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flag Mouvements sociaux — Juin 2012

- Drôme et Ardèche -
Inspecteurs non-remplacés : le ras-le-bol des auto-écoles


Les auto-écoles de la Drôme et de l’Ardèche ont manifesté fin mars devant la préfecture de Valence. Le motif de leur colère ? Le manque d’inspecteurs dans les deux départements et plus particulièrement le non-remplacement de ceux en arrêt maladie.

Lundi 26 mars, près d’une centaine d’auto-écoles de la Drôme et de l’Ardèche, accompagnés de candidats au permis de conduire, dont certains ont du mal à trouver du travail sans le précieux sésame en poche, ont manifesté à Valence (Drôme). Leur principale revendication était « que les inspecteurs malades soient remplacés. » En effet, suite à de nombreux départs en arrêt-maladie, seuls 3 inspecteurs sur 5 sont actifs en Ardèche et 5 sur 12 dans la Drôme ! Réunis sur le parking du supermarché Leclerc de Bourg-lès-Valence, le cortège a ensuite rejoint la préfecture de Valence.

DE NOMBREUX EXAMENS ANNULÉS
Comme l’explique Jean-Pierre Mounier, gérant de l’auto-école Planète (Valence), « la situation n’est déjà habituellement pas facile dans la Drôme, mais depuis quelques mois, cela a encore empiré, car il se trouve que beaucoup d’inspecteurs sont tombés malades. Cela a eu pour conséquence l’annulation de nombreuses sessions d’examens. Résultat, nous recevons quotidiennement des dizaines de coups de téléphone d’élèves et de parents qui ne comprennent pas pourquoi ça bloque. De plus, nous ne sommes prévenus qu’au tout dernier moment des examens annulés, ce qui fait que nous et nos élèves, nous nous déplaçons pour rien. Ce qui est arrivé plus d’une fois ! »
Pour sa part, Agnès Dubois, gérante d’une auto-école à Tournon (Ardèche), tire également la sonnette d’alarme. « Depuis octobre 2011, notre vie professionnelle a basculé dans un fonctionnement très difficile à gérer. Nous n’avons rien contre les inspecteurs, mais leur non-remplacement en cas de maladie paralyse notre activité. Nous ne sommes pas en mesure d’annoncer un délai de présentation aux candidats ayant échoué à l’examen. De plus, nous n’avons eu aucun examen moto en février-mars… » La gérante souligne également qu’« un confrère a déjà été obligé de licencier son moniteur, et une autre auto-école a carrément mis la clé sous la porte. On ne sait pas ce qui va nous tomber sur la tête… »
Agnès Dubois ajoute que les auto-écoles ardéchoises et dromoises ont écrit à un grand nombre d’élus locaux ou nationaux, dont Thierry Mariani ou encore Nicolas Sarkozy pour leur faire part de leur détresse. « Parallèlement, nous préparons actuellement la rédaction d’un collectif afin de lancer avec un avocat une procédure au tribunal administratif, dénonçant les manquements de l’État à ses devoirs. »

VERS DES JOURS MEILLEURS ?
Le jour de la manifestation, Agnès Dubois et Philippe Rey Lagarde, de l’auto-école Gaillard (Valence), ont été reçus à la préfecture par le directeur de la DDT et le délégué à l’éducation routière. « Ces derniers ont bien compris que la gravité de la situation nous pénalisait fortement », souligne Agnès Dubois. « Par la suite, la DDT nous a envoyé un courrier soulignant l’intervention de renforts de départements extérieurs, ainsi que le retour d’un inspecteur en avril. L’administration estime que la situation pourrait redevenir normale en juin si aucun autre arrêt maladie ne se profile à l’horizon. » C’est tout le mal que l’on peut souhaiter aux auto-écoles de Drôme et d’Ardèche…

C. S.



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