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handshake Congrès professionnels — Décembre 2012

- 5e congrès « Route et Médecine » -
L’ACMF veut un apprentissage des gestes de secours lors du p

L’Automobile Club médical de France (ACMF) qui vient de fêter ses 60 ans, a tenu son 5e congrès « Route et Médecine » les 22 et 23 novembre derniers, à Paris.


Treize minutes. C’est selon, le Dr. Philippe Lauwick, président de l’ACMF, le délai moyen d’intervention des secours professionnels. « Pendant ces 13 minutes, un certain nombre de circonstances peuvent entraîner la mort de la victime. » Pour éviter des décès, le Dr. Lauwick est formel : il faut exiger « que des gestes simples et élémentaires puissent être connus de l’ensemble des Français ». Aussi l’ACMF demande qu’une formation courte aux premiers secours soit intégrée lors de la préparation au permis de conduire.

SAUVER 300 VIES PAR AN AVEC DES GESTES SIMPLES
Mais dans un premier temps, l’ACMF va lancer du 11 au 17 février prochains, la semaine nationale 300 vies. L’objectif clairement affiché est de sauver 300 vies en mobilisant les jeunes, premières victimes des accidentés de la route. L’opération prend la forme d’une vidéo de sensibilisation aux gestes de premiers secours diffusée sur Internet, associée à une campagne de mobilisation via les réseaux sociaux. Objectif : 150 000 « Like » sur Facebook !

PRIVILÉGIER LES SOLUTIONS PRÉVENTIVESPLUTÔT QUE CURATIVES POUR LES AÎNÉS
Outre les jeunes et les premiers secours, l’AMCF s’est intéressée aux seniors. La société vieillit. Les conducteurs aussi. René Amalberti rappelait à partir d’un document de l’IFSTTAR de Lyon que 49 % des personnes de plus de 65 ans et 29 % des personnes de plus de 75 ans conduisent tous les jours, 10 % des hommes et 24 % des femmes de plus de 70 ans ainsi que 36 % des hommes et 58 % des femmes de 80 ans n’ont plus de voiture.
Chez les personnes âgées, on constate un abandon progressif de la conduite. Quand il s’agit de troubles physiques (par exemple, des rhumatismes), la personne âgée en a conscience et elle va réguler sa conduite. Mais cela semble moins vrai quand il s’agit de déficits cognitifs, en particulier lorsque ce sont des pathologies de type Alzheimer qui vont réduire les capacités attentionnelles. Dans ces conditions, une visite médicale généralisée pour les séniors semble être une solution tentante. La position de l’ACMF sur ce point prend le contre-pied d’idées semblant faire consensus. Les médecins estiment en effet qu’aucun argument épidémiologique ne permet de valider cette option. Pire, les retours d’expérience des pays étrangers qui ont validé un tel système, n’emportent pas non plus la conviction de leur efficacité, comme le rappelait Emmanuel Lagarde de l’INSERM, références d’études à l’appui.
« C’est très dangereux de vouloir stigmatiser les personnes âgées, s’insurge pour sa part, le Dr. Henri Julien (administrateur de l’ACMF et coauteur du rapport de l’Académie de Médecine sur « le secourisme en France »).
Il avait été envisagé un moment de demander au médecin traitant de signaler les personnes dangereuses au volant mais évidemment un médecin ne sait pas à partir de quel moment un usager devient « dangereux ». L’arrêté de 2010 donne bien un certain nombre de règles mais je n’ai pas une certitude absolue. Si je devais signaler à la préfecture tous mes patients alcooliques, j’écrirais à la préfecture tous les jours. Un contrôle systématique exercé par le médecin traitant pourrait avoir comme conséquence qu’un certain nombre de patients cacheront à leur médecin leur pathologie. Un patient ferait une crise d’épilepsie dans son coin, un autre des hypoglycémies, un autre encore une cataracte en ayant peur de se faire opérer et n’en parlerait plus de crainte de se voir interdire la conduite car la conduite, quoi qu’on dise, c’est la vie ».
Jean-Claude Huant





VISITES MÉDICALES : MENTIONS « INAPTE » ou « INEPTE » ?
Si un professionnel de la route est atteint d’une « affection incompatible avec le maintien de son permis de conduire », les médecins experts lui délivreront un avis médical défavorable. Conséquence : perte du permis et sans doute de l’activité professionnelle. Que dire d’une décision médicale qui empêche un conducteur de se mettre lui et les autres usagers en danger ? Rien, bien sûr. En revanche, si le conducteur estime à tort ou à raison que la décision du Préfet est injustifiée, il pourra saisir le tribunal administratif.
En droit, les magistrats exigeront alors que la décision du Préfet soit « motivée », entendez qu’elle soit explicitée. Le hic, c’est que le Préfet ne peut sans trahir le secret médical expliquer en détails les déficiences de l’état de santé du conducteur concerné. Conséquence :
à chaque fois qu’un conducteur saisira le tribunal sur cette base, il aura gain de cause. C’est du moins ce qu’affirmait Pierre Stefanizzi, chef du Bureau du Permis de conduire à la DSCR lors de ce congrès. Il évoquait d’ailleurs pas moins de 90% d’annulations dans ce cas ! À quoi sert alors la visite médicale ? Plutôt que d’apposer la mention « inapte », celle « d’inepte » serait, en l’état, peut-être plus appropriée… 


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