Le 27 novembre dernier, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a annoncé officiellement la relance du Conseil national de la sécurité routière (CNSR). Cette instance de concertation ne s’était pas réunie depuis 2008.
« Le président de la République a décidé de faire de la sécurité routière une priorité nationale », a affirmé Manuel Valls, le 27 novembre dernier, pour justifier le relancement officiel du Conseil national de la sécurité routière (CNSR). En effet, à l’instar de la Commission européenne qui vise à réduire de moitié, en dix ans, le nombre de morts sur les routes en Europe, le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il donnait comme objectif de diviser par deux le nombre de victimes de la route en France, d’ici 2020. Ce qui signifie, passer sous la barre des 2 000 morts.
« Certes, je reconnais que c’est un objectif ambitieux, mais nous ne devons pas nous satisfaire de 4 000 morts par an. »
DEUX AXES DE TRAVAIL
Pour parvenir à l’objectif de descendre à 2 000 décès par an, Manuel Valls a donc fixé au CNSR deux axes de travail :
- les principaux facteurs accidentogènes : alcool, stupéfiants et vitesse,
- les personnes les plus exposées :
jeunes et usagers de deux-roues motorisés.
Concrètement, concernant la lutte contre la conduite sous l’emprise de l’alcool, Manuel Valls, a annoncé que le gouvernement allait « mettre à profit le report au 1er mars de l’obligation d’avoir un éthylotest dans chaque véhicule pour tester l’efficacité de ce dispositif. Pour l’heure, aucune décision n’est prise ». Ainsi, cette mesure pourra aussi bien être conservée qu’annulée.
Une autre concertation va porter sur la circulation des deux-roues sur la voie publique. Pour le moment, l’obligation de porter un brassard réfléchissant est suspendue.
Une réflexion sera également menée sur les divers dispositifs d’aides à la conduite, tels que les fameux systèmes assistants d’aides à la conduite qui informent de la présence de zones dangereuses, mais également d’autres technologies comme le projet LAVIA, qui consiste à limiter automatiquement la vitesse en fonction de la vitesse autorisée, ou encore sur les infrastructures routières.
PAS DE MULTIPLICATION DES RADARS
Enfin, si les radars ne sont pas jetés aux orties, loin de là, leur expansion devrait se tasser. En effet, le délégué interministériel à la sécurité et à la circulation routières, Frédéric Péchenard, a précisé que si 200 nouveaux radars devraient être installés sur les routes en 2013, le déploiement prévu au niveau national devrait arriver à son terme. Il est désormais plus question de remplacer les vieux radars par des neufs plus performants que de multiplier le nombre de machines. Ainsi, les traditionnels radars cabine de première génération devraient faire place à des radars tronçon ou des machines capables de faire la différence entre plusieurs véhicules (véhicules légers et véhicules lourds). Par ailleurs, le délégué a déclaré que certains radars pourraient être déplacés.
Enfin, questionné sur la politique de retrait ou pas des panneaux avertissant de la présence de radars, Frédéric Péchenard a reconnu qu’il
« faudra faire un choix d’unification qui consiste soit à remettre des panneaux avertissant de la présence de radars, soit d’installer systématiquement des radars pédagogiques ».
S. A.
QU'EST-CE QUE LE CNSR ?
• Le CNSR a pour rôle de préparer et d’évaluer la politique des pouvoirs publics en matière de sécurité routière. Il est notamment chargé d’adresser au gouvernement des propositions pour lutter contre la violence routière et de réaliser des contrôles permettant d’évaluer les actions mises en place chaque année.
• Présidé par Armand Jung, député du Bas-Rhin et auteur du rapport de la mission d’information relative à l’analyse des causes des accidents de la circulation et à la prévention routière, présenté en octobre 2012, ce nouveau CNSR comporte 51 membres, représentant l’État, les collectivités locales, des associations d’usagers, le comité des constructeurs français d’automobiles, mais aussi des experts représentants des entreprises et institutions intéressées par la sécurité routière, comme Gérard Acourt, président de ECF et Patrice Bessone, président du CNPA – formation du conducteur. Ces membres seront répartis dans diverses commissions de travail.
• Une fois les commissions de travail constituées, les membres du CNSR pourront se mettre au travail dès janvier 2013. Une première étape de présentation des réflexions étant fixée pour février 2013.