-Premiers secours- Ayez les bons réflexes et les bons gestes !
Sous l’effet du stress (première leçon de conduite, examen blanc), un petit malaise est vite arrivé ! De plus, vous pouvez être témoin d’un accident de la route. Dans toutes ces situations, les premières décisions prises sont essentielles.
Une dizaine d’heures suffit pour réaliser correctement les cinq gestes clés permettant de réagir correctement dans plus de 90 % des urgences rencontrées. Mais pour ceux qui n’ont pas encore eu le temps de suivre la formation de secouriste, voici les conseils Dr Éric Torres, médecin commandant sapeur-pompier*, pour savoir comment réagir vite et bien !
> UN ÉLÈVE EST PÂLE ET EN SUEURS • Les bons gestes : arrêtez-vous immédiatement sur le bas côté et garez la voiture. Demandez-lui s’il n’a pas sauté de repas (a fortiori le petit-déjeuner si vous donnez un cours le matin) car un malaise hypoglycémique – dû à la chute du taux de sucre dans le sang – est fréquent. S’il répond par l’affirmative, donnez lui à manger ou à boire quelque chose de sucré (ne serait-ce que des morceaux de sucre) et envoyez-le déjeuner. Il n’est pas sérieux de poursuivre un cours dans ces conditions ! Méfiance également avec les jeunes filles en quête de minceur et qui suivent des régimes trop restrictifs à l’approche des beaux jours ! • Pour quoi faire ? : quelques morceaux de sucre suffisent à redresser une hypoglycémie trop basse. L’effet est très rapide. • En attendant les secours : inutile de les prévenir pour un simple malaise hypoglycémique, sauf si votre élève vous dit être diabétique ou si au lieu de s’améliorer rapidement, son état s’aggrave.
> UN ÉLÈVE S’ÉVANOUIT, MAIS RESPIRE NORMALEMENT • Le bon geste : ce n’est pas forcément grave. Il peut même s’agir d’un simple malaise vagal, surtout si votre élève est émotif, s’il manque de sommeil ou si l’habitacle est surchauffé par exemple. Mais comme vous n’êtes pas là pour poser un diagnostic, occupez-vous de garer la voiture en urgence, d’éteindre le moteur et de sécuriser votre élève. Pour cela, sortez-le et mettez-le en position latérale de sécurité : cela consiste à l’allonger sur le trottoir, sur le côté, la bouche ouverte vers le sol. Puis à fléchir sa jambe du dessus à angle droit avec le genou qui prend appui sur le sol et à replier le bras du dessus en venant glisser sa main entre la joue et le sol. • Pour quoi faire ? : chez une personne ayant perdu connaissance, ça évite la chute de la langue en arrière et empêche que des aliments passent dans les bronches, en cas de vomissements. • En attendant les secours : restez à ses côtés pour vérifier qu’il respire normalement, c’est-à-dire, que son thorax se soulève bien au même rythme que le vôtre. Sinon, un massage cardiaque s’impose.
> UN ÉLÈVE S’ÉVANOUIT ET CESSE DE RESPIRER • Le bon geste : c’est le massage cardiaque. Sortez-le de la voiture et allongez-le car vous ne pouvez masser une personne assise. Appuyez sur le sternum, entre les deux seins, au rythme de 100 fois par minute, ce qui est très rapide. Ne craignez pas de le masser à tort : à partir du moment où une personne est inconsciente et que sa respiration est arrêtée – son thorax ne se soulève plus du tout– il y a forcément des répercussions sur son rythme cardiaque. • Pour quoi faire ? : si votre élève s’est écroulé sous vos yeux et que vous réagissez immédiatement, le massage cardiaque externe va aider à maintenir une circulation minimale mais suffisante, le temps que le médecin urgentiste arrive pour le réanimer. Cela peut donc suffire à lui sauver la vie. Sont surtout concernés les élèves de plus de 40 ans, fumeurs (ou les moniteurs !) qui peuvent faire un infarctus du myocarde. • En attendant les secours : continuez à masser sans vous arrêter. N’espérez pas un retour à la normale, encore moins voir votre élève se relever ! Le massage cardiaque sert uniquement à le maintenir en vie jusqu’à ce qu’un urgentiste prenne le relais …
> VOUS ÊTES TÉMOIN D’UN ACCIDENT DE LA ROUTE • Les bons gestes : il faut Protéger. Alerter. Et secourir. En effet, le pire scénario serait que de nouvelles collisions se produisent. Placez donc des triangles de sécurité environ 100 mètres avant le carambolage ou garez-vous à ce niveau, avec les feux de détresse allumés. Coupez les moteurs des véhicules accidentés et interdisez aux fumeurs inconscients d'en griller une. Sur l'autoroute, dites aux personnes impliquées dans l’accident, mais non blessées, d'aller se réfugier derrière la rambarde de sécurité. Il vous faut ensuite donner l'alerte en appelant les secours d'urgence. Précisez le lieu exact de l'accident – ville, rue, point de repère connu, sens de l'autoroute– le nombre de véhicules impliqués, le nombre de victimes et leur état approximatif : conscientes ou pas, blessures visibles ou non, hémorragies extériorisées ou pas, etc. S'il existe un danger particulier – par exemple, une voiture en feu– précisez-le. Ne raccrochez pas avant d'être certain que votre interlocuteur a bien compris vos indications ! Rendez-vous enfin auprès des blessés en commençant par les plus gravement atteints. Ne déplacez personne, sauf péril imminent (incendie, fumées toxiques, éboulement) ou encore, si l'accidenté est en arrêt cardiaque car on ne peut faire un massage efficace sur une personne assise. Ne retirez pas son casque à un motard blessé – sauf s'il ne respire plus et nécessite un bouche à bouche–, car vous risquez de bouger la colonne vertébrale ou les os du crâne et faire plus de mal que de bien. Mais ouvrez sa visière. • En attendant les secours : votre mission accomplie, pas question de prendre la poudre d'escampette, d’autant que si vous avez vu ce qui s’est passé, votre témoignage sera fort utile pour établir les responsabilités. Restez aux côtés des blessés pour les rassurer jusqu'à l'arrivée des secours. Votre élève peut (doit) vous seconder, d’autant qu’il a normalement bénéficié de cours théorique sur ce sujet, avec ses leçons de code.
> LES AUTRES PETITS INCIDENTS COURANTS ! • Saignement de nez : c’est plus impressionnant que grave, sauf pour votre banquette. Demandez à l’élève de se moucher et de pencher légèrement la tête en avant afin que le sang s'évacue par la narine (et non dans la gorge). Puis, dites-lui d’appuyer fortement avec deux doigts sur sa narine qui saigne, pendant au moins deux minutes. Si ça ne suffit pas, il doit recommencer en comprimant dix minutes. Seuls les saignements intarissables ou s'accompagnant de signes de gravité (sueurs, pâleur, malaise) a fortiori si l’élève vous dit prendre des anticoagulants ou être hémophile, méritent l’appel des secours. • Piqûre par un insecte rentré dans l’habitacle : si piqûre de guêpe il y a, approchez une source de chaleur – sans vous brûler – à proximité de la plaie car leur venin est détruit par le chaud. Retirez le dard avec une pince à écharde, désinfectez et si vous en avez, proposez une pommade antihistaminique. Le seul gros risque concerne les élèves allergiques aux piqûres d’insectes. Normalement, ceux-là transportent sur eux en permanence de l’adrénaline sous forme injectable. En cas de malaise avéré et durable, il faut l’utiliser sans attendre l’arrivée des secours. • Coup ou bosse en cas de freinage d’urgence : votre élève ayant bouclé sa ceinture de sécurité, le choc ne devrait pas être bien méchant. Proposez-lui de l’Arnica en crème ou en granules homéopathiques s’il préfère (5 granules d’Arnica 9CH sous la langue dans l’immédiat). Il n’y a pas de contre-indication, même chez une femme enceinte. Dernier conseil : gardez ce texte dans votre boîte à gant pour l’avoir sous la main en temps utile !
Nathalie Szapiro
* À écouter en voiture : « Mieux qu’Urgences à la télé ! » un CD audio d’Éric Torres* et de Théo Mertens, 8 €aux éd. Urgences pratiques et publications, 04 67 73 53 61.
DANS VOTRE TROUSSE D’URGENCE…
Vous n’avez pas pour vocation de jouer les infirmiers, mais une petite trousse d’urgence peut rendre de gros services ! Bon à avoir : des morceaux de sucre au cas où un élève qui n’a pas eu le temps de déjeuner aurait la tête qui tourne (malaise hypoglycémique probable), des lingettes imbibées d’un antiseptique transparent et sans alcool, quelques compresses, un rouleau de sparadrap hypoallergénique, quelques pansements, de l’arnica, des pipettes de sérum physiologique à usage unique pour déloger une poussière dans l’œil et une crème anti-histaminique contre les piqûres d’insectes.
LES 3 ERREURS À NE PLUS FAIRE !
1/ Ne rien tenter sous prétexte que vous n'êtes pas secouriste. Si vous ne faites rien et que votre élève est en arrêt cardiaque, de toute façon, ça finira très mal pour lui. La seule chance qu’il ait de s’en sortir est que vous tentiez un massage, même si vous n’êtes pas « pro ». 2/ Faire du bouche-à-bouche. L’expérience montre que sans formation, le grand public ne sait pas s’y prendre. C’est pourquoi les recommandations actuelles sont de vous concentrer sur le massage cardiaque : si déjà vous le faites à peu près correctement, c’est essentiel. 3/ S’arrêter au bout de 10 minutes sous prétexte que votre élève reste inconscient. Il faut vraiment continuer jusqu’à l’arrivée des secours, faute de quoi, c’est comme si vous n’aviez rien fait. De même, on ne quitte pas une personne victime de malaise ou blessée, même si elle se sent mieux : on reste à son chevet jusqu’à ce que les urgentistes prennent le relais.
QUI APPELER ?
• Le 18 pour toutes les urgences de secours survenant sur la voie publique (feu, inondation, accident de voiture, etc.). • Le 15 ou le 112 pour toutes les urgences médicales pédiatriques et adultes, y compris les empoisonnements. • Dans le doute, appelez le 15, le 18 ou le 112 : ces numéros sont tous interconnectés.
Plusieurs organismes tels que les Pompiers et la Croix Rouge, proposent une formation de base ouverte à tous. • En combien de temps : 10 à 12 heures pour une formation de base. • À quel coût : de 50 à 80 euros. • Plus d’informations : appelez l’Union départementale de sapeurs-pompiers (UDSP) pour connaître les dates des prochaines formations (http ://pompiers.fr). • Pour en savoir plus sur les formations proposées par la Croix Rouge : http ://www.croix-rouge.fr. À noter que la Croix Rouge française édite « Les gestes qui sauvent », un petit livre savamment illustré et expliquant les gestes à pratiquer dans diverses situations.< !--[if gte mso 10]>