← Retour à la liste
gavel Réglementation — Mars 2007

-Enseignement de la pratique-
Les simulateurs reviennent à toute vitesse !


Devenu un peu marginal ces dernières années, le simulateur de conduite compte bien retrouver ses lettres de noblesse dans l’apprentissage pratique de la conduite. En effet, de nouvelles machines font leur apparition sur le marché de la pédagogie. Quel enseignement proposent-elles ? Sont-elles homologuées ? Le point sur la question.

Mise à part, le simulateur proposé par la société Faros, aujourd’hui devenue Eca-Faros, les auto-écoles qui souhaitaient investir ces dernières années dans un simulateur de conduite pour enseigner la conduite, n’avaient pas le choix. Les temps changent. Si Eca-Faros a entièrement revu la conception de son simulateur en lançant l’an dernier le EF-X –nouveau logiciel et donc nouveau programme d’apprentissage–, elle doit aujourd’hui faire face à la concurrence avec la sortie du simulateur mis au point par la société de Stéphane Develter, Develter Innovation qui est commercialisé par les Codes Rousseau et le Barracuda développé par la société Apport Média et commercialisé par Ediser.

DES SIMULATEURS DEUX-ROUES ET PLS
Pour ce qui est de l’apprentissage de la moto, Honda fait office de précurseur avec son Honda Riding Trainer qui, pour le moment, est le seul simulateur de pilotage d’un deux-roues proposé à la vente aux établissements de conduite. Mais d’ici la fin de l’année, le Honda Riding Trainer devra partager le marché avec le simulateur moto de Eca-Faros, qui permettra notamment de reproduire des mouvements de plate-forme pour coller au plus près des sensations de pilotage d’une moto. Enfin, la société Eca-Faros toujours, est actuellement la seule à proposer un simulateur de conduite d’un camion. Mais compte tenu de son coût élevé –compter près de 100 000 euros pour le EF-Truck–, ce simulateur PL est plus destiné aux très gros centres de formations post-permis ou aux assureurs qu’aux auto-écoles classiques (voir La Tribune des Auto-Écoles n°120 p. 16).

QUEL APPRENTISSAGE DISPENSE UN SIMULATEUR ?
Tous les simulateurs actuellement en vente sur le marché ne proposent pas la même chose (voir le descriptif des machines). Certains permettent à l’élève de travailler l’étape 1 du PNF et notamment d’apprendre les règles de base de la prise en main d’un véhicule, d’autres sont plus accès sur la conduite en situations à risque et l’analyse du risque. Mieux vaut donc bien se renseigner avant d’acheter tel ou tel simulateur sur le contenu du logiciel pour être sûr qu’il est adapté à l’utilisation que vous souhaitez en faire.

AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DU SIMULATEUR
Acheter un simulateur de conduite représente un investissement lourd pour un établissement de formation à la conduite. Alors, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Les inconditionnels vous diront que oui ! D’une part, il semble que les élèves ayant fait leurs premières armes sur simulateurs apprennent plus vite que ceux directement livrés au véhicule. D’autre part, une fois rentabilisé, le simulateur permet de réaliser des économies. Car, contrairement à un moniteur, la machine n’est pas rémunérée (voir La Tribune des Auto-Écoles n°98 p. 23) !

QUID DE L’HOMOLOGATION ?
En effet, une circulaire datée du 24 avril 1995 non parue au Journal Officiel, prévoit que 4 heures peuvent être dispensées hors circulation lorsque la formation s’effectue à l’aide d’un simulateur homologué dans le cas d’un pronostic de 20 heures établies par l’évaluation de départ. Encore faut-il que le simulateur soit homologué…
« Il s’en suit deux décisions d’homologation, affirme Christian Machu, chef du bureau « Éducation à la conduite et à la sécurité routière » à la DSCR, l’une datée du 24 avril 1995 concernant un simulateur Faros et l’autre datée du 18 novembre 1997 concernant les simulateurs OPALE 2 33 et 2 34 ». Avant de préciser que « l’homologation est accordée aux vues des conclusions d’un rapport d’expertise réalisé par l’ENSERR » (aujourd’hui devenu l’INSERR).
Le chef du bureau « Éducation à la conduite et à la sécurité routière » précise encore qu’une « circulaire du 18 novembre 1997, toujours non parue au J.O., spécifie que le simulateur doit être homologué par le ministère des Transports et donne en annexe la liste des simulateurs homologués et le nombre d’heures pouvant être réalisé par chacun de ces simulateurs ».
Qu’en est-il de l’homologation pour les machines aujourd’hui proposées sur le marché ? C’est le flou artistique ! Toujours selon Christian Machu, « il semblerait que la DSCR n’ait plus été saisie d’une demande d’homologation [depuis celles énoncées plus haut] jusqu’à ce jour, à la demande de la société Ediser [qui souhaite faire homologuer le Barracuda]. Qui va ou non homologuer le simulateur commercialisé par Ediser ? Mystère. Sur quels critères ? Mystère. Doit-on considérer, qu’à l’heure actuelle, aucun simulateur n’est homologué et que, par conséquent, les auto-écoles ne peuvent facturer 4 heures de formation sur simulateur dans le cadre d’un forfait de 20 heures ? La question reste ouverte. Une chose est sûre : il y a urgence À apporter une réponse aussi bien pour les établissements de conduite qui veulent travailler dans la légalité que pour les fabricants de simulateurs s’ils veulent vendre des machines. Conscient du problème, Christian Machu rappelle que « la DSCR a fait savoir au CSECAOP, lors de la réunion du 6 novembre 2006, son souhait de clarifier réglementairement en la matière ».

S. A.



Dans le même thème

Le permis de conduire international entre dans le Code de la route
Le décret n°2024-976 du 5 novembre 2024 paru au Journal Officiel du 7 novembre 2024 crée un nouvel article pour introduire le permis de conduire international dans le Code de la route.
ANTS : Modification sur l’AIPC
Le site de l’ANTS permet désormais de signaler une erreur relative à l’état civil sur le permis de conduire ou sur l’attestation d'inscription.
INSERR : Florence Guillaume rencontre les futurs IPCSR
La déléguée interministérielle à la Sécurité routière a rencontré le 11 juillet dernier la promotion d'IPCSR qui entame en septembre, sa formation sur le terrain.