Manque de places d’examens, délais d’attente trop longs entre deux examens, manque d’inspecteurs. Les auto-écoles se sont mobilisées dans plusieurs départements pour protester contre ces entraves à leur activité, en organisant des manifestations et en appelant les élèves à signer des pétitions. Le problème de la pénurie de places d’examens n’est certes pas nouveau mais le malaise qu’il engendre pour les auto-écoles et leurs élèves ne cesse de s’accentuer. À tel point qu’un grand nombre d’écoles de conduite a organisé des manifestations dans diverses régions de France. Voici un panorama non exhaustif de plusieurs d’entre elles ayant eu lieu ces dernières semaines.
MORBIHAN : EN QUÊTE DE PLACES D’EXAMENSLe 16 juin à Lorient, 55 auto-écoles et 150 manifestants (élèves, parents) se sont rassemblés pendant deux heures devant la sous-préfecture de Lorient, avec leurs véhicules. Pour Jacques Renault, délégué régional de l’Unic dans le Morbihan, « il s’agissait d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur le problème du manque flagrant de places d’examens. C’est l’administration qui doit s’adapter aux besoins des citoyens, et non l’inverse. La manifestation avait aussi pour but de s’opposer à la nouvelle méthode d’attribution des places d’examens, qui doit être mise en place dans le Morbihan d’ici fin 2007, et qui ignore totalement les personnes ayant échoué.
Cette action sera suivie régulièrement d’autres manifestations dans le Morbihan (une fois par mois, à chaque fois dans une ville différente), auxquelles sont également conviés nos élèves. Il ne s’agit pas de bloquer la circulation, mais de mobiliser un maximum de candidats qui se rendront compte que les auto-écoles sont avec eux pour la formation et pour la quête de places d’examens. Nous nous efforçons de fédérer davantage la profession en unissant nos forces avec d’autres syndicats ». La prochaine manifestation est prévue à Pontivy le 9 juillet. Les revendications restent les mêmes : « plus d’examens, être reçu au ministère en charge des Transports, opposition à la nouvelle répartition ».
TOULOUSE : SIT-IN CONTRE LA NOUVELLE MÉTHODE Aucun véhicule auto-école, mais simplement une cinquantaine de gérants et moniteur d’écoles de conduite (adhérentes ou non à un syndicat) ont effectué un « sit-in » le 16 juin sur la place du Capitole à Toulouse, en allant à la rencontre des élèves et de leurs parents, ainsi que des passants, afin de leur remettre des tracts les informant sur « les dangers » de nouvelle méthode d’attribution des places d’examens. « Cette méthode, effective depuis le 1er juillet en Haute-Garonne, est injuste et discriminatoire. Elle revient à nous obliger à ne présenter que des premières demandes », estime Sylviane Mazel, déléguée de l’Unic en Haute-Garonne. Des pétitions contre cette méthode ont été signées, avant d’être envoyées à Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, qui la présentera au ministère chargé des Transports ».
SAÔNE-ET-LOIRE : UNE PÉTITION CONTRE LE MANQUE DE PLACES D’EXAMENSSylvie Mougin, déléguée de l’Unic en Saône-et-Loire, et gérante d’une auto-école à Cluny, a fait paraître dès le 15 juin une pétition dans le quotidien régional Le Journal de Saône-et-Loire. L’objectif est d’abord de faire comprendre que les auto-écoles ne sont pour rien dans les attributions de places d’examens, puis d’inviter les élèves mécontents des longs délais d’attente à retourner la pétition signée. Cette dernière sera transmise au président de la République, Nicolas Sarkozy.
Autre pétition, celle de l’Unidec, mais au niveau national. Jean-Louis Bouscaren, président de l’Unidec, précise : « nous ne sommes pas à l’origine des diverses manifestations contre le manque de places d’examens, mais nous laissons le libre choix à nos adhérents d’y prendre part ou non. Beaucoup l’ont d’ailleurs fait. Néanmoins, nous ne restons pas inactifs pour autant. Nous avons lancé en mai un « manifeste », c’est-à-dire une pétition signée par les élèves mécontents de subir de longs délais d’attente pour passer les examens. Cette pétition sera transmise aux députés de l’Assemblée nationale ».
Christophe Susung