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flag Mouvements sociaux — Juillet 2007

-Calvados-
Les délais d’attente au cœur du mécontentement


Une centaine de personnes – auto-écoles et candidats au permis – ont manifesté début juin à Caen pour dénoncer les longs délais d’attente dans le Calvados.

Le 8 juin, à l’occasion de la traditionnelle réunion semestrielle avec la direction départementale de l’équipement, des auto-écoles du Calvados, accompagnées de candidats au permis et de parents d’élèves, ont manifesté à Caen pour dénoncer les délais d’attente aux examens. Une centaine de personnes étaient ainsi réunies, selon le Collectif 14, organisation qui a appelé au mouvement. « Nous avons bloqué l’accès au parking de la DDE, pour montrer aux agents de la DDE que nous, nous avons des problèmes de places d’examens et qu’eux allaient avoir des problèmes de places de parking », ironise Benoît Graindorge, porte-parole du collectif, avant de préciser que « les délais d’attente vont – en fonction des auto-écoles – de 4 à 6 mois ».

UN COEFFICIENT DE 1,5 DEMANDÉ
« Nous demandons à la préfecture et à la DDE de nous appliquer un coefficient de 1,5 toute l’année. En avril et mai, nous avons eu un coefficient de 1,2 et en juin de 1,3. L’été est la pire des périodes : c’est le moment où le coefficient est le plus faible et où il y a le plus grand nombre de candidat. En 2006, nous avons ainsi eu un coefficient de 1,1 en juillet et de 1 en août ! », alerte Benoît Graindorge. Conséquence : « Nos candidats arrivent dans un fort état de stress, tellement ils ont la pression des délais d’attente. Pour les auto-écoles, la situation est catastrophique : certaines commencent à licencier, voire même à fermer ».
L’une des solutions, pour le collectif, consiste donc à recentrer le travail des inspecteurs sur les examens : « Beaucoup d’inspecteurs sont assignés à des tâches administratives. Ils sont envoyés dans les auto-écoles pour les contrôler dans le cadre du permis à 1 euro par jour. Nous ne refusons pas les contrôles, mais dans le contexte actuel de manque de places d’examens, ce n’est pas judicieux », estime Benoît Graindorge.

REÇU À LA PRÉFECTURE
En manifestant et en alertant les médias, le Collectif 14 – qui a été créé il y un peu plus d’un an et revendique 70 % des auto-écoles du département – a voulu changer le rapport avec l’administration : « Les réunions semestrielles avec la DDE n’apportent rien. On nous écoute, mais il n’y a pas d’actions concrètes engagées. Lors de la réunion du 8 juin, notre mobilisation a changé le dialogue. Interviewé par France 3, un responsable de la DDE a précisé qu’il débloquerait des matinées administratives pour éviter le pic de candidats en attente en été ». À la suite de la manifestation, un membre du collectif a également été reçu par le cabinet du préfet, le 12 juin. Sinon, toujours pareil : « on nous écoute, mais il n’y a pas de retombées ». Le combat continue donc : « Nous allons réfléchir pour préparer une autre action plus importante dans les semaines qui viennent ».

B. H.



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