Présent lors d’un congrès d’un des principaux réseaux d’auto-écoles, le 29 octobre dernier, à Lyon, le nouveau délégué interministériel à la sécurité routière, Jean-Luc Névache, a balayé l’actualité du permis de conduire, sans esquiver les sujets sensibles.LES GRANDS CHANTIERS POUR L’ANNÉE 2012« Le projet Faeton devrait être déployé en 2012 si le calendrier est tenu », a affirmé Jean-Luc Névache. « Il va permettre de rénover profondément l’application informatique de gestion des permis de conduire ». Selon le nouveau délégué interministériel, le deuxième grand axe de travail concerne la transposition de la directive européenne.
« C’est un grand chantier mais tout doit être impérativement prêt pour janvier 2013 ». Enfin, l’harmonisation de la notation des inspecteurs est également « une priorité ».
Le manque de places d’examen
Jean-Luc Névache a minimisé, à tort ou à raison, l’ampleur du désastre au niveau des places d’examen, statistiques à l’appui. « On est dans une situation moins tendue qu’en 2010 »,
a-t-il introduit. « L’objectif reste les 60 jours entre le 1er et le 2ème examen pratique, sachant que la moyenne nationale se situe actuellement à 72 jours. Il y a 40 départements en dessous de 80 jours. » Le délégué interministériel a précisé que la situation était « particulièrement tendue » en Île-de-France, en Rhône-Alpes et en Paca. Enfin, il a rappelé que 120 000 places supplémentaires avaient été débloquées depuis 3 ans via notamment le recrutement de 55 inspecteurs supplémentaires. « La règle du « 1 sur 2 » ne s’applique pas pour les inspecteurs », a-t-il conclu.
LES TAUX DE RÉUSSITE À L’EXAMENJean-Luc Névache s’est réjouit du « succès » de la banque rénovée de questions à l’examen théorique. « Le taux de réussite a augmenté de 5 points depuis sa mise en application », a-t-il révélé. En revanche, l’administration est insatisfaite des résultats du bilan de compétences. « Il faut continuer à bien intégrer ce système d’évaluation. Il faut une harmonisation de l’examen au niveau des inspecteurs. La subjectivité individuelle joue à plein ». Jean-Luc Névache a par ailleurs révélé que l’administration avait mis les inspecteurs face à leurs responsabilités : « Nous avons fait un film d’une épreuve pratique avec une caméra à la place de l’inspecteur, pendant
35 minutes. Puis nous avons demandé aux délégués d’évaluer cet élève. Il y avait une disparité au niveau des résultats. On les a laissé discuter entre eux. Cela a duré deux heures. L’éventail s’est alors significativement resserré. Ils ont désormais pour instruction de réaliser le même exercice dans chaque région. »
LA GRÈVE DES INSPECTEURS DU PERMIS DE CONDUIREJean-Luc Névache joue sur du velours. Tout en reconnaissant que les demandes des inspecteurs pouvaient paraître légitime de leur point de vue, il a insisté sur les efforts de l’administration. « Je ne vais pas faire l’historique de la grève. Vu de leur (NDLR : les inspecteurs) fenêtre, c’est difficile. Pour nous aussi, c’est difficile… Mais le plus important, c’est que l’on soit sorti de cette crise. On a perdu entre 25 000 et 30 000 places d’examens. On aura le souci de rattraper cela dans les mois qui viennent », a-t-il promis.
LA FIN DE L’EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE POUR DEVENIR GÉRANTLe sujet est sensible, mais Jean-Luc Névache ne s’est pas défilé. « On sait que cela vous a agacé, mais en raison de la directive européenne, on ne peut pas revenir en arrière ». Mais l’administration a des idées pour limiter l’effet néfaste de cette mesure. « On veut proposer une partie enseignement de la conduite, dans le diplôme de capacité de gestion, pour contrebalancer. » L’administration se dit en tout cas « ouverte »
à discuter sur ce thème avec la profession.
LA RÉNOVATION DES VOIES D’ACCÈS AU MÉTIER D’ENSEIGNANTLe délégué interministériel a vanté les mérites du contrat de qualification. « Je pense que c’est le bon outil, avec une partie pratique d’enseignement », a-t-il expliqué. Mais il reste une question essentielle à régler.
« Le stagiaire en contrat de qualification pourra-t-il conduire seul avec l’élève ? À l’inverse, il va être difficile pour les auto-écoles de placer deux enseignants dans le même véhicule… Il faut trouver où placer le curseur », s’est interrogé le fonctionnaire.
H. R.