À Lons-le-Saunier, une traductrice multilingue assiste les élèves d’une auto-école qui ne parlent pas français dans leur formation au permis de conduire.
L’auto-école Caroll’s, située à Lons-le-Saulnier (Jura), est une école de conduite un peu particulière. Elle emploie en effet, deux heures par semaine, une traductrice en plusieurs langues (turc, allemand, anglais, azéri, russe, turkmène et ouzbek), afin d’aider les élèves qui ne parlent pas français, relativement nombreux dans la région. Née au Turkménistan (Asie centrale), Kunduzhan Bouillon est en France depuis 2006, officiant comme traductrice-interprète à l’office français d’immigration et d’intégration de Besançon. « Nous avons en effet quelques élèves qui ne parlent pas français », explique Caroline Ollivier, la gérante de l’établissement. « Sans l’aide de Kundizhan, ces derniers ne seraient pas en mesure de préparer et passer l’examen. »
Une ex-élève de l’auto-école
« Ancienne élève de l’auto-école », explique Kunduzhan, « je me suis rendue compte que je pouvais me rendre utile en aidant les élèves qui ne parlent pas français – et notamment ceux d’origine turque – à suivre leur formation, et notamment comprendre et apprendre le Code en Français. En leçon de Code, je traduis tous les propos de Caroline Ollivier. Je prends également part aux premières heures de conduite des élèves. C’est enrichissant de stimuler leur motivation. »
Kunduzhan a même fait profiter de son expérience en matière de langues à Caroline Ollivier. Comme le précise cette dernière, « j’arrive désormais à me débrouiller avec la centaine de mots de vocabulaire que Kunduzhan m’a appris. Ce qui me permet, en conduite, d’apprendre aux élèves les termes de base (à droite, à gauche, les différents stationnements ou priorités, etc.) ».
Les élèves passent l’examen soit en candidat non francophone, avec un autre interprète agrémenté, soit en candidat francophone si leur niveau en français le permet. « Cela se passe en général plutôt bien, même si la partie de conduite autonome peut s’avérer un peu ardue, par exemple si l’élève ne comprend pas la « grande direction » à suivre indiquée par l’inspecteur », souligne Caroline Ollivier.
C. S.