité auto-écoles »,
« au-delà de toute étiquette syndicale, pour l’intérêt général et la défense de la profession. » Cette action d’ampleur nationale avait pour but de « dénoncer l’inertie du gouvernement face à la nécessaire réforme de l’examen du permis de conduire. »
Qu’il s’agisse des délais d’attente à rallonge pour passer le permis, des charges de travail supplémentaires consécutives à Faeton, des délais d’enregistrement des dossiers qui s’allongent dans certains départements, ou encore de la concurrence déloyale des loueurs de voitures à doubles commandes, les écoles de conduite sont à bout.
AUCUNE PROPOSITION CONCRÈTE DU GOUVERNEMENT
« Depuis les manifestations de février, le cabinet du Ministre n’a rien fait, rien proposé, rien envisagé ! déplore Philippe Colombani, président de l’Unic. Dans le même temps, le gouvernement a par contre rapidement accepté la demande des inspecteurs de généraliser l’Annonce différée du résultat, sans aucune concertation avec les écoles de conduite. Le système formation/examen du permis de conduire a atteint son paroxysme et le problème du manque de places d’examens n’est toujours pas réglé. La profession est en grande difficulté économique (licenciements, dépôts de bilan). Pour les permis du groupe lourd, le constat est terrible puisque la situation bloque des candidats sans emploi, alors même que les entreprises de transport cherchent des chauffeurs. Il n’y a plus d’autre solution que de changer radicalement de système. »
L’Unic a donc décidé de passer à la vitesse supérieure. La vague nationale d’actions lancée le 10 juin a démarré dans plusieurs départements (Alpes-Maritimes, Essonne, Finistère, Pyrénées-Atlantiques, Pas-de-Calais).
À Évry, l’Unic a manifesté devant la préfecture de l’Essone, avec l’appui de quelque 200 véhicules auto-écoles klaxonnant à tout va, dont de nombreux poids-lourds. Philippe Colombani a rencontré le secrétaire général de la préfecture de l’Essonne, lui remettant les propositions de son syndicat (création d’un établissement public du type EPIC ou EPA, voire privatisation de la production de places d’examens, création d’un droit à l’examen assorti d’une obligation de formation, mise en place d’un Ordre national de la profession, publication sans délai de l’arrêté de réglementation de l’apprentissage libre…). Celles-ci ont été transmises au ministre de l’Intérieur Manuel Valls, avec lequel l’Unic a exigé un entretien dans les plus brefs délais.
CONVERGER VERS PARIS LE 20 JUIN
Le 10 juin, d’autres manifestations se sont déroulées à Brest, Calais, Pau et Nice, complétées les jours suivants par des actions à Bordeaux, Lens, Poitiers, Saint-Étienne et de nombreuses autres villes. Des « totems » placés au-dessus des véhicules auto-école, symboles de la lutte, sont ainsi partis des 4 coins de l’Hexagone au cours d’une opération escargot de 10 jours, traversant villes et régions. L’objectif final était de faire converger tous les participants vers une grande manifestation dans la capitale le 20 juin.
À l’heure où nous mettons sous presse, cette opération suivait son cours avec comme but avoué de rencontrer Manuel Valls à Paris, le 20 juin au plus tard.
C. S.