La conduite de nuit est obligatoire en Allemagne mais encore peu usitée en France. Zoom sur cette pratique avec un gérant d’auto-école adepte des leçons entre 23 h et 3h du matin !Attention, les apprentis conducteurs ne sont pas forcément enclins à prendre des cours à partir de 23 heures ! Pourtant, passé le stade de l’étonnement, les élèves semblent séduits par la conduite de nuit.
UNE ÉVALUATION DE DÉPART INCONTESTABLE « Il faut leur trouver des arguments, en rapport avec la sécurité routière », explique Régis Flumian, gérant d’auto-école à Casteviel et pionnier de la conduite de nuit en France. « Ils se confrontent à une situation qu’ils vont connaître plus tard en tant que conducteur. Ne pas oublier de bien leur faire comprendre que conduire à 1 heure du matin, ce n’est pas la même chose que conduire à 19 heures l’hiver. La nuit, la visibilité est moindre, le trafic est différent. Il y a la gestion de l’éclairage. La fatigue est également plus présente. »
FAUT-IL DEMANDER UNE AUTORISATION SPÉCIFIQUE EN PRÉFECTURE ?
Non, il n’y a pas d’autorisation à demander en préfecture. La profession d’enseignant de la conduite est libérale et le gérant est donc libre de fixer les horaires de son choix. « Je rajouterais que la conduite de nuit devrait même être selon moi obligatoire », précise Régis Flumian. « Le chapitre 4 du PNF (Programme national de formation à la conduite) précise qu’il faut maîtriser les mouvements de la conduite de nuit », ajoute-t-il. Signalons qu’en Allemagne, les élèves sont tenus de suivre un minimum de cours pendant la nuit avant de passer leur examen du permis de conduire.
COMMENT S’ORGANISER POUR LES COURS ? La conduite de nuit implique des conditions de travail forcément plus difficiles. Les allers-retours à l’auto-école entre 23 heures et 1 heure du matin sont plutôt à proscrire. Pour une réelle immersion, mieux vaut privilégier des cours avec 2 à 3 élèves qui conduisent une heure chacun. Ainsi, les apprentis conducteurs pourront dans le même temps observer le comportement de leurs camarades. « Lorsque je travaillais à Strasbourg, on partait la nuit en leçons avec 3 moniteurs. Mais je prévoyais toujours une quatrième voiture en réserve, au cas où il y aurait le moindre incident »,conseille Régis Flumian.
UNE RÉMUNÉRATION SPÉCIFIQUE DES MONITEURS EST-ELLE À PRÉVOIR ?Libre à vous de décider de rémunérer avantageusement les moniteurs qui se rendraient disponibles pour la conduite de nuit. « Actuellement, je suis seul dans mon auto-école, donc pas de soucis à ce niveau là », plaisante Régis Flumian. « Mais lorsque j’étais à Strasbourg, j’étudiais la question avec mes moniteurs au cas par cas ». Si la conduite de nuit rencontre du succès au sein de votre auto-école, vous pouvez aussi décider d’adapter votre management. Une possibilité serait de fixer un système de primes avec vos moniteurs si jamais ces derniers se montraient réticents à tenter l’expérience. Enfin, il y a toujours la possibilité d’augmenter les salaires de vos moniteurs si la conduite de nuit se traduit par une hausse des inscriptions et du chiffre d’affaires !
FAUT-IL AUGMENTER SES TARIFS POUR LA CONDUITE LA NUIT ?Il y a peu de chances que les apprentis conducteurs, même s’ils sont séduits par la perspective de conduire la nuit, acceptent de mettre encore plus la main au porte-monnaie pour des cours nocturnes. Gardez à l’esprit que proposer de la conduite de nuit reste avant tout un argument pédagogique qui ne pourra que valoriser l’image de votre auto-école auprès de la clientèle. « La principale cause de décès chez les jeunes conducteurs est due à des accidents survenant majoritairement la nuit », explique Régis Flumian. Le grand public en est conscient et mettre en place des cours nocturnes générera un bouche à oreille positif pour votre établissement. Autrement dit, les gains seront forcément bénéfiques à moyen terme étant donné que peu d’auto-écoles proposent déjà ce type de prestations.
Hugo Roger