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flag Mouvements sociaux — Septembre 2011

-Grève-
Les inspecteurs, toujours en colère


Le 21 juin dernier, environ la moitié des 1 250 inspecteurs et 150 délégués ont fait grève, suite au préavis émis par le syndicat majoritaire Snica-FO. Quelques revendications concernent directement les auto-écoles.

Le corps des IPCSR poursuit le bras de fer entamé depuis plusieurs mois maintenant avec l’administration. Le 21 juin 2011, ils ont donc fait grève dans plusieurs régions. Le Snica-FO a estimé à 57% le pourcentage de gréviste, soit un taux jugé « satisfaisant ». Selon la DSCR, que La Tribune des Auto-Écoles a contacté, ce chiffre serait plutôt de l’ordre de 40%. Attention, ces chiffres restent à prendre avec des précautions et ne traduisent pas la réalité dans l’ensemble des départements. Si certains ont été épargnés, d’autres comme le Finistère et le Vaucluse ont enregistré un taux de 100% de grévistes ! Des réunions avec l’administration étaient prévues avant la rentrée et Christian Grolier, le secrétaire général du Snica-Fo, a assuré que d’autres mouvements seraient prévus si les inspecteurs n’obtenaient pas satisfaction. 

DES CONDITIONS DE TRAVAIL « DÉPLORABLES » ?
En premier lieu, les inspecteurs du permis de conduire dénoncent un travail à la chaîne « avec 12 candidats par jour en examen voiture qui se succèdent toutes les 35 minutes pour 25 minutes de conduite effective ». Au rayon des doléances, les IPCSR regrettent également de ne disposer « que de 10 minutes pour accueillir un candidat, lui expliquer l’examen, lui faire réaliser 2 vérifications techniques à l’intérieur et l’extérieur du véhicule et les 2 manœuvres ». Au premier rang des revendications, les inspecteurs réclament donc, à travers un communiqué du secrétaire général du Snica FO, l’octroi d’un crédit temps de 70 heures par an, l’organisation des séances ETG à 30 candidats maximum ainsi qu’une nouvelle convention de gestion pour l’amélioration des carrières. Plus étonnant, dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, et au ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, le Snica FO souhaite « à court terme » l’allongement de la durée de l’examen pratique à 45 minutes, « à l’instar de nombreux autres pays européens, souvent cités en exemple ». Sur ce dernier point, Christian Grolier précise : « Les 25 minutes de conduite effective sont suffisantes. Mais pour tout le reste, comme l’accueil des candidats, l’administratif ou les vérifications, on a besoin de temps supplémentaire. À l’heure actuelle, les candidats sont davantage stressés faute de temps ».

QUELLES CONSÉQUENCES POUR LES AUTO-ÉCOLES ?
Du côté des professionnels de la conduite, la nouvelle a été plutôt mal accueillie. Ces absences interviennent dans un contexte de plus en plus délicat au niveau des places d’examen. Dans le Finistère, plus de 100 examens du permis de conduire et près de 150 examens du Code de la route ont ainsi été annulés. Pour autant, les auto-écoles ne se désintéressent pas du sort des IPCSR ! Caroline Ouvry, de l’auto-école Promo Conduite à Plérin (22), affirme même qu’elle aurait pu manifester à côté des inspecteurs « mais pour de bonnes raisons ». Selon Caroline Ouvry, « il serait plus judicieux de lutter pour une dématérialisation des dossiers, à l’exemple du permis bateau, plutôt que de réclamer des mesures qui vont aller dans le sens d’une diminution des places d’examens ». Et la co-gérante de l’auto-école Promo Conduite de rappeler qu’au mois de juillet, pour 12 places proposées dans les Côtes d’Armor, il y a eu 130 demandes !

H. R.



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