Les projets de centralisation des examens du permis de conduire se multiplient en région. Les auto-écoles craignent un lourd préjudice financier tandis que les élus dénoncent une atteinte aux services publics de proximité.Depuis le début de l’année 2011, de nombreux petits centres d’examens, le plus souvent situés en zone rurale, sont menacés de fermeture. Plusieurs régions sont concernées par cet état de fait. Ainsi le centre d’examens de la Guerche sur l’Aubois et Saint-Satur (Cher), les centres de Valençay, Buzançay, Issoudun, Argenton, Le Blanc et La Châtre (Indre) sont toujours en suspens et leur avenir au-delà de 2012 paraît très fragilisé. Trois autres centres d’examens secondaires situés dans les Pyrénées-Atlantiques sont également dans la ligne de mire (Oloron-Sainte-Marie, Orthez et Saint-Palais, voir en p.24). Le centre d’examen de Saint-Menet, à Marseille, (Bouches-du-Rhône) a lui clos ses portes. Enfin, récemment, la préfecture du Nord-Pas-de-Calais qui avait annoncé la fermeture du centre d’examen de Hazebrouck (voir en p.24) pour la fin de l’année, a finalement changé d’avis.
DES ARGUMENTS TECHNIQUES ET ÉCONOMIQUESLes arguments avancés par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) restent les mêmes dans les différents cas. Ces décisions correspondent essentiellement à des impératifs techniques. La sécurisation du matériel nécessaire et la transmission des résultats de l’épreuve sont mis en avant. Dans certains cas, les DDTM affirment également que le ministère n’est plus en mesure de fournir les matériaux de remplacement lorsqu’une panne est constatée dans un centre secondaire. Enfin, côté financier, l’administration souhaite limiter au maximum les déplacements des inspecteurs. Selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques, il n’est par exemple pas acceptable que des inspecteurs fassent 40 km pour assurer des examens (soit la distance entre Pau et Oloron-Sainte-Marie).
LES AUTO-ÉCOLES « RURALES », PREMIÈRES PÉNALISÉESLes auto-écoles contestent ces arguments. Pour certaines structures, le regroupement des centres d’examens annonce presque une mort certaine. Ainsi, les élèves privilégieraient les inscriptions dans les grandes villes et délaisseraient les zones rurales. Moins d’inscriptions, donc, et une possibilité de revente du commerce qui s’en trouverait diminuée. De plus, les déplacements vers les centres d’examens s’en trouveraient plus long, affectant ainsi le budget gasoil. Autrement dit, les économies de frais de déplacements des inspecteurs induiraient un préjudice financier non seulement pour les auto-écoles mais aussi pour les élèves. Sans compter l’effet néfaste pour l’environnement, à l’heure où le discours sur les économies de carburant est plus que jamais d’actualité.
LES ÉLUS SOUTIENNENT LA PROFESSIONEnfin, pour les habitants des villes touchées, ces regroupements s’apparentent à une atteinte supplémentaire aux services publics de proximité. Soutenus dans 90% des cas par les élus, les auto-écoles ont au mieux réussi à obtenir un sursis pour leurs centres d’examen. Certaines communes, comme à Oloron Sainte-Marie, s’engagent ainsi à fournir une salle correspondant aux exigences de l’examen du permis de conduire. D’autres, comme Valençay, assurent ne pas comprendre une telle décision sachant qu’elles assurent avoir déjà investi dans de nouveaux équipements. Des réunions sont d’ores et déjà prévues d’ici la fin de l’année. Mais, objectivement, rien ne permet d’être optimiste, au vu de la politique de réduction des coûts global de l’administration prévu par le gouvernement.
Hugo Roger
UNE COOPÉRATION ENTRE DÉPARTEMENTS EST-ELLE ENVISAGEABLE ?
Suite à la levée de boucliers des professionnels de l’enseignement de la conduite, l’administration étudierait la possibilité de faciliter la coopération entre départements. Concrètement, cela permettrait à des élèves de communes excentrées d’effectuer le déplacement le plus court possible pour passer leur examen. Une telle mesure pourrait être appliquée entre l’Indre et le Cher, dont de nombreux centres d’examens sont en sursis.