Comme l’explique Michel Shipman, vice-président du CNPA et intervenant à l’Anper dans le cadre des formations dispensées aux enseignants, « le métier d’enseignant de la conduite ne doit pas se cantonner à une préparation au permis B mais doit permettre d’être compétent dans tous les domaines liés à la sécurité routière ». En un mot, le métier d’enseignant de la conduite est voué à s’élargir !
UNE RUDE CONCURRENCEMais pour le gérant qui souhaite proposer des formations professionnelles, la concurrence est rude… En plus des réseaux (CER ou Anper), des entreprises indépendantes (Davantages), voire quelques autres structures (Gil Formation, Fauchon Formation), nombreux sont les acteurs qui occupent déjà le secteur. Il vous faut donc effectuer une étude de marché. Le critère le plus important à prendre en compte est sans conteste la position géographique. Les réseaux ne sont pas forcément présents dans toutes les régions. Certains gérants ou enseignants verraient d’un bon œil la possibilité d’effectuer la formation continue ou des stages professionnels sans avoir à parcourir la moitié de la France.
BIEN CHOISIR SA FORMATIONIl faut ensuite cibler les formations à fort potentiel. Ainsi, la formation à l’éco-conduite a fait ses preuves. De nombreuses entreprises sont intéressées par cette formation qui leur promet un gain financier à court terme. Les stages pour les seniors vont aussi avoir le vent en poupe puisque les plus de soixante ans sont la deuxième population la plus accidentogène, selon de récentes statistiques. D’autres formations, comme le secrétariat ou le perfectionnement en informatique sont en train de séduire les auto-écoles. Ces formations ne sont pas encore proposées par les réseaux donc il y a une vraie place à prendre. Enfin, il faut rester vigilant quant à l’évolution de la réglementation, surtout avec l’arrivée des nouveaux permis pour 2013. Par exemple, le permis bateau peut être une piste. Tous les moniteurs en exercice ont jusqu’au 4 août 2012 pour effectuer le stage obligatoire de formation à l’évaluation. De même, la formation continue pour les enseignants de la conduite revient régulièrement sur le devant de la scène. Selon les acteurs du secteur que nous avons interrogés, il est probable que celle-ci soit décrétée obligatoire à court ou moyen terme. Un nouveau marché s’ouvrirait alors pour ceux qui se sont lancés dans la formation des professionnels.
LES CLÉS DE LA RÉUSSITEJean-Marie Fauchon, gérant de Fauchon Formation, un établissement fort d’une expérience de 40 ans dans la profession, donne les clés de sa réussite. « Nous avons un site identifiable, nos formations sont effectuées par des chefs d’entreprise qui connaissent parfaitement leur sujet et nous n’annulons jamais de stages », explique-t-il. « Il faut aussi que les confrères sentent qu’il existe un vrai professionnalisme au sein de l’établissement. » Fauchon Formation, à Talence (33), est donc la preuve qu’une structure réduite peut assurer un large panel de formation (de la capacité de gestion à la formation à l’évaluation bateau) sans disposer des même moyens que les poids lourds du secteur. Jean-Marie Fauchon ajoute même que « s’il y a une tendance régionale » dans la fréquentation de l’établissement, des professionnels viennent à Fauchon Formation jusque dans « un rayon de 10 000 km ». Preuve que si le travail est bien fait, le bouche à oreille peut faire le reste !
H . R.
QUELS DIPLÔMES POUR FORMER DES ENSEIGNANTS DE LA CONDUITE ?Un professionnel seulement détenteur du Bepecaser ne peut diriger des formations pour les enseignants de la conduite. Il faut obligatoirement obtenir le diplôme du brevet d’aptitude à la formation des moniteurs (BAFM). Pour postuler à cet examen, il faut être titulaire du Bepecaser ou d’un diplôme équivalent depuis plus d’un an à la date des épreuves d’admissibilité. À noter que les moniteurs disposant d’une licence ou d’une maîtrise ou justifiant de cinq années d’enseignement dans un établissement secondaire sont dispensés des épreuves d’admissibilité.