Dans le Puy-de-Dôme, plusieurs auto-écoles ont protesté en juin dernier contre l’allongement des délais pour passer le permis en bloquant un centre d’examen à Clermont-Ferrand.Le 11 juin dernier, une trentaine d’enseignants a bloqué pendant près d’une heure l’accès au centre d’examen de Gandaillat, au Brézet (zone industrielle de Clermont-Ferrand) empêchant les inspecteurs de quitter le centre en voiture. Ils protestaient contre l’allongement des délais pour passer ou repasser le permis, qui entraîne le mécontentement des élèves vis-à-vis des auto-écoles. Ainsi, ils réclamaient l’augmentation du nombre d’inspecteurs ou encore la possibilité pour ces derniers d’effectuer des heures supplémentaires.
UNE BONNE MOBILISATION DE LA PROFESSIONMax Dubois, président du Groupement des auto-écoles, une association indépendante regroupant diverses auto-écoles de la région clermontoise, a ainsi déploré (dans le quotidien local La Montagne) « le manque de places et le fait qu’elles ne soient pas prévues suffisamment à l’avance, ce qui nous empêche de préparer correctement nos élèves ».
Selon Denis Das Neves, gérant d’auto-école et membre du Groupement des Auto-écoles, « l’action du 11 juin a été une réussite. Nous avons réussi à mobiliser 35 véhicules auto-écoles sur les 50 que nous avions prévenues dans un délai de seulement 24 heures. L’administration n’a certes pas apprécié cette action, estimant que nous avions « pris en otage » les inspecteurs. Mais cela fait environ un an et demi que nous faisons part des problèmes de la profession à l’administration. Quelques réunions ont eu lieu ces derniers mois, mais rien n’a vraiment avancé pour autant. De plus, on nous « jette à la figure » nos soi-disant mauvais taux de réussite, ce qui est très réducteur ».
LES AVANCÉES OBTENUESL’action du 11 juin a débouché sur une réunion avec la préfecture le lendemain, le 12 juin, qui a permis aux auto-écoles d’obtenir des crédits complémentaires pour les inspecteurs qui veulent effectuer des heures supplémentaires (6 volontaires), ainsi qu’un recentrage des inspecteurs sur le passage du permis. « Nous avons eu le sentiment d’être entendus mais nous comptons rester à l’affût », conclut le Groupement des auto-écoles.
UN EXAMEN TROP DIFFICILE ET PAS ASSEZ HOMOGÈNEParallèlement aux problèmes quantitatifs de places d’examens s’ajoutent des aspects plus qualitatifs. Selon Max Dubois, « l’examen est trop difficile. Nos élèves ne sont pas plus bêtes qu’avant, mais très souvent ils sont confrontés au cours de l’examen à des situations particulièrement ardues ». De plus, ajoute Denis Das Neves, « nous estimons qu’il existe de grandes disparités lors de l’examen selon les candidats. Il faut homogénéiser au maximum l’examen en respectant scrupuleusement la procédure d’évaluation établie par le ministère (épreuve de 35 minutes, vérification extérieure, vérification intérieure, etc.), afin que chaque candidat ait les mêmes chances, quelle que soit l’auto-école, l’inspecteur et le centre d’examen ».
Christophe Susung