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school Formation — Décembre 2012

- Formation -
Bientôt la fin du Bepecaser ?

Depuis 2007, l’annonce de la réforme prochaine du Bepecaser revient tel un serpent de mer sans qu’aucune présentation officielle du nouveau dispositif ne soit faite. Alors qu’en est-il vraiment ?

Attention, dossier classé top secret ! Une chose est sûre, plusieurs réunions de travail ont réuni certains représentants de la profession et ceux de l’État. Mais rien n’étant validé, la plupart des acteurs des négociations ne veulent rien laisser filtrer de peur de froisser certaines susceptibilités et de voir le dossier capoter.
Sans dévoiler l’essence même de ce qui pourrait remplacer le Bepecaser, on peut cependant en donner les grandes orientations. Premièrement, force est de constater que l’activité en auto-école ne cesse d’évoluer et que le Bepecaser n’est plus forcément adapté à la profession qui ne se contente plus de former au permis de conduire, mais intervient désormais dans le cadre d’un continuum éducatif. Deuxièmement, le Bepecaser est un diplôme de niveau IV (niveau Bac) non reconnu en dehors de la profession, ce qui ne favorise pas les évolutions de carrière et ne contribue pas à donner aux enseignants de la conduite une reconnaissance sociale. C’est pourquoi le Bepecaser serait remplacé par un titre professionnel de niveau Bac + 2 ans bâti sur un référentiel des actions et compétences d’un enseignant de la conduite, dépendant à la fois du ministère des Transports et de celui du Travail.

UNE FORMATION PLUS COMPLÈTE ET PLUS CONCRÈTE
Pour obtenir le titre, il faudrait valider deux modules, l’un portant sur la formation initiale de la conduite et le second sur les actions en relation avec la sécurité routière, ce qui permettrait d’élargir les compétences des détenteurs du titre. Il serait par la suite possible de passer la mention deux-roues et/ou groupe lourd pour les enseignants souhaitant se spécialiser dans l’une ou les deux disciplines. Plus complète, cette formation se veut également plus concrète en permettant à l’apprenti moniteur d’être plus vite en contact avec la réalité du terrain, en favorisant, par exemple, la voie du contrat de professionnalisation et en permettant au futur enseignant de s’impliquer réellement dans l’activité de l’auto-école, contrairement à ce qui ce fait aujourd’hui, puisque le futur Bepecaser en contrat de professionnalisation n’a pas le droit de donner des cours, seul. Il doit se contenter d’observer ou être en permanence sous le contrôle d’un tuteur. Mais pour cela, il faut modifier plusieurs points de réglementation. Ce qui n’est pas une mince affaire et explique que le titre professionnel n’a toujours pas été validé à ce jour.
Enfin, dernier intérêt de cette réforme et non des moindres pour les auto-écoles, les formations pourraient débuter à n’importe quel moment de l’année, ce qui signifie que de nouveaux moniteurs arriveraient sur le marché du travail tout au long de l’année, contrairement à ce qui se passe à l’heure actuelle avec les sessions fixes du Bepecaser. Une bulle d’oxygène pour les exploitants désespérément à la recherche de moniteurs.
Si tout se passe bien et que le titre professionnel est validé comme convenu, le Bepecaser pourrait prendre fin en 2014 pour laisser place à ce fameux titre professionnel ; 2014 serait alors une année de transition. Dans le cas contraire, le Bepecaser continuerait à être délivré, du moins jusqu’à l’échéance de son agrément ministériel.
S. A.






À QUAND UNE FORMATION CONTINUE OBLIGATOIRE POUR LES MONITEURS ?
Si les exploitants ont l’obligation de suivre tous les 5 ans un stage de 3 jours, intitulé « Réactualisation des connaissances », pour obtenir l’attestation indispensable au renouvellement de leur agrément, les enseignants de la conduite n’ont pour l’heure aucune obligation de formation continue.
Certes la mesure n°15 de la réforme du permis de conduire dévoilée le 13 janvier 2009 par le gouvernement Fillon prévoyait qu’à l’instar des gérants, les enseignants de la conduite devraient suivre obligatoirement une formation continue « de manière à permettre un déroulement de carrière des enseignants de la conduire ». Près de 4 ans plus tard, la mesure n’est toujours pas appliquée. Mais à y réfléchir, cela n’a rien d’étonnant. Cela paraîtrait même un peu illogique de définir le contenu et de mettre en place une formation continue obligatoire pour les enseignants de la conduite, alors même que la réforme de leur formation initiale n’a pas encore été actée.
Pour autant, rien ne vous empêche d’envoyer vos moniteurs suivre une formation pour compléter leurs connaissances. Les groupements comme l’ANPER, CER et ECF ou encore des organismes privés comme Davantages Formation proposent une vaste palette de stages qui peuvent être financés en partie ou en totalité par l’ANFA (Association nationale pour la formation automobile). À moins que vous n’utilisiez le DIF (Droit individuel à la formation). Rappelons, en effet, que chaque salarié d’une auto-école a droit à 20 heures par an de droit individuel à la formation, à condition d’être en CDI et de présenter au moins 1 an d’ancienneté. Les droits acquis annuellement peuvent se cumuler sur 6 ans. Au terme de cette période et à défaut d’avoir utilisé tout ou partie de ces droits, le DIF est plafonné à 120 heures. Ce serait dommage de ne pas en profiter.


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