À l’appel de l’Unic, des auto-écoles ont manifesté contre le manque de personnel dans le service de répartition et contre la nouvelle méthode d’attribution des places d’examen.Le 24 mars dernier, environ 45 auto-écoles ont manifesté à la sous-préfecture de Lorient et devant le parc des expositions de Lanester. Les principaux motifs de leur mécontentement : le manque de personnel dans le service de répartition des examens du permis de conduire et la nouvelle méthode de répartition des places d’examen, qui doit être mise en place dans le Morbihan en décembre 2007. « Nous avons installé un barrage filtrant et distribué 5 000 tracts pour faire prendre conscience aux automobilistes de nos revendications », explique Jacques Renault, délégué départemental de l’Unic dans le Morbihan.
MANQUE DE PERSONNEL DANS LE SERVICE DE RÉPARTITION Ces derniers mois, le bureau de répartition, à la DDE du Morbihan, a connu bien des déboires : une personne partie à la retraite et une autre tombée gravement malade. « Les personnes du service s’en chargeaient, il y a peu, avec une grande efficacité. Mais le fait de se retrouver avec un bureau vide pénalise l’organisation du travail de notre profession », déplore Jacques Renault.
LA NOUVELLE RÉPARTITION MISE EN CAUSEMais la principale inquiétude des manifestants portait sur la nouvelle méthode d’attribution des places d’examen. « Cette méthode constitue un handicap sérieux à la bonne marche de nos entreprises et pénalise les candidats. Les auto-écoles se sentent obligées d’effectuer une sélection de « bons candidats » afin d’obtenir les meilleurs résultats possibles : cette discrimination n’est pas acceptable », dénonce Jacques Renault.
Autre problème que pose cette nouvelle méthode, la non-prise en compte des candidats ayant déménagé : « Les convocations sont adressées au premier établissement où le candidat s’est inscrit. L’administration ne donne pas la possibilité aux auto-écoles de présenter des personnes ayant changé d’adresse. Cette situation est encore plus absurde dans le cas de mutations de militaires affectés par l’État dans une autre ville et qui n’ont alors pas la possibilité de passer leur examen, car l’auto-école n’a pas de places à leur accorder !
DES RETARDS AUSSI SOULIGNÉS PAR D’AUTRES SYNDICATSLe CNPA du Morbihan indique ne pas avoir appelé à manifester. Cependant, Christian Nicolas, représentant du syndicat, note que « suite à de multiples événements, le service de répartition des examens ne fonctionne plus correctement, ou en tout cas trop lentement ». De son côté, l’Unidec n’a pas non plus été partie prenante de l’action de l’Unic. « Nos adhérents du Morbihan, au courant de la situation, sont entrés en contact avec la préfecture, mais sans manifester », comme l’indique Jean-Pierre Lemonnier, secrétaire général national du syndicat. L’Unidec dénonce néanmoins la nouvelle méthode, qu’elle juge « incohérente et inadaptée », notamment car elle « incite les auto-écoles à ne présenter que des candidats en première demande ». « Mais que fait-on de ceux qui échouent ?, s’inquiète le syndicat. Ils sont complètement mis à l’écart par ce système. »
UN RETARD EN VOIE D’ÊTRE COMBLÉLa DDE explique de son côté avoir multiplié les efforts pour résoudre les problèmes de sous-effectifs au bureau de la répartition : « Nous avons essayé plusieurs fois d’avoir des renforts pour combler les différents départs, explique Éric David, adjoint à la déléguée du permis de conduire à la DDE du Morbihan. Nous avons fini par obtenir l’aide à temps partiel d’une employée à temps partiel de la préfecture. Nous avons proposé qu’elle travaille à temps plein, ce qui est en voie d’être accepté. Enfin, une autre personne, de la DDE, l’assistera. Nous devrions ainsi être en mesure de rattraper le retard ».
Christophe Susung
RENCONTRE AVEC L’UMP
À l’occasion du déplacement de Nicolas Sarkozy dans le Morbihan le 3 avril dans le cadre de sa campagne présidentielle, une délégation de l’Unic a été reçue à Lorient par Boris Ravignon, attaché de campagne du candidat UMP. L’occasion d’évoquer les différents problèmes exposés ci-dessus et également de reparler du projet de réforme « auto-école autrement » de l’Unic (déjà présenté au ministère de l’Intérieur en juillet 2006). Selon Jacques Renault, « Monsieur Ravignon s’est montré très intéressé et très à l’écoute, mais pour l’instant, l’UMP ne peut pas prendre de décision avant l’issue des prochaines élections présidentielles ».