← Retour à la liste
school Pédagogie — Mars 2007

-Enquête-
Comment expliquer le boom des produits pédagogiques ?


Depuis trois/quatre ans, les auto-écoles ont le choix entre un nombre de plus en plus important de supports pédagogiques à utiliser en cours collectifs ou destinés à la revente aux élèves. Comment expliquer ce boom ? Une trop grande offre ne risque-t-elle pas de tuer le marché ? Enquête.

Avec environ 1 million de personnes qui passent le permis de conduire tous les ans, le marché de la formation au permis reste stable. Alors, comment expliquer que l’on assiste, depuis quelques années, à une véritable explosion des produits pédagogiques ?

DE NOUVEAUX ÉDITEURS INVESTISSENT LE MARCHÉ
Première explication : les éditeurs spécialisés sont de plus en plus nombreux à se lancer sur ce marché. En effet, si les Codes Rousseau ont longtemps été seuls sur le créneau de la formation au permis de conduire, ils ont assisté, il y a dix ans, à l’arrivé de ENPC, puis d’Ediser, de Planète Permis et enfin d’Activ Permis. Sans parler des sociétés d’édition grand public qui proposent des produits plus ou moins bien faits. Bref, plus d’acteurs, cela se traduit forcément par une offre plus importante.

ÉVOLUTION DE LA TECHNOLOGIE
Deuxième piste d’explications : l’évolution de la technologie. Dans notre société moderne où les technologies évoluent, les établissements de conduite se mettent forcément à la page. « Avec l’avènement de l’ordinateur, les auto-écoles sont très en demande de produits numériques, affirme Hélène Favre, directrice du développement, du marketing et de la communication aux Codes Rousseau. Quelques auto-écoles utilisent toujours les diapos ou des cassettes vidéo et nous en commandent, mais c’est très rare ».
Pour les tests de préparation à l’épreuve théorique générale (ETG), les établissements de conduite sont donc passés des diapos aux CR-Rom et enfin aux DVD. De quoi renouveler l’offre et faire marcher le commerce !
Quant aux accros d’Internet, ils peuvent désormais revendre des codes d’accès à leurs élèves pour que ces derniers se connectent et travaillent de chez eux. Avantage du système : l’auto-école n’a pas à prévoir une grande salle de code pour accueillir ses élèves. Et en plus, elle fait un petit bénéfice sur le produit de la revente à l’élève !

ÉVOLUTION DE LA RÉGLEMENTATION
Troisième piste : l’évolution de la réglementation. En inscrivant la lutte contre l’insécurité routière priorité nationale, le président de la République, Jacques Chirac, a certainement amené la Direction de la sécurité et de la circulation routière (DSCR) à prendre des mesures pour durcir l’examen du permis de conduire. Ainsi, l’épreuve pratique est passée à 35 minutes et comporte désormais une partie examen oral plus développée. Cette mesure a été l’occasion pour des éditeurs de lancer des produits visant à préparer l’élève à cette interrogation orale. Pour le Code, de nouveaux thèmes ont été introduits, tels que la conduite dans les tunnels, l’éco-conduite, le partage de la route entre les différents usagers, le permis probatoire, etc. Aussitôt, les éditeurs se sont mis à l’ouvrage pour réactualiser leur test de préparation à l’ETG en incluant ces nouveaux thèmes. La mise en place des examens Fcos et Fimo pour le groupe lourd a également donné matière à créer de nouveaux supports pédagogiques adaptés.

UNE OFFRE DE PLUS EN PLUS VARIÉE ?
Est-ce à dire que l’offre est plus variée ? Pas forcément. Certes, de nouveaux produits ont vu le jour pour répondre à une évolution de la législation comme nous venons de le voir. Certes, de nouveaux supports ont été conçus pour animer les rendez-vous pédagogiques ou les stages post-permis, analysant la vitesse ou les comportements des automobilistes, par exemple. Mais force est de constater que chaque éditeur a tendance à proposer les mêmes types de produits que ses concurrents, à savoir les livres de Code, les DVD tests pour animés les cours collectifs en auto-école ou encore les DVD tests ou cahiers d’exercices destinés, cette fois, aux élèves qui souhaitent travailler chez eux. Seule la société Planète Permis revendique clairement se positionner sur le créneau de la nouveauté astucieuse. « Ce qui m’intéresse, c’est l’élève, explique Christophe Schneider, P-dg de Planète Permis. Je me souviens avoir été élève, il n’y a pas si longtemps, et j’essaie d’inventer des produits qui correspondent vraiment à leur attente. Pour cela, je discute beaucoup avec eux, je les regarde travailler et je teste les produits pendant près d’un an avant de les lancer. Je sais très bien que personne ne lit le livre de Code de A à Z, c’est trop rébarbatif. C’est pourquoi j’ai inventé le Memo Code qui rappelle les fiches que font les élèves pour apprendre leurs cours. L’innovation, elle est là ! »

TROP D’OFFRE TUE-T-ELLE LE MARCHÉ ?
Si le nombre de personnes passant le permis reste stable et que le nombre de produits augmentent chaque année, ne va-t-on pas assister à un effondrement du marché ? Lorsqu’on les interroge, les éditeurs se disent tous optimistes. Tous affirment même se développer en avançant le mot qui semble être la clé de la réussite : qualité. « La différence se fait désormais d’abord au niveau qualitatif, souligne Denis Dugué, directeur général d’Activ Permis. Les élèves sont de plus en plus en demande de produits interactifs et à l’ergonomie bien pensée. Il serait impensable aujourd’hui de fabriquer des produits austères ». Alors, si la concurrence se traduit effectivement par une course à la qualité, les auto-écoles et les élèves ont tout à y gagner.

S. A.



Dans le même thème

SAM : un assistant pour l’apprentissage de la conduite des personnes malentendantes
Pimas a développé un système qui transcrit sur un écran, les consignes des enseignants de la conduite en icônes compréhensibles par les apprentis conducteurs malentendants.
Tenstar : un simulateur de conduite high-tech
Spécialisée dans la conception, le développement et la commercialisation d’outils de formation basés sur la simulation, la société suédoise, Tenstar Simulation, compte bien s’imposer en France avec son simulateur à la technologie et au réalisme très avancés.
Olivier Fretay, D-g de Codes Rousseau : « Former des conducteurs responsables n’est pas un produit,
Codes Rousseau vient de racheter Orata et de signer un partenariat avec Otopilot. Son directeur général, Olivier Fretay, nous présente les axes de développement de la société d’édition pédagogique sablaise.