Bien qu’elles aient annulé leurs mouvements de grève en raison de l’avancée des discussions sur leurs différents points de revendications, les auto-écoles attendent des actes.
En Guyane, le secteur de l’auto-école est en plein boom. Malheureusement, selon les syndicats, les moyens techniques et humains ne répondent plus aux besoins. « En 2007, nous présentions environ 2 000 premières demandes d’inscription à l’examen du permis de conduire. L’année dernière, ce chiffre grimpait à plus de 5 500. Pourtant le nombre d’inspecteurs n’a pas augmenté ! », déplore Audenay Roselmard, président du CNPA pour la Guyane.
Il s’agit là d’une première revendication : le recrutement de deux inspecteurs supplémentaires. « Nous nous contenterions d’un seul pour commencer », précise Audenay Roselmard.
UN NOUVEAU CENTRE D’EXAMEN À CAYENNELe CNPA réclame également un nouveau centre d’examen à Cayenne. « Aujourd’hui, les élèves n’ont droit qu’à un malheureux bout de trottoir ! », s’indigne Audenay Roselmard. Sur ce point, il est en passe d’obtenir gain de cause. « Un nouveau centre devrait ouvrir ses portes prochainement cité Césaire », se félicite-t-il. Au troisième rang de leurs doléances, les gérants d’auto-école déplorent que les étrangers en situation régulière ne puissent pas passer le permis. « L’autorisation de circulation ne suffit plus pour s’inscrire à l’examen. Il faut que les candidats aient une carte de séjour. Seulement ils n’y ont droit qu’à partir de 18 ans. Comment peuvent-ils alors s’inscrire en conduite accompagnée à 16 ans ? », s’interroge Audenay Roselmard. La préfecture a promis d’examiner la question.
CENTRES DE FORMATION ILLÉGAUXAu dernier rang de ses inquiétudes, le délégué CNPA se révolte de voir fleurir les centres de formation illégaux. « Il faut que la répression des fraudes les fasse fermer. Ils arnaquent les élèves en les inscrivant alors qu’ils ne peuvent pas leur obtenir de places à l’examen. Quand on sait que 30 % des conducteurs guyanais roulent sans permis, on voit qu’il y a urgence », défend-il. Les services de l’État se sont montrés à l’écoute, mais Audenay Roselmard veut maintenant qu’ils agissent. « Sans quoi, je ne pourrai plus repousser la grève et le blocage », conclut-il.
L. L.