← Retour à la liste
school Pédagogie — Novembre 2012

- Pédagogie -
La Driv’cam, un pari gagnant


Une auto-école héraultaise utilise un tout nouveau concept pédagogique. Une caméra embarquée filme à la fois l’extérieur et l’intérieur du véhicule afin d’observer les comportements de l’élève au volant.

La Driv’cam est désormais une marque déposée. L’Auto Academy, une petite auto-école basée à Saint-Clément sur Rivière près de Montpellier, l’expérimente avec succès depuis le mois de septembre. Et les premiers retours s’avèrent très positifs.
« Nous avons détourné un produit qui à l’origine était destiné aux sociétés de tracking de véhicules », sourit Luc Creuze, co-gérant de l’établissement de conduite.
« Les responsables de la société Groupe Trajet, qui vendaient ce matériel, n’avaient jamais songé à cette utilisation nouvelle, précise-t-il. Mais ayant travaillé dans l’aéronautique, chez Airbus, je connaissais ce type de technologie, employée pour former les pilotes. Et j’ai commencé à réfléchir au concept ».

DÉBRIEFING À LA FIN DE CHAQUE COURS
L’intérêt de la Driv’cam est multiple. Elle permet d’avoir une vision d’ensemble du parcours de l’élève. Sa vitesse moyenne, son anticipation, ses réactions…
Elle inclut même un système de géolocalisation. Tout est décortiqué. « Nous prenons un quart d’heure à la fin de chaque cours pour faire un débriefing, qui est souvent très instructif. Certes l’élève perd en temps de conduite, mais il y gagne ailleurs. La caméra permet d’avoir un support visuel pour appuyer les remarques du moniteur », étaye Luc Creuze. Ce dernier a équipé ses deux véhicules Renault, une Clio et une Twingo, de son nouveau dispositif, moyennant
600 euros par caméra. « Nous payons également un abonnement annuel pour un logiciel, qui nous revient à environ 12 euros par mois. C’est un investissement que nous ne regrettons pas »,
savoure-t-il.

« GÉNÉRATION BRANCHÉE »
Si l’auto-école se réjouit de son pari gagnant, les élèves y trouvent également leur compte. « Globalement, ils ont été très agréablement surpris par la réussite de ce système. Ils ont accueilli cette nouveauté avec beaucoup d’enthousiasme et de curiosité. Il faut dire qu’ils font partie d’une génération très branchée sur les nouvelles technologies. Et puis, ils corrigent plus facilement leurs défauts quand ils les voient à l’écran », estime Luc Creuze. Car c’est bien l’intérêt pédagogique de la Driv’Cam qui a retenu son attention. « Pour les élèves en difficulté, cela leur montre à quel point il est nécessaire qu’ils prennent confiance en eux. Le déclic vient plus rapidement avec la caméra. Ils peuvent modifier des mauvaises habitudes, comme une vitesse trop lente, un manque d’attention dans les contrôles… », estime le gérant. Du côté des bons éléments, l’intérêt est plutôt de prévenir un excès de confiance selon Luc Creuze, qui se rappelle d’une anecdote : « un jeune assez doué pour la conduite avait tendance à mettre sans arrêt son bras par la fenêtre. Il le faisait de manière réflexe. Et en voyant son attitude sur le film, il en a pris conscience ».

PARENTS BLUFFÉS
Il se souvient aussi du cas d’un jeune conducteur qui « a totalement perdu ses moyens lorsqu’un véhicule a pris le giratoire en sens inverse ». « La vidéo était sans appel », tranche-t-il. Les jeunes ne sont pourtant pas les seuls à trouver leur bonheur dans ce concept. Les parents en sont ravis. « Lors des rendez-vous pédagogiques, on montre des petites séquences et ils sont bluffés », affirme l’instigateur du projet. S’il espère que sa nouvelle technologie l’aidera à attirer une nouvelle clientèle, Luc Creuze assure ne pas l’avoir fait pour l’argent.
« C’est plus dans une optique de comm’. Nous ne voulons pas répercuter l’investissement dans ce matériel sur nos tarifs », précise-t-il.
En revanche, l’Auto Academy pourrait bientôt servir d’intermédiaire avec les professionnels de la conduite. « La société qui produit cet équipement nous a donné carte blanche pour démarcher d’autres auto-écoles et leur vendre le produit. On servirait en quelque sorte d’intermédiaire, moyennant un intéressement d’environ 10 % », révèle Luc Creuze, précisant que « beaucoup de [ses] collègues sont intéressés ».
Assez simple d’utilisation pour peu de s’y connaître en high-tech, efficace pédagogiquement avec une vraie traçabilité au niveau des cours de conduite… Finalement, la Driv’Cam semble avoir tout du bon plan, même si certains moniteurs peuvent craindre le fait de se sentir épiés. Du côté de l’Auto Academy pourtant, tout le monde semble adhérer.

L. L.


Dans le même thème

SAM : un assistant pour l’apprentissage de la conduite des personnes malentendantes
Pimas a développé un système qui transcrit sur un écran, les consignes des enseignants de la conduite en icônes compréhensibles par les apprentis conducteurs malentendants.
Tenstar : un simulateur de conduite high-tech
Spécialisée dans la conception, le développement et la commercialisation d’outils de formation basés sur la simulation, la société suédoise, Tenstar Simulation, compte bien s’imposer en France avec son simulateur à la technologie et au réalisme très avancés.
Olivier Fretay, D-g de Codes Rousseau : « Former des conducteurs responsables n’est pas un produit,
Codes Rousseau vient de racheter Orata et de signer un partenariat avec Otopilot. Son directeur général, Olivier Fretay, nous présente les axes de développement de la société d’édition pédagogique sablaise.