Si les examens du permis de conduire annulés en raison de la grève ont été en partie rattrapés, comme l’avait annoncé l’administration, les auto-écoles regrettent de n’avoir été prévenues qu’au dernier moment du mouvement social.La profession redoutait l’impact du mouvement social des inspecteurs du permis de conduire. La grève a finalement eu un impact limité au niveau des places d’examen. L’administration poursuit son effort pour combler les places perdues, comme l’avait annoncé Jean-Luc Névache, le nouveau délégué interministériel.
Maryline Dumail, de l’auto-école Bourbennec, à Agen (47), explique que son auto-école a eu à déplorer 9 annulations pour le permis B, à cause de la grève. « Heureusement, le délégué du département s’est débrouillé pour que ces examens soient rapidement compensés », révèle-t-elle. Dans le Lot-et-Garonne, il y a 5 inspecteurs du permis de conduire, qui ont tous suivis l’appel à la grève. Selon les sources, les délais y oscillent entre 6 et 8 semaines pour disposer d’une seconde chance à l’examen pratique. Il n’était donc pas gagné, au départ, que les places perdues soient récupérées aussi rapidement. « C’est un moindre mal, sachant quand même que nous sommes mieux lotis à Agen que sur des villes comme Toulouse ou Bordeaux. »
LES AUTO-ÉCOLES AURAIENT APPRÉCIÉ D’ÊTRE PRÉVENUES DE LA GRÈVESylvie Mougin, de l’auto-école éponyme, à Cluny (71), confirme que l’administration a fait un effort pour rattraper le retard pris lors de cette semaine de grève. « Un mois après, on a pu récupérer nos places d’examen ». En revanche, sur les conditions dans lesquelles les auto-écoles ont appris la grève, les professionnels se montrent plus véhéments. « Ce qui est plus gênant, c’est que les inspecteurs en grève n’ont même pas pris la peine de nous prévenir la veille », déplore Maryline Dumail.
Si la gérante de l’auto-école Bourbennec soulève que cela a désorganisé « tout le planning » des écoles de conduite, c’est surtout pour les candidats qu’elle estime que ce manque de précautions était inapproprié. « Résultat, des jeunes se sont retrouvés à attendre pour rien sur le centre d’examen ! C’était vraiment une situation compliquée. Ceux qui travaillaient avaient posé un congé, les étudiants s’étaient arrangés avec leur emploi du temps… »
DES AUTO-ÉCOLES « MOQUENT » LES INSPECTEURSSylvie Mougin, elle, a bien été prévenue la veille. Mais elle dénonce une autre conséquence de la grève. « J’ai des élèves qui s’étaient bien entraînés en prenant des leçons juste avant l’examen. Ils se retrouvent avec une épreuve un mois plus tard, mais ils refusent de payer de nouveau. J’en conclus que cette grève a d’une manière ou d’une autre hypothéqué les chances de réussite des candidats à l’examen du permis B ! »
Enfin, certains professionnels n’ont pu s’empêcher de glisser
« un petit tacle » aux inspecteurs. Des enseignants, à l’image de Pierre Talon, le président de la FNEC, ont ainsi regretté l’image véhiculée par les inspecteurs, qui s’étaient « couchés » en plein boulevard Saint-Germain, dans le 6ème arrondissement parisien, avant de se faire évacuer par les CRS.
H. R.