Selon les conclusions du rapport « Téléphone et sécurité routière », commandé par la DSCR et l’Inserm, l’usage croissant des « distracteurs » tels que le portable, le kit mains-libres ou les systèmes tactiles embarqués, perturbent l’attention du conducteur, « menaçant gravement sa sécurité et celle des autres usagers de la route ». Dans cette étude, il est souligné que le téléphone portable au volant présente « quasiment » les mêmes risques que le kit mains-libres. « Les conducteurs sous-estiment très largement le risque qu’ils prennent en téléphonant au volant. Parce que le kit mains-libres n’est pas interdit, beaucoup s’imaginent que le danger réside dans la manipulation physique du téléphone […] alors que la menace vient de la captation de son attention ».
UN RISQUE D’ACCIDENT TROIS FOIS PLUS IMPORTANT
Le sur-risque d’accident découlant d’une conversation téléphonique au volant par rapport à un conducteur ne téléphonant pas est d’environ 3. En France, près d’1 accident sur 10 serait lié à l’utilisation d’un téléphone au volant. « Le conducteur qui téléphone est tout juste capable d’assurer en parallèle les tâches de conduite routinière, comme s’il se mettait en pilotage automatique », note le rapport du groupe d’experts. L’arrivée des téléphones à usage tactiles laisse craindre « des risques croissants » en matière d’accidentalité routière, poursuit-il.
PLUS DE 50% DES CONDUCTEURS TÉLÉPHONENT AU VOLANT
L’enquête précise que près de la moitié des conducteurs utilisent un téléphone en conduisant (portable ou kit mains-libres). Les jeunes, les hommes et les usagers de la route à titre professionnel sont ceux qui téléphonent le plus au volant. Parmi les professionnels de la route, les conducteurs de poids-lourds sont les plus concernés, puis les conducteurs des véhicules utilitaires légers et enfin ceux de véhicules légers. La pratique du téléphone au volant est donc extrêmement répandue : « en moyenne, la proportion des conducteurs dans la circulation qui, à un instant T utilisent un téléphone portable, est de l’ordre de 6% », explique le rapport. L’utilisation du téléphone au volant serait par ailleurs plus fréquente sur les autoroutes de liaison qu’en agglomération.
LE KIT MAINS-LIBRES NE DEVRAIT PAS ÊTRE INTERDIT
Le rapport indique par ailleurs que les rares tentatives d’analyse coûts/bénéfices d’une éventuelle interdiction du téléphone au volant sont nord-américaines. « Peu probantes, elles ne sont pas en mesure de démontrer l’intérêt socio-économique d’une interdiction », poursuit le rapport. Les pays européens ont à ce jour pratiquement tous adopté la même position réglementaire à l’égard de l’utilisation du téléphone au volant, à savoir l’interdiction du téléphone tenu en main, tout en tolérant le kit mains-libres.
Deux pays ont fait des choix différents. L’Espagne sanctionne aussi l’usage de l’oreillette. La Suède, elle, n’a pas légiféré sur l’usage du téléphone, considérant le conducteur capable d’appliquer les règles générales de prudence et d’attention. « D’autres solutions que sanctions et répressions sont en effet à évaluer », conclut le rapport.
H. R.
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